Le sang des farines, Jean-François Parot

« Nicolas Le Floch, Commissaire au Châtelet sous le règne du jeune Louis XVI, se trouve plongé au coeur de terribles événements à la fois politiques et personnels.
De retour d’une mission en Autriche où il fait d’étonnantes découvertes sur les atteintes portées au Secret du Roi, il retrouve un Paris en colère où la guerre des farines fait rage.
Avec le soutien du Roi et l’aide de ses fidèles amis, il enquête sur la mort suspecte d’un boulanger qui l’amène bientôt à soupçonner un complot et des liens entre ces événements et ceux survenus à Vienne.
Les mystères s’accumulent et Nicolas devra faire vite pour résoudre cette affaire qui met en péril l’équilibre déjà précaire du pays ainsi que son propre fils.
Avec cette nouvelle enquête, couronnée par le Prix de l’Académie de Bretagne, Jean-François Parot nous entraine dans l’Europe des Lumières avec son inimitable talent pour le suspense et la reconstitution historique.« 
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L’hiver dernier, c’est sur ce livre qu’est tombé mon arrêt de lecture annuel, au milieu de l’hiver lorsque les études prennent trop de places…J’ai donc voulu recommencer la lecture du Tome 6 des aventures de Nicolas Le Floch tant que la motivation était là…J’avoue ne pas être convaincue.
Dans Le Sang Des Farines, nous retrouvons Nicolas, commissaire au Chatelet, en voyage à Vienne pour une mission diplomatique ayant pour objet de dénouer les tensions entre le nouvel ambassadeur à la cour de Vienne et un de ses subordonné. Après la réussite de sa mission, Nicolas rentre en France ou il est au prise avec plusieurs mystères qu’il lui faut élucider. D’une part, le boulanger louant les locaux de l’hôtel de Noblecourt ou vit Nicolas lui-même est mort dans d’étranges circonstances, au moment même ou le peuple gronde pour obtenir du pain…D’autre part, Louis, le fils de Nicolas, s’est évaporé de sa pension.
Comme toujours avec JF Parot le contexte historique est dressé avec un luxe de détails ahurissant. On se croirait effectivement dans le paris (ou le Vienne) de l’époque, et j’apprécie toujours autant la description qu’il fait, qui couvre tant la vie des puissants que celles des pauvres gens, et tant les grands événements que le quotidien des gens. Ainsi Parot nous abreuve-t-il encore et toujours de la description des plats goutés par nos héros, qui me donne bien souvent l’eau à la bouche. J’ai aussi apprécié l’excursion à Vienne qui nous permet de sortir de la cour française à la découverte de nouveaux lieux, et de nouveaux personnages.
En effet dans ce tome on retrouve pour partie les mêmes personnages qui reviennent tome après tome. J’ai beaucoup d’affection pour Nicolas Le Floch, devenu marquis de Ranreuil, et pour son entourage, et j’apprécie énormément les passages consacrés au quotidien de ces personnages. Les repas donnés à l’hôtel de Noblecourt, lesquels reviennent dans chaque tome et ou lorsque la politique surgit, La Borde, noble au service du roi, affronte Bourdeau, commissaire roturier aux opinions presque révolutionnaires, sont passionnants. J’aurai aimé plus de développement sur ces personnages, et notamment qu’ils évoluent tous un peu plus tome après tome: seul Nicolas connait des évolutions notables au fil des tomes.
C’est sur l’intrigue que je suis moins satisfaite. En effet, le côté policiers des romans de Parot a toujours été l’excuse parfaite pour nous décrire le Paris du XVIII éme siècle. Or je trouve que la recette s’épuise peu à peu, entre routine et intrigue alambiquée. En effet dans ce tome l’intrigue est menée tambours battants, avec moult de détails, et cherche à englober tous les aspects dont Parot veut nous entretenir, ce qui rend l’intrigue policière particulièrement complexe à suivre, et peu crédible. Je n’ai pas réussi à croire à l’enquête, et j’avoue m’être par moment ennuyée.
D’autant plus que le style de Parot n’est pas nécessairement facile. Les chapitres sont longs, et l’écriture est faites de longues phrases contenant des mots d’époques, obligeant le lecteur à se reporter régulièrement à l’indexe.
Ce n’est pas nouveau mais j’avoue m’être un peu lassée des Nicolas Le Floch. pour autant, j’aimerai lire le suivant, au moins parce que je n’aime pas laisser une série en route. mais cette lecture attendra surement un peu, que mon intérêt pour Nicolas se renouvèle.
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Le diable de la Tamise, Annelie Wendeberg

