Gadji, Lucie Land

« A douze ans, Kat’ a vécu mille vies. Petite Rrom de Roumanie, elle a dansé au son de l’accordéon de son trublion de père, chanté pour égayer sa « madone muette » de grand-mère, entraîné ses démons de frères à gagner les concours d’insultes à la décharge publique, et appris presque seule à déchiffrer les « vingt-six mystères en pattes de mouche régulières ». Le monde l’attire éperdument, elle voudrait tout voir, tout connaître. L’occasion se présente lorsqu’on l’envoie vivre chez « la Cousine », à Paris. Mais…devenir une gadji ? Jamais ! »

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Katarina est une rrom de 12 ans, elle vit avec ses parents et ses quatre frères dans une sorte de bidonville Roumain, entourée d’autres familles avec qui elle est plus ou moins liée. Seulement, Katarina veut apprendre les lettres, apprendre à lire. Ses parents n’en voient pas l’intérêts et l’école semble la rejeter, jusqu’au jour ou une vieille femme s’installe de l’autre côté du fleuve. Par la suite, un terrible drame se produit, et Katarina part, seule, rejoindre la Cousine à Paris, aller à l’école là-bas.

Ce court roman jeunesse est un roman d’apprentissage extrêmement classique, et que je n’ai pas particulièrement aimé. L’écriture est plutôt fluide et chaque personnage est un minimum incarné, mais cela ne suffit pas.

La structure du récit ressemble à la structure de 20 autres romans jeunesses d’apprentissages: une enfant venant d’un milieu X veut apprendre à lire alors que ses parents s’y opposent, heureusement elle trouve un moyen de le faire en secret, et après coup ses parents approuvent, puis survient un drame.

Le milieu rom, qui est pourtant le cadre de ce roman, est très peu décrit, de sorte qu’il est difficile de vraiment appréhender cette culture.

Une déception pour moi, mais c’est un roman d’apprentissage simple, qui pourra convenir à des enfants de 10-12 ans, même si ce roman ne renouvèle clairement pas le genre.

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L’écho des armes, Yann Mens

« À Sarajevo, les soldats ne sont souvent que des enfants. À Bagdad, l’ennemi n’a pas toujours de visage. À Freetown, il resurgit quand on le croyait disparu et, en Palestine, il peut devenir l’ami d’un instant. Mais l’écho des armes retentit partout, même loin des champs de bataille, jusqu’à Paris et aux couloirs du métro… Neuf nouvelles de guerre. Des drames, des innocents sacrifiés, mais aussi des moments furtifs de grâce lorsque résonne une suite de Bach sur une colline afghane. »

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Je ne suis fan ni de recueils de nouvelles, ni de livres jeunesse… Mais ce petit recueil, acheté et lu pendant mes années collèges, trainait dans ma chambre, et comme il n’est pas très épais j’ai voulu le relire.

Il y a 9 nouvelles dans ce court recueil de 150 pages, qui chacune concernent la guerre, d’une manière ou d’une autre.

Ainsi, Metro raconte le quotidien  d’un père et son fils yougoslave, réfugiés à Paris et contraint à jouer de la musique dans le métro pour survivre. Vani trace le parcours d’une jeune sri-lankaise engagée dans la guerre civile, et auteure d’une attaque kamikaze. Scalp suit une amitié de 30 ans entre Pierre, et Ali, deux ingénieurs mais l’un est français, l’autre irakien. Fairouz décrit l’accouchement d’une israélienne par une infirmière palestinienne sur les routes de Palestine.

Chacune des nouvelles repose sur une idée intéressante, une scène qui aurait pu produire une histoire intéressantes. Sauf que le recueil compte 150 pages et 9 nouvelles. Chaque nouvelles est beaucoup trop courte pour transmettre la moindre émotion, beaucoup trop simple pour réfléchir vraiment. Bref, la plupart de ses nouvelles sont dispensables. Je note tout de même Métro, et Scalp qui m’ont un peu plus marqué que les autres, et dont je me souvenais, malgré le temps qui a passé depuis ma première lecture.

J’ai seulement apprécié que ce recueil, à destination de la jeunesse, ne présente pas de « gentils » et de « méchants », mais seulement des personnages en prise avec des guerres, dans laquelle ils ne sont que des pions. il montre aussi l’universalité de la guerre, chaque nouvelle se passant dans un endroit différent ou presque.

Le thème est intéressant, et l’angle de l’auteur également. Mais les nouvelles sont trop brèves, sans vraiment de fins pour la plupart, de sorte que ce recueil ne m’a pas convaincue.

