Premiers contact de Denis Villeneuve: la SF sans boum boum

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Louise est professeur de linguistique a l’université lorsqu’on apprend que 12 navettes se sont posées sur Terre, à différents endroits de la planète. Le gouvernement essaye alors de communiquer avec ces aliens, et pour cela, réunit une équipe composé de physiciens et de linguistes, dont Louise.

Encore un film de Denis Villeneuve sorti cette année, un peu avant Blade Runner 2049, mais mon opinion sur premier contact est beaucoup moins mitigé !! Premier contact est un film de SF certes, mais pour autant, on est loin du film plein d’action, de canon et de course-poursuites. Ici, le film se pose, sans être vraiment contemplatif il est extrêmement calme, l’objectif étant la communication.

En conséquence, le film a un jolie message, sur la communication et le langage, ses différentes fonctions, le fait qu’une langue est le reflet d’une civilisation, et qu’apprendre une langue c’est aussi s’ouvrir à une nouvelle civilisation.

J’ai trouvé qu’on trouvait moins la patte de Denis Villeneuve dans ce film: moins de paysage filmé en grand angle et totalement époustouflant dans ce film (quelques visions des soucoupes s’en raprochent un peu, mais le côté vertigineux est bien moins présent que dans Blade runner 2049 ou Prisonners).

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Si le film est très interessant et m’a beaucoup plu, j’ai trouvé les personnages assez peu marquants, c’est surtout le concept présenté qui intéresse ici !

 

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Les hunger games: instrumentalisation totale des médias

Hunger Games fait partie des films de mon adolescence, films que j’ai revu récemment, tous d’affilés. Certes, il s’agit de films ciblés pour un public adolescents, qui en respecte les codes, mais les films Hungers games ont plus que cela à raconter.

Il faut déjà les présenter, les Hunger Games sont une série de 4 films dont Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth et Woody Harrelson sont quelques un des personnages principaux. Le premier film est sorti en 2012 et a été réalisépar Gaty Ross, tandis que les films suivants, sortis en 2013, 2014 et 2015  ont été réalisé par Francis Lawrence. Il s’agit de l’adaptation de livres écrits par Suzanne Collins.

L’histoire est celle de Katniss Everdeen, une adolescente vivant avec sa mère et sa petite sœur, Primrose, dans le district 12. Dans ce monde, l’Etat a été réorganisé, avec au centre le Capitole, cœur du pouvoir politique, et autour 12 districts, travaillant chacun à la production d’une ressource selon un principe de spécialisation. Il y a une très forte inégalité dans cette univers, les districts étant souvent pauvres, notamment le district 12, alors que le Capitole est plein de richesses. Mais les districts sont contrôlés militairement par le Capitole, d’autant plus que le Capitole organise chaque année des « hunger games »: il s’agit de tirer au sort dans chaque district une jeune fille et un jeune homme parmi les adolescents âgés de 11 à 18 ans, pour les faire combattre à mort dans une arène, le tout télévisé.

Evidemment, comme c’est un roman adolescents, il y a quelques clichés, notamment le triangle amoureux. Cependant, à travers l’histoire de Katniss, et de la révolte qu’elle va engendrer, nous est clairement montré le pouvoir des médias et surtout de la télévision dans le contrôle de la population.

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Les différents films jouent énormément sur le pouvoir des images, tant dans une dictature, pour contrôler les populations, que dans une révolte pour développer la révolution. On a très souvent des plans pour nous rappeler que les événements sont filmés, et parfois pour nous montrer la réaction des populations face à ce qui se passe à l’écran. Ainsi, dans le premier Hunger Games, la mort d’une des tributs pendant les hunger games, et l’attitude de Katniss devant cela, déclenche une émeute.

Dans les films suivants, la question est encore plus présente, puisque Katniss essaye de maîtriser l’image pendant presque tous les trois films suivants. Ainsi, on la voit dans le troisième film chercher à tourner des clips de propagandes, pour créer un sentiment d’union avec la population, et les inviter à se joindre à la révolte.

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On aborde aussi beaucoup la manipulation de l’image, avec des costumes, des apparences, des messages parfois juste faux, parfois présentant un point de vue comme une universalité. Ainsi, il y a beaucoup de discussion sur comment habiller Katniss pour lui faire prendre tel ou tel aspects.

On nous parle aussi beaucoup de manipulation mentale, de traumatisme, des sentiments suscités par la peur. Cela est notamment le cas avec le personnage de Peeta dans le dernier film, mais aussi avec le personnage de Katniss et sa façon de surmonter son traumatisme, ou encore avec l’alcoolisme d’Haymitch.

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La réalisation de ces films n’est pas exceptionnelle mais sert juste le propos de façon correct, pour autant le film réussit à faire passer de vrais messages.

 

Blade Runner 2049, du Villeneuve, oui mais…

Oui, après les livres, puis les séries, on parle de films ! Pour commencer, parlons du film du moment, Blade Runner 2049.

J’adore les films de Denis Villeneuve, de lui j’adore déjà la plupart de ses films (Prisoners, Incendies, Enemy entre autres). Blade Runner par contre, je ne connaissais pas, pas du tout. Peut-être suis-je alors passé à côté de certaines choses, sans doute même, mais si ce film est incroyablement beau, je ne suis pas certaine d’avoir été séduite.