« Londres, 1889. Quand une victime du choléra est retrouvée dans la Tamise, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de son état, est appelé pour confirmer les causes du décès. Toutes les précautions sont prises pour éviter une épidémie. Les choses auraient pu en rester là si les résultats intrigants de l’autopsie n’avaient poussé Kronberg à s’intéresser de pus près à cette affaire. Alors que Scotland Yard souhaite classer le cas, Kronberg se rapproche de Sherlock Holmes. Et il ne faut que peu de temps au célèbre détective pour percer le secret du médecin qui, en réalité, est… une femme. Un secret qui pourrait la mener droit en prison s’il venait à être révélé. Mais tous deux vont unir leurs forces pour débusquer un criminel aussi redoutable que Jack l’Eventreur…« 
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Et voila la rentrée, et avec la rentrée mon rythme de lecture devrait se normaliser un peu, du moins je l’espère ! Pour ce premier livre de la rentrée, je vous présente, sans surprise, un livre policier historique, l’un de mes genres préférés.
Nous rencontrons le Dr Anton Kronberg, bactériologiste émérite de Londres, contacté par la police de Scotland Yard lorsqu’un cadavre possiblement atteint de choléra est découvert. L’autopsie révèle un résultat étrange, lequel ferait plutôt penser à un meurtre qu’à un banal mort du choléra…Le Dr Kronberg se lance alors dans une enquête, accompagné pour cela par un détective privé, le célèbre Sherlock Holmes. Or, attentif comme il l’est, Sherlock Holmes a bien vite fait de percer le secret du Dr Kronberg, qui en réalité se nomme Anna Kronberg….
Encore un livre mettant en scène Sherlock Holmes…Il semble que ce soit une mode ces derniers temps ! Comme j’aime énormément ce personnage, j’avoue ne pas bouder mon plaisir à le retrouver (même si à mes yeux, la série avec Benedict Cumberbatch reste le meilleur support réinterprétant Sherlock  Holmes). Il est ici bien mis en scène, et n’est pas dénaturé, on sent que l’auteur s’est sérieusement documenté avant de l’exploiter.
Autre aspect très intéressant et documenté, le contexte historique, lequel est extrêmement bien rendu et immersif, et surtout l’avancée de la médecine bactériologique à la fin du XIX ème siècle. On sent que l’auteur est médecin et qu’elle maîtrise son sujet de A à Z. En plus, cet aspect est assez rarement traité dans les romans policiers, et j’ai beaucoup apprécié tout les développement consacrés à la recherche d’un vaccin contre le tétanos ou le choléra, fléau de l’époque.
Les thématiques sous-jacentes sont également passionnantes. Y est abordé la place de la femme dans la société victorienne, ainsi que le travestissement, en effet, Anna se travestit en Anton pour pouvoir exercer la médecine, se faisant elle s’expose non seulement à l’opprobre de la société mais également à des poursuites pénales assez lourdes. Une autre thématique abordée est la question de savoir jusqu’où on peut aller pour la recherche médicale. J’aurai peut-être apprécié plus de questionnement sur ce sujet qui est abordé de manière assez manichéenne.
Maintenant les éléments qui fâchent…Si j’ai aimé le personnage de Sherlock Holmes, je n’ai pas du tout été convaincu par le duo qu’il forme avec Anna/Anton Kronberg. En effet, le Dr Kronberg se décrit lui-même comme cynique et désabusé au début du roman, ainsi que comme quelqu’un d’extrêmement observateur, doué pour déjouer tout le monde. Or au fil du récit, pourtant fait du point de vue du Dr Kronberg, il perd peu à peu ses traits de caractères, notamment face à Sherlock Holmes, de sorte que le personnage perd en densité au fur et à mesure du récit, et qu’il finit par ne plus être crédible du tout.
Cela est peut-être dû, du moins en partie, à l’écriture. En effet, le récit est fait à la première personne du singulier, sous le point de vue de Anna/Anton Kronberg. Or j’ai trouvé ce point de vue très mal maîtrisé, rendant les réflexion du personnage principal presque enfantine. Un récit plus détaché du personnage aurait sans doute été plus judicieux, en plus cela aurait permis un meilleur équilibre entre Holmes et Kronberg. Sous ce point de vue, on assiste à tous les états d’âmes de Kronberg, tandis que Holmes garde entièrement son panache, c’est très déséquilibré.
Enfin, l’intrigue policière ne m’a pas semblé essentielle au récit, qui clairement tourne beaucoup plus autour de la relation Holmes/Kronberg qu’autour de la résolution d’un crime, la solution étant apportée bien avant la fin du récit, lequel consiste surtout dans l’action des deux personnages principaux.
Bref, une semi-déception pour ma part, et même si je sais qu’il existe un tome 2 je ne suis pas certaine de vouloir le lire.

