Le magicien, Jean-Marc Souvira

« Arnaud Lécuyer est un magicien un peu particulier, personne ne se méfie de lui… Récemment libéré de prison, il reprend le cours de sa vie : observer, attirer, tuer. Pour ses victimes, il reste Le Magicien. Son public préféré: les enfants. Un homme se méfie de lui, le commissaire Mistral. Formé à dresser le profil psychologique des tueurs en série et à les traquer, il a senti derrière ces récentes disparitions et meurtres de jeunes garçons la signature d’un même homme. Invisible, secret, insaisissable. Un magicien… »

 

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Il y a des livres, où sans même les ouvrir, on sait qu’on ne va pas les aimer, qu’on va passer à côté. Mais le livre moisit dans la PAL depuis des siècles, alors on le sort, on l’ouvre, pour au moins se dire qu’on a essayé. Et parfois, contre toute-attente, le livre peut être une bonne surprise.

Arnaud Lécuyer sort de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour le viol d’une grand-mère. Aussitôt, il n’a qu’une seule obsession continuer ses activités d’avant son arrestation, le viol et le meurtre de petits garçons, tous bruns, tous âgés d’une dizaines d’années. A la brigade criminelle, le commissaire Ludovic Mistral prend ses fonctions de chef de la brigade, et se voit très vite confier l’enquête sur le Magicien, ce prédateur qui attire ses victimes en leur faisant des tours de magie, puis les tuent.

Ce roman policier aborde donc une enquête sous deux angles: d’abord, sous l’angle de l’assassin lui-même, et ensuite, sous l’angle du commissaire chargé de son arrestation. Ce procédé n’est pas nouveau, mais il est assez intéressant ici, dans la mesure ou l’enquête sur un tueur en série ne propose pas de « suspects » contrairement à une enquête classique.

Mais si j’ai trouvé le procédé intéressant en soi, le problème se pose concernant la partie sur l’assassin. En effet, Jean-Marc Souvira a choisi un crime abominable: un assassin qui viole et tue des petits garçons. La partie sur l’assassin aurait donc dû tenter d’expliquer pourquoi l’assassin se comporte de la sorte. Or si des justifications sont abordés, le personnage lui-même est présenté de manière très distante, de sorte qu’on ne se met jamais à sa place, on ne le comprend jamais vraiment. A mon avis, l’auteur a eu peur de choquer en allant trop loin avec son personnage, mais cela vide d’intérêt la partie consacrée au tueur, puisque on ne comprend jamais celui ci.

C’est le grand reproche de ce livre: aucun des personnages n’est très bien incarné, même si le personnage du Magicien est le plus mal incarné. De sorte que tant que l’intrigue ne se lance pas vraiment, on s’ennuie.

Mais quand l’enquête commence, elle est très bien menée. On sent que Jean-Marc Souvira est policier de métier, et la description du quotidien au 36 quai des orfèvres, ainsi que la conduite de l’enquête rend de manière extrêmement réaliste et prenante.

Ce roman a de vraie qualité concernant l’enquête, mais le rythme met longtemps à démarrer, et les personnages sonnent assez creux. De plus, j’ai vraiment apprécié de retrouver des policiers parisiens, les romans policiers qui se passent à Paris ont une ambiance qui leur est propre je trouve, sans doute parce que je vie à Paris et me reconnais plus dans ces livres.

 

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