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Blade Runner se passe dans un monde futuriste, en 2049 justement. Il prend suit après le premier Blade Runner, lequel se passait en 2019, dans un monde en ruine, ou des robots, les Répliquants, avaient échappés au contrôle des humains pour revendiquer leur liberté.

Blade Runner 2049 met en scène l’agent K, un blade runner, un robot chargé de capturer les Répliquants, lequel est mis sur la piste d’un enfant née d’une répliquante…Se lance alors une enquête policière dans ce monde futuriste.

S’il faut dire une chose de Blade Runner 2049, c’est déjà que ce film est absolument splendide, avec une lumière domptée magistralement. tous les plans sont très beau, très sensoriels, et ils forcent l’admiration. Les couleurs sont superbement travaillés, tout est fait pour donner de la vie au monde qui est créé, et il faut bien admettre que le travail de Villeneuve comme metteur en scène, tout comme celui de Deakins comme directeur photo et de hans Zimmer à la musique, est absolument incroyable.

Le film a un rythme très lent qui permet de vraiment savourer  cette mise en scène majestueuse, mais trop lent peut-être, eu égard au scénario.

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En effet, c’est sur le scénario que cela pèche un peu plus: beaucoup d’incohérences, de décisions des personnages étranges, et une enquête assez poussive, l’histoire de ce film est assez difficile à appréhender.

En plus de cela, les problématiques de SF soulevés m’ont paru assez peu cohérentes. Il y a cette question de la possibilité pour un Répliquant d’avoir un enfant, Villeneuve sous-entend-il que c’est le fait de donner naissance qui fait notre humanité? J’ai passé une partie du film à chercher qui était les Répliquants et qui étaient les humains.

Il y a également l’histoire d’amour humain/IA (mais l’humain en question est un blade runner, donc un robot) avec une très belle et très longue scène d’amour dans laquelle une humaine et une IA fusionnent pour faire l’amour avec l’agent K. Le symbole est beau, mais que signifie-t-il vraiment?

Enfin, il y a ce questionnement sur la mémoire, les souvenirs qui sont sensés faire notre humanité? c’est à mon sens le questionnement le plus réussi, même si scénaristiquement il apparaît un peu incompréhensible.

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Parmi les choses qui m’ont vraiment gênée, il y a cette sexualisation à outrance des corps féminin,présents pendant absolument toute la durée du film et sans aucune justification.

Il y a aussi ce méchant mégalo qui cherche à contrôler le monde et qui m’a paru pitoyable, et cette histoire d’amour entre l’IA et l’agent K, qui ne sert le film que pour permettre d’expliciter absolument toutes les pensées de l’agent K, pourtant très stoïque, ce qui n’était pas très intéressant.

Bref, un des films de Villeneuve que j’ai le moins apprécié, c’est dommage!

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Dernier meurtre avant la fin du monde, Ben H. Winters

« À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?

Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.

Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.

Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.

Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.

Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.

Sans jamais se départir d’un prodigieux sens de l’intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d’un monde proche de l’agonie.

Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés. »

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Que feriez vous si on devait mourir demain? C’est la question de ce livre. En effet, les scientifiques ont repéré un astéroïde de 6km de long, Maïa, qui fonce droit sur la Terre, et risque de détruire toute trace d’humanité à sa surface. Alors que faire? Certains partent réaliser leur rêves, d’autres se suicident, et d’autres encore continuent leur vie comme si de rien n’était. c’est le cas de Hank Palace, enquêteur dans la petite ville de Concord, bien décidé à élucider un meurtre là ou tout le monde ne voit qu’un suicide. En effet, Peter Zell a été retrouvé pendu dans un MacDonald, et bien que tout le monde pense à un suicide, Hank est persuadé du contraire.

Sans jamais être lourd ni vulgaire mais avec un style des plus urbains, Winters nous dresse un cadre préapocalyptique extraordinairement réaliste. J’ai cru à la menace de fin du monde de la première à) la dernière page, et j’ai surtout cru à chacun des personnages. Ils sont tous extraordinairement humain et cherchent tous comment vivre et affronter leur mort prochaine dans 6 mois.

L’enquête policière est bien faites, bien que je n’ai pas été absolument captivé par le meurtre de Peter Zell mais plutôt par l’ambiance qui se dégage de ce livre. Notamment, le dénouement ne m’a pas paru être une évidence, comme c’est le cas dans les bons romans policiers, après coup.

J’ai adoré le personnage de Hank Palace, qui parle à la première personne et ne se décrit jamais, mais dont les contours apparaissent très vite par ses réactions. Il semble presque souffrir d’un trouble autistique dans son obstination à enquêter sans tenir compte de la fin du monde.

L’arc narratif concernant la sœur de Hank m’a en revanche beaucoup moins convaincue, je n’ai pas tout très bien saisi, et j’avoue avoir voulu passer ses passages assez vite. Sauf les scènes de discussions entre Hank et sa sœur.

Bref un très bon livre, acheté par hasard, mais je vais essayer de lire la suite un jour !