Carnaval, Ray Celestin

« Au coeur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant…
Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche. »

Carnaval4En 1918, la Nouvelle-Orléans a tremblé sous les coups d’un tueur appelé le tueur à la hache, en raison de la manière dont il massacrait ses victimes. Beaucoup de pistes ont été exploré mais jamais personnes n’a pu capturer ce tueur en série qui a fait 6 victimes avant de disparaître.

A partir de ce fait divers, ray Celestin a construit un livre dans lequel il fait s’entremêler la voix de plusieurs personnages. Ida Davis, une jeune métisse bien décidée à devenir détective et accompagnée de son ami, louis Armstrong. Michael Talbot, inspecteur en charge de l’affaire, méprisée par ses collègues pour avoir dénoncer un de ses collègues corrompus, et pour s’être marié en secret à une femme noire. Luca d’Andrea, ancien policier tout juste sorti de prison, condamné en raison du témoignage de Michael. Chacun d’entre eux va enquêter sur les meurtres pour des raisons qui lui sont propres. Chacun d’entre eux va remonter une piste différente.

Ce roman est un petit bijou en matière de roman d’ambiance, il dépeint une Nouvelle Orléans plus vraie que nature, baignée par la musique, et en proie à la menace d’ouragans. Il décrit le début de l’époque de la prohibition, mais également l’époque de la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis, et ce, en s’appuyant sur des personnages racisés. La description historique grouille de détails, et l’ambiance transparaît nettement.

Chacune des pistes suivie par les personnages est crédible et passionnante. Maintenant, je n’ai pas été convaincue par le dénouement, encore une fois. Si l’auteur réussit à créer plusieurs pistes différentes que chaque personnages a le loisir de remonter, ces pistes ne se mélangent pas bien au final, et j’ai trouvé l’explication pour les rejoindre peu convaincante.

En plus de cela, l’explication donné contrevient totalement aux faits historiques de base, à savoir que l’homme à la hache était un tueur en série. D’un point de vue criminologique, les faits sur lesquels s’appuient l’auteur ne pouvaient parvenir à cette conclusion, et le roman perd donc en crédibilité à mes yeux. Dommage, cela n’en reste pas moins un très bon roman d’ambiance documenté avec soin, avec quelques doses de suspens.

Dernier meurtre avant la fin du monde, Ben H. Winters

« À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?

Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.

Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.

Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.

Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.

Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.

Sans jamais se départir d’un prodigieux sens de l’intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d’un monde proche de l’agonie.

Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés. »

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Que feriez vous si on devait mourir demain? C’est la question de ce livre. En effet, les scientifiques ont repéré un astéroïde de 6km de long, Maïa, qui fonce droit sur la Terre, et risque de détruire toute trace d’humanité à sa surface. Alors que faire? Certains partent réaliser leur rêves, d’autres se suicident, et d’autres encore continuent leur vie comme si de rien n’était. c’est le cas de Hank Palace, enquêteur dans la petite ville de Concord, bien décidé à élucider un meurtre là ou tout le monde ne voit qu’un suicide. En effet, Peter Zell a été retrouvé pendu dans un MacDonald, et bien que tout le monde pense à un suicide, Hank est persuadé du contraire.