Un été outremer, Anne Vantal

« Enfant adopté, Félicien décide d’apprendre la vérité sur ses origines le jour de ses dix-huit ans: il est né à Alger, il est arabe. Il décide de partir en Algérie à la recherche de sa mère biologique. Son enquête et sa quête personnelle le conduiront jusque dans un petit village de Kabylie. »

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En matière de livre jeunesse, j’ai lu un peu tout et n’importe quoi quand j’étais ado. Mais il y a une collection qui m’a particulièrement marquée et qui reste, pour moi, attachée à mes années lycées. C’est cette très jolie collection Roman Ado de chez Acte Sud Junior dont est issu ce roman. Parmi les romans de cette collection, plusieurs m’ont marqué durablement: Accrocs de Gilles Abier, Bacha Posh de Charlotte Erlih, et surtout Peine Maximale, d’Anne Vantal, sans doute l’un des romans qui a le plus marqué mon adolescence.

Or, traînait dans ma PAL ce petit roman très court, Un été outremer, publié dans une collection que j’adore par une auteur que j’ai beaucoup aimé lire. Il m’a fallu du temps mais j’ai fini par lire ce roman. Pour tout dire le thème ne me tentait pas, et il a été acheté probablement uniquement en raison de la collection dans laquelle il a été éditée.

Félicien Desjoncquières est un jeune homme de 18 ans comme tous les autres. Il vit à Paris avec ses parents et sa petite sœur. Seulement, Félicien a été adopté, et à 18 ans, il consulte les archives concernant ses parents biologique. Il n’y a qu’un nom, Samira Meziane, à Alger. Félicien s’embarque alors pour l’Algérie, à la recherche de ses origines.

Encore une fois, Anne Vantal est un excellent auteur. L’histoire est classique, rien de transcendant, mais on s’identifie facilement au narrateur, et on entre très bien dans cette courte histoire.

C’est un roman facile, sans doute moins bon que Peine Maximale, mais un roman plaisant, très court, que j’ai apprécié de lire.

 

Demain quand la guerre a commencé T2, John Marsden

« Leur pays a été envahi, leurs familles emprisonnées, leurs maisons réquisitionnées.
Réfugié dans une vallée perdue, un groupe d’adolescents a décidé de résister. Bravement, avec les moyens dérisoires qui sont les leurs, ils vont combattre un ennemi sans pitié. Ils risquent leur vie et ils le savent ; mais ils savent surtout que la liberté n’a pas de prix. »

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Après avoir relu le premier tome de Demain quand la guerre a commencé, j’ai immédiatement commencé le tome 2 de cette sage jeunesse plutôt sympathique (toujours avec cette affreuse couverture des éditions Black Moon).

On retrouve nos jeunes héros Ellie, Lee, Homer, Fiona, Robyn et Chris quelques semaines après la fin du premier volume, dans leur campement au beau milieu du bush australien. Ces adolescents auparavant très ordinaires sont entrés en résistance contre l’armée ennemi qui a envahi leur pays, et ont quelques hauts faits d’armes à leur actif.

Dans ce second volume, ils vont rencontrer un autre groupuscule de résistants, les héros d’Harvey, et vont, durant un temps du moins, être tentés de laisser des adultes prendre les décisions à leur place. Mais les héros d’Harvey  se révèlent être des résistants peu convaincants, menés par le major Harvey, un personnage très antipathique.

Le récit d’aventures de ce second volume se déroule de manière moins rythmé que le premier j’ai trouvé, il ne se passe pas grand chose pendant une bonne partie du récit, plus long à mettre en place que le premier tome.

Pour autant, on observe aussi les personnages qui évoluent beaucoup, et de manière cohérente. J’ai trouvé le personnage d’Ellie, la narratrice, moins insupportable, bien que je regrette que ce soit elle la narratrice et pas Homer. Le récit est en effet ponctué par de longues tirades sur les sentiments, toujours très confus, que la situation inspire à la jeune fille. Le plus souvent ces tirades n’ont aucun intérêt, et le plus souvent elle se conclue par une espèce de vérité générale assénée comme une découverte majeure.