Sans jamais être lourd ni vulgaire mais avec un style des plus urbains, Winters nous dresse un cadre préapocalyptique extraordinairement réaliste. J’ai cru à la menace de fin du monde de la première à) la dernière page, et j’ai surtout cru à chacun des personnages. Ils sont tous extraordinairement humain et cherchent tous comment vivre et affronter leur mort prochaine dans 6 mois.

L’enquête policière est bien faites, bien que je n’ai pas été absolument captivé par le meurtre de Peter Zell mais plutôt par l’ambiance qui se dégage de ce livre. Notamment, le dénouement ne m’a pas paru être une évidence, comme c’est le cas dans les bons romans policiers, après coup.

J’ai adoré le personnage de Hank Palace, qui parle à la première personne et ne se décrit jamais, mais dont les contours apparaissent très vite par ses réactions. Il semble presque souffrir d’un trouble autistique dans son obstination à enquêter sans tenir compte de la fin du monde.

L’arc narratif concernant la sœur de Hank m’a en revanche beaucoup moins convaincue, je n’ai pas tout très bien saisi, et j’avoue avoir voulu passer ses passages assez vite. Sauf les scènes de discussions entre Hank et sa sœur.

Bref un très bon livre, acheté par hasard, mais je vais essayer de lire la suite un jour !

L’innocence des bourreaux, Barbara Abel

« Dans une supérette, une jeune maman, un couple adultère, une personne âgée et son aide, une mère et son ado font leurs courses. Un junkie entre pour voler la caisse et perd le contrôle de la situation. Un jeux subtile s’instaure alors entre supposés victimes et bourreaux. »

 

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Depuis le temps que j’entendais parler de Barbara Abel…J’avoue je suis un peu déçue.

L’innocence des bourreaux s’attarde sur une supérette tout ce qu’il y a de plus ordinaire…Superette qu’un jeune junkie décide de braquer. A partir de là on va s’intéresser à chacun des personnages présents lors de ce braquage : une vieille dame acariâtre et son aide ménagère, un jeune comptable et une secrétaire, une jeune mère et une chirurgienne et son fils.

La psychologie de chaque personnage est décryptée, chacune de ses actions est examinée, chacun avec ses failles et ses faiblesses. Je comprends ce qu’a voulu faire l’auteur et elle s’en tire plutôt bien dans la poursuite de son projet.

Seulement, ce livre m’a laissé totalement froide. Pendant la première moitié du livre, pas moyen de s’attacher à un seul des personnages. On les voit agir tout en impulsivité et en crise de nerf, mais je n’ai senti d’attachement pour aucun d’eux. ce n’est que dans la seconde moitié du livre, lorsque les personnages commencent à livrer leurs secrets, que j’ai pu m’attacher un petit peu à certain d’entre eux. N’empêche, dans la grande majorité ils m’ont laissé assez froide. Or ce type de récit choral ne marche que par l’attachement du lecteur aux personnages.

En plus de ça, j’ai été assez peu convaincue par le style de l’auteur. Sans doute étais-ce difficile de rivaliser avec le style de Justine Lévy dans Rien de grave que je venais de lire. Seulement, j’ai trouvé que tout était très plat dans la manière d’écrire de Barbara Abel.

Seul point positif, le dénouement fonctionne très bien. Si je n’étais pas entrée dans le récit pendant la moitié voir les trois quarts du livre, le dénouement va de surprise en surprise, retournement après retournement.

Ce fut une rencontre ratée avec Barbara Abel, mais j’essaierai peut-être à nouveau. Je sais pas, son dernier livre me tentait bien.

 

 

Le magicien, Jean-Marc Souvira

« Arnaud Lécuyer est un magicien un peu particulier, personne ne se méfie de lui… Récemment libéré de prison, il reprend le cours de sa vie : observer, attirer, tuer. Pour ses victimes, il reste Le Magicien. Son public préféré: les enfants. Un homme se méfie de lui, le commissaire Mistral. Formé à dresser le profil psychologique des tueurs en série et à les traquer, il a senti derrière ces récentes disparitions et meurtres de jeunes garçons la signature d’un même homme. Invisible, secret, insaisissable. Un magicien… »

 

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Il y a des livres, où sans même les ouvrir, on sait qu’on ne va pas les aimer, qu’on va passer à côté. Mais le livre moisit dans la PAL depuis des siècles, alors on le sort, on l’ouvre, pour au moins se dire qu’on a essayé. Et parfois, contre toute-attente, le livre peut être une bonne surprise.

Arnaud Lécuyer sort de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour le viol d’une grand-mère. Aussitôt, il n’a qu’une seule obsession continuer ses activités d’avant son arrestation, le viol et le meurtre de petits garçons, tous bruns, tous âgés d’une dizaines d’années. A la brigade criminelle, le commissaire Ludovic Mistral prend ses fonctions de chef de la brigade, et se voit très vite confier l’enquête sur le Magicien, ce prédateur qui attire ses victimes en leur faisant des tours de magie, puis les tuent.

Ce roman policier aborde donc une enquête sous deux angles: d’abord, sous l’angle de l’assassin lui-même, et ensuite, sous l’angle du commissaire chargé de son arrestation. Ce procédé n’est pas nouveau, mais il est assez intéressant ici, dans la mesure ou l’enquête sur un tueur en série ne propose pas de « suspects » contrairement à une enquête classique.

Mais si j’ai trouvé le procédé intéressant en soi, le problème se pose concernant la partie sur l’assassin. En effet, Jean-Marc Souvira a choisi un crime abominable: un assassin qui viole et tue des petits garçons. La partie sur l’assassin aurait donc dû tenter d’expliquer pourquoi l’assassin se comporte de la sorte. Or si des justifications sont abordés, le personnage lui-même est présenté de manière très distante, de sorte qu’on ne se met jamais à sa place, on ne le comprend jamais vraiment. A mon avis, l’auteur a eu peur de choquer en allant trop loin avec son personnage, mais cela vide d’intérêt la partie consacrée au tueur, puisque on ne comprend jamais celui ci.

C’est le grand reproche de ce livre: aucun des personnages n’est très bien incarné, même si le personnage du Magicien est le plus mal incarné. De sorte que tant que l’intrigue ne se lance pas vraiment, on s’ennuie.

Mais quand l’enquête commence, elle est très bien menée. On sent que Jean-Marc Souvira est policier de métier, et la description du quotidien au 36 quai des orfèvres, ainsi que la conduite de l’enquête rend de manière extrêmement réaliste et prenante.

Ce roman a de vraie qualité concernant l’enquête, mais le rythme met longtemps à démarrer, et les personnages sonnent assez creux. De plus, j’ai vraiment apprécié de retrouver des policiers parisiens, les romans policiers qui se passent à Paris ont une ambiance qui leur est propre je trouve, sans doute parce que je vie à Paris et me reconnais plus dans ces livres.

 

A l’ombre de la guillotine, Anne Perry

Le 17 janvier 1793, à Paris, la Convention s’apprête à rendre son verdict quant au sort qui sera réservé au roi.
Célie Laurent, une jeune blanchisseuse, assiste aux débats. Dans la soirée, la sentence de mort est prononcée. Dès lors commence pour un petit groupe de républicains, dont fait partie la jeune femme, une haletante course contre la montre : ils ont quatre jours pour sauver Louis XVI de la guillotine et lui faire quitter le pays afin d’éviter les conséquences dramatiques qu’aurait son exécution sur une France au bord du chaos.
En ces temps troublés, Célie ne devra bientôt compter que sur elle-même pour mener l’évasion royale jusqu’à son terme… Anne Perry, célèbre pour ses  » mystères victoriens « , nous entraîne dans l’atmosphère tumultueuse de la Révolution française pour suivre les aventures d’une héroïne dont le destin croise la trajectoire de l’Histoire.

 

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J’adore le genre des policiers historique, et cela fait un moment que je voulais découvrir Anne Perry, qui a écrit un sacré paquet de romans de ce genre (notamment la série Charlotte et Thomas Pitt). Mais pas question de m’embarquer dans une nouvelle série de 20 tomes tant que je n’aurais pas fini Nicolas le Floch! Alors je me suis penché sur un autre de ses romans, qui se passe sous la révolution française…

Célie Laurent est blanchisseuse chez le citoyen Bernave. En ce mois de janvier 1793, la commune vient de prononcer la condamnation à mort du roi, auquel Bernave a décidé de s’opposer. Il monte alors un plan audacieux pour empêcher le roi de monter sur l’échafaud. Seulement, quelques jours avant l’exécution du roi, Bernave est assassiné chez lui. Le citoyen Menou, membre de la garde nationale, va alors enquêter sur cette mort, tandis que l’évasion du roi semble reposer entièrement sur Célie.