Mais je dois reconnaître plusieurs qualités à ce récit, dans la continuité du premier volume. En premier lieu, les histoires d’amours qui m’exaspéraient tellement dans le premier volume sont moins présentes ici, ou du moins sont plus crédibles à mes yeux. De plus, j’apprécie toujours autant que l’auteur évoque la sexualité dans un roman destiné à des adolescents. Certes, John Marsden aurait pu s’en passer, comme tant d’autres auteurs jeunesses (je suppose que c’est plus facile à vendre auprès des parents et donc des maisons d’éditions). Mais il m’a toujours paru d’une absurdité sans nom que les romans adolescents (les personnages doivent avoir 16-17 ans, et le roman s’adresse à des jeunes de cet age) n’aborde pas la question. J’apprécie beaucoup le message positif sur la sexualité que fait passer John Marsden, sans jamais tomber dans le détail, mais en dédramatisant la question, et en omettant pas le détail de la contraception.

Autre chose, que je n’avais pas nécessairement relevé dans le premier tome, mais le récit est plutôt féministe. En effet, les héros sont autant de filles que de garçons au départ, et le rôle des filles n’est pas moins important que celui des garçons, ni stéréotypée (elles ne s’occupent pas seulement de la cuisine, Ellie conduit des camions et fait sauter des explosifs). De plus, l’armée ennemie est composé d’hommes mais également de femmes, sans que cela soit jamais remis en question.  De plus, lorsque les héros d’Harvey se montrent sexistes, cela est clairement dénoncé comme négatif.

En bref, ce roman jeunesse véhicule des valeurs archi-positive, et j’en suis très contente 🙂 Pour autant, il ne révolutionne pas le genre, même si c’est un roman d’action sympa. Je lirai peut-être le troisième tome si l’occasion se présente.

 

 

 

 

Demain quand la guerre a commencé T1, John Marsden

« Ce jour-là, ils sont partis à sept. Sept copains, garçons et filles, amateurs de randonnée. But de la balade :Hell, l’enfer, un lieu sauvage et inexploré sur lequel court une étrange légende.
A leur retour, ils découvrent un monde de désolation, comme si le temps s’était arrêté. L’enfer est devenu réalité. Désormais, ils vont devoir trouver en eux la force d’affronter le chaos absolu.
Rien ne les y avait préparés… »

 

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Si je lis à peu près de tous les genres littéraires, il y a bien longtemps que j’avais arrêté de lire des romans jeunesses…Mais, ma PAL ayant très peu bougé pendant un certain nombre d’années, j’en extirpe parfois des romans jeunesses souvenirs de mon adolescence. Dans le cas présent, il s’agit en vérité du tome 2 que j’avais gardé dans ma PAL, j’avais déjà lu le livre que je vous présente aujourd’hui il y a un certain nombre d’année, trop vieux pour que je m’en souvienne.

En plus, je partais avec un très mauvais a priori car outre le fait que je ne suis plus habituée aux romans jeunesses, je n’apprécie pas du tout la maison d’édition Black Moon, qui a édité cette saga. Pourtant, Demain quand la guerre a commencé s’est révélée une lecture plutôt agréable.

Le postulat de base est assez prometteur : Sept adolescent du bush australien décident de partir camper 5 jours dans un endroit reculé du monde, quand ils reviennent leur pays a été envahi.

On va alors suivre Ellie, Homer, Fiona, Lee, Robyn, Kevin, Corrie et Chris dans un roman d’aventure plein de rebondissements. Chacun des personnages est plutôt bien campé, pas trop caricaturaux contrairement à ce qu’on aurait pu croire. J’ai notamment bien aimé Homer, ado rebelle qui se révèle un leader intelligent, et Fiona, jeune fille bourgeoise protégée qui se révèle plus intelligente qu’il n’y paraît.

John Marsden aborde à travers ces personnages plusieurs thèmes intéressant. Ainsi, à travers ces jeunes héros est abordé le thème de l’entrée en résistance, la légitime défense qui donne le droit de tuer,…Une autre chose que j’ai apprécié, par rapport à beaucoup de romans jeunesses qui occultent totalement la question, c’est que la sexualité est sous-entendue, et que si les héros sont assez innocents, l’auteur ne fait pas comme si la question n’existait pas.

Pour autant, les histoires d’amour entre les différents protagonistes, notamment les histoires d’amour d’Ellie, la narratrice, m’ont particulièrement fatiguée, mais cela plaira probablement au public auquel cela est destiné.

Il ne s’agit clairement pas du roman de l’année, et je doute de me souvenir de ce roman dans un an, mais la lecture était agréable, facile. un bon roman jeunesse pour adolescent, sans plus

Par ailleurs, il y a un film adapté d ece roman, que j’ai vu il y a un moment déjà, mais qui est plutôt sympa!