Dans ce roman on suit donc deux intrigues en même temps: l’enquête sur la mort de Bernave, et  le plan pour sauver le roi. L’enquête sur la mort de Bernave est parfaitement réalisé, je n’avais absolument pas vu venir la solution, qui pour autant se tient tout à fait. L’intrigue sur l’évasion du roi m’a paru bien moins réaliste, un peu trop alambiqué.

C’est sans doute dû au fait que généralement les romans historiques s’inspirent d’une époque sans pour autant reprendre les événements marquants. Or ici Anne Perry inscrit son roman entre le vote de la mort du roi par la convention, et l’exécution de celui-ci. Ce sont des événements marquants de l’histoire française, sur lesquels il est sans doute plus difficile de broder. Indéniablement, elle a une excellente connaissance de la période dont elle parle, mais pour autant, j’ai trouvé l’époque historique moins incarné que dans Nicolas Le Floch.

Les personnages, quant à eux, sont tous très biens incarnés, crédibles et intéressant. Mais le rythme du roman m’a semblé assez lent, alors même que les événements se déroulent sur 3 jours seulement, et j’ai mis du temps à vraiment rentrer dans le roman.

Bref, un bon roman policier, un roman historique documenté mais moins bon que ce à quoi je m’attendais, cela reste une bonne première rencontre avec Anne Perry!

Le crime de l’hôtel Saint-Florentin, JF Parot

« Nicolas Le Floch traverse une période difficile : Louis XV est mort et Sartine quitte ses fonctions de Lieutenant Général de Police pour rejoindre celles de Secrétaire d’Etat à la Marine.
Désormais sous les ordres d’un certain Le Noir, Nicolas doit enquêter sur un crime commis à l’Hôtel de M. de Saint-Florentin, ministre du nouveau Roi.
Sa quête va le conduire à Paris, hors les murs, chez des éleveurs de bestiaux, et à Versailles, où il assurera sa position auprès de Louis XVI.
Fiacre fantôme, meurtres en série, étonnante arme du crime ponctuent cette aventure où se mêlent l’argent, la débauche, l’espionnage et toutes les folies d’une jeune Cour où perdurent rivalités et affrontements anciens. »

 

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Et comme chaque mois, voici le tome 5 des aventures de Nicolas Le Floch!

Le commissaire au Châtelet traverse une période difficile: Louis XV est mort, et son chef, ce très cher Sartine, a quitté ses fonctions pour devenir ministre, de sorte que Nicolas doit composer avec un nouveau chef, Le Noir, qui semble ne pas lui faire confiance, et l’exclut des enquêtes.

Mais voilà que M. De la Vrillère, l’un des ministres du roi, fait directement appel à lui pour résoudre un meurtre commis dans sa demeure: Marguerite Pindron, femme de chambre, vient d’être assassinée. A ses côtés, on a retrouvé le maître d’hôtel, grièvement blessé. A-t-il tué sa maîtresse avant de tenter de se suicider? Tout l’indique, pourtant la blessure de Marguerite semble des plus atypiques. De plus, bientôt on retrouve d’autres jeunes filles, tuées de la même manière.

Voilà un excellent cru des aventures de mon commissaire du Châtelet préféré! Comme toujours on retrouve les mêmes personnages, qui évoluent et vieillissent au fur et à mesure des livres: Nicolas, Bourdeau, Noblecourt, …J’étais inquiète que Sartine disparaisse vu qu’il quitte ses fonction de lieutenant général de police, mais l’homme aux perruques continue à faire quelques (trop) brèves apparitions. On rencontre aussi Louis, fils naturel de Nicolas avec La Satin, un personnage un peu perdu de vue, et dont je n’ai pas tellement aimé le traitement même s’il se justifie. On rencontre aussi Aimée d’Arranet, une jeune fille qui va probablement repparaître dans les prochains tomes…

En plus de suivre ces personnages tellement bien dépeints, on suit la fin du XVIII ème siècle, chez différentes couches de la population. On approche de près Louis XVI et Marie-Antoinette, ces jeunes souverains pas suffisamment formé pour gouverner, spécialement en temps de crise. on entend aussi le peuple gronder, et Bourdeau se fait l’écho de la colère du peuple devant les dépenses royales, et des lumières des philosophes qui se répandent… On suit aussi les mœurs libertines de l’époque, notamment avec Nicolas qui reconnaît son fils naturel, et a des relations avec une autre femme, mais sans être marié, à 34 ans…L’ambiance de l’époque est fidèlement retranscrite, de manière très complète.

Comme souvent, l’enquête policière passe un peu au second plan, mais pour autant je l’ai trouvé plus crédible que les précédentes enquêtes, et assez bien travaillé. Ce n’est pas le principal intérêt de ces livres, aussi ce n’est pas grave si j’avais déjà deviné l’assassin avant le dénouement, ce dénouement est finalement tout indiqué.

Bref, un excellent roman historique, encore une fois, dont le pan policier est plutôt intéressant. Vivement le mois prochain pour lire le tome suivant, Le sang des farines!

Challenge ABC Thriller 2017

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Ca y est je dois être une vraie blogueuse! Je me lance dans mon premier challenge livresque, le Challenge ABC policier/thriller 2017 proposé par Salhuna sur livraddict 🙂

Le principe est assez simple: lire 26 roman policiers/thriller pendant l’année 2017, de 26 auteurs différents, dont le nom commence par une lettre différente de l’alphabet.

Le challenge propose 4 versions possibles:

Catégorie 1 : Challenge complet
26 lettres / 26 auteurs / 26 titres : vous avez le droit à 3 tricheries (prénom de l’auteur, ou lettres présentes dans le nom ou prénom…). Vous avez le droit à 3 BD/manga/album… Vous pourrez changer de titres en cours d’année, mais pas d’auteurs.
> Catégorie 2 : Challenge FreeStyle
26 lettres / 26 auteurs et 26 titres à choisir en cours d’année au fur et à mesure : vous avez le droit à 3 tricheries, à 3 BD/manga/album…
> Catégorie 3 : Mini Challenge
13 lettres / 13 auteurs / 13 titres : mais vous n’avez pas le droit de tricheries, ni le droit de BD/manga/album… Vous pouvez changer de titres en cours d’année, mais pas d’auteurs.
> Catégorie 4 : Mini Challenge Freestyle (Nouveau)
13 lettres / 13 auteurs et 13 titres à choisir en cours d’année au fur et à mesure : vous n’avez pas le droit de tricheries, ni le droit de BD/manga/album…

Je me suis inscrite en Catégorie 2, Challenge Freestyle. Je dois donc lire 26 auteurs avec les 26 lettres de l’alphabet, mais pas besoin d’établir une liste à l’avance, ce qui me convient très bien 🙂

Pour autant, j’ai commencé une ébauche de listes, à voir si je m’y tiendrai ou pas:

  • A – Abel Barbara, je sais pas: une auteure dont je n’ai rien lu, mais dont j’entend beaucoup parlé récemment
  • B- Bussi Michel, Le temps est assassin: Ca fait bien trop longtemps que je veux découvrir cet auteur!
  • C – Celestin Ruy, Carnaval: Un roman qui a atteri récemment dans ma PAL, et qui me fait très très envie, je vais devoir me forcer à attendre janvier pour le lire!
  • D
  • E – Eastland Sam, l’œil du tsar rouge: un policier sur la Russie révolutionnaire
  • F – Failler Jean, la régate du Saint-Philibert: Un autre roman de ma PAL dont je ne sais rien, si ce n’est que c’est un policier
  • G – Gilbers Harald, Germania: un thriller historique sur fond d’Allemagne nazie
  • H- Hayder Mo, Viscères: Un auteur que j’ai très envie de découvrir
  • I
  • J
  • K- Kellerman Jesse, Les visages: Ce roman a fait le tour de la blogo et je ne l’ai toujours pas lu!
  • L – Leblanc Maurice, Arsène Lupin, Le bouchon de cristal: Cela fait depuis mes années collèges que je n’ai pas eu l’occasion de lire Arsène Lupin!
  • M – Manzor René, Celui dont le nom n’est plus: Repéré sur un blog ce titre me fait très envie!
  • N
  • O- Owen Nikki, Sujet 375: Jamais entendu parler de ce roman mais le sujet (le syndrome d’Asperger, et l’amnésie) me tentent beaucoup!
  • P – Prévost Guillaume, le mystère de la chambre obscure: un autre policier historique qui traite de la naissance de la photo, rien que ça
  • Q
  • R
  • S – Stevens Chevy, Il coule aussi dans tes veines: Un roman dans ma PAL depuis beaucoup trop de temps, je ne sais absolument plus de quoi il parle!
  • T- Tremayne S.K, Le doute: Une histoire de sœur jumelle dans une île en huis clos!
  • U
  • V – Vargas Fred, …: Une auteure dont j’ai déjà lu et aimé l’Homme à l’envers, je lirai probablement un autre de ses livres, reste à déterminer lequel!
  • W – Wendeberg Annelie, Le diable de la Tamise: Un roman qui allie Sherlock Holmes et une enquêtrice dans l’Angleterre victorienne, que demander de plus?
  • X
  • Y
  • Z

 

Voila pour le moment! Il manque encore des noms sur cette liste, qui n’est absolument pas définitive (je paris que je vais changer d’avis 46 fois au moins), si vous avez des idées de romans pour ce challenge, n’hésitez pas!!

Le miroir du mort, Agatha Christie

« Chacun sait qu’Hercule Poirot est le plus grand détective de tous les temps. Un homme se suicide quelques heures après lui avoir demandé assistance ? Allons donc ! Ce serait trop facile, et le petit belge sait bien que personne ne fait appel à lui sans raison… Pour lui, rien de plus facile que de déjouer les jeux de glaces, voir au-delà du miroir et faire faillir la réalité des apparences. Le Miroir du mort, Feux d’artifice, L’invraisemblable vol : des nouvelles où le génie de la déduction d’Hercule Poirot s’en donne à cœur joie. »

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Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu la reine du crime…Et ce petit recueils trainait dans ma PAL depuis une éternité! Il s’agit d’un recueils de 4 nouvelles (et non pas 3 comme l’annonce la couverture) très rapides, les nouvelles font entre 20 et 60 pages chacune.

Feux d’artifice: Mrs Allen est retrouvée morte dans sa chambre, un revolver à la main, un suicide? Mais alors pourquoi n’y a-t-il plus d’empreintes sur le revolver?

L’invraisemblable vol: Lord Mayfield, homme politique d’importance, a accueilli chez lui lord et lady Carrington, leur fils Reggie, Mrs Macatta, une député, et Mrs Vanderlyn. Alors qu’il se balade avec Lord Carrington, des plans secrets sont volés. Qui a pu commettre le vol?

Le miroir du mort: Hercule Poirot est convoqué par Sir Gervase Chevenix-Gore, un vieil original. Mais quand Hercule Poirot arrive, Sir Gervase s’est suicidée. Est-ce vraiment un suicide? La plupart des personnes vivant dans sa demeure pourraient bien avoir une bonne raison de le tuer…

Trio à Rhodes: Hercule Poirot part en vacances à Rhodes, ou il rencontre notamment le couple Chambry, dont la femme, Valentine, cherche à séduire Mr Gold, lui aussi venu en vacances avec sa femme. Hercule Poirot l’annonce, un meurtre va être commis. mais par qui?

 

Sur les 4 nouvelles, mes préférés sont l’invraisemblable vol et le miroir du mort, deux novelles dans lesquels tout le génie et la simplicité d’Agatha Christie se livre, et ou on se dit « mais oui bien sûr » quand Hercule Poirot livre la solution, sans pour autant avoir pu résoudre nous-même le crime.

J’ai trouvé que Feux d’artifices était un peu vieillie, je ne suis pas sûre qu’elle soit solvable sans des éléments très précis du mode de vie de l’époque.

Quand à Trio à Rhodes, le concept de cette nouvelle est passionnant, mais elle est trop courte pour se donner le temps de réfléchir vraiment.