La chute des géants, Ken Follet

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En Angleterre, Billy Williams est mineur dans les mines d’Aberrowen en 1910, tandis que sa sœur Ethel est la gouvernante et maîtresse du comte Fitzgerald, propriétaire des mines et marié à la princesse Béa, une russe. La sœur du comte, Maud, est une suffragette convaincue qui lutte pour le droit de vote des femmes. A Londres, vit également Walter Von Ulrich, un jeune diplomate allemand bien décidé à maintenir la paix. Aux USA, Gus Dewar travaille aux côtés du président Wilson, et cherche à maintenir la paix. En Russie, Lev et Gregori Pechkov travaillent dans une usine et rêvent de s’en échapper. A travers tous ces personnages, Ken Follet traverse 10 ans d’histoire, de guerres, de manœuvres diplomatique et de révolutions.

Encore un Ken Follet de lu, après Les piliers de la Terre et Le réseau Corneille ! J’aime décidément toujours cet auteur qui rend l’historie tellement vivante, avec une foule de détail. Ces personnages sont forts, avec du caractère et des opinions tranchés, et ils s’opposent souvent les uns aux autres. Plusieurs intrigues coexistent évidemment, j’ai regretté que toutes ne soient pas autant développées. L’auteur se concentre très fort sur l’Angleterre, et certains récits n’ont pas assez de place pour avoir alors de l’intérêt, le récit américain notamment est trop condensé alors qu’il aurait dû être passionnant.

J’ai également regretté que Ken Follet soit trop gentil avec ses personnages, un trait que je n’avais pas observé dans ses précédents livres. En effet, si plusieurs personnages se rendent sur les tranchées, tous survivent miraculeusement, même lorsqu’ils s’opposent les uns aux autres, leur situation n’est jamais vraiment catastrophique, ils s’en sortent toujours.

Néanmoins, ce livre de 1024 pages ce lit facilement, et avec beaucoup de plaisir, on y aborde des thématiques très intéressantes: la société des nations, les tranchées, la lutte des classes, le droit de vote des femmes, …

Mon roman préféré de Ken Follet reste le réseau Corneille, mais je lirai la suite de ce livre avec plaisir !

 

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Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier

Dans les années 1800 les sœurs Philpot, Elizabeth, Margaret et Louise, trois vieilles filles à la charge de leur frère, s’installent dans le village de Lymes. Très vite, Elizabeth va se passionner pour les fossiles qu’elle découvre sur les plages. Cette passion est également partagé par Mary Anning, une jeune fille presque une enfant lorsqu’elle se rencontre, de classe ouvrière. Mary Anning et Elizabeth vont alors explorer les plages à la poursuite de fossiles, jusqu’à remettre en cause les théories sur la création du monde.

4Tracy Chevalier est un auteur dont j’avais beaucoup entendu parler, mais dont je n’avais jamais rien lu, heureusement j’ai réparé cette erreur ! Tracy Chevalier est une excellente conteuse d’histoire qui narre avec un style très fluide sans trop de fioritures un fait divers absolument exceptionnel.

En effet, l’histoire d’Elizabeth Philpot et de Mary Anning a bien existé dans la réalité. Ce sont bien ces deux femmes qui ont réalisés les premières découvertes de fossiles importantes, Mary découvrira notamment les premiers ichtyosaures et plésiosaures, des animaux marins très anciens.

Compte tenu du résumé du livre, je m’attendais en réalité à beaucoup plus d’avancée scientifiques, de débat sur la création du monde entre ces jeunes femmes et des scientifiques de renom. Tel n’a pas été le cas, ce qui au final me parait évident. Si on a toléré que les deux héroïnes chassent les fossiles, on leur a refusé toute place dans la recherche scientifique, refusant même de laisser entrer Elizabeth dans la société de Géologie. Ces avancées sont donc en arrière fond, puisqu’elles ne sont pas l’œuvres d’Elizabeth et Mary.

Ce récit fait en effet la part belle aux difficultés nées de la condition de femme au XIXème siècle, ainsi qu’à la classe sociale de Mary. Ainsi, Elizabeth Philpot n’a pu se marier, faute de beauté ou de richesse, et reste donc à la charge de son frère, encadré par des cadres sociaux rigides, à Londres, il lui est même interdit de se déplacer seule sans chaperon. De même Mary, par son attitude peu féminine semble décourager les prétendants, et les scientifiques qui viennent la consulter, s’ils reconnaissent son talent, ont quand même un certain mépris pour elle, du fait de son sexe et de sa classe. Tracy Chevalier raconte alors le récit d’une amitié complexe entre deux femmes, unis par une même passion, mais dont l’âge et la classe diffère.

C’est réellement un beau roman, qui met en lumière des femmes inconnues du grand public, et que j’ai beaucoup apprécié.

« Le nom de Mary ne sera jamais consigné dans les revues ou les ouvrages scientifiques ; il sera oublié. C’est ainsi. une vie de femme est toujours un compromis.« 

Inglourious Basterds, où le scalp revient à la mode

Une nouvelle incursion dans le monde de Tarantino, et pas des moindres ! Si j’ai eu du mal à me concentrer au début du film, plus il avance, plus il est captivant…

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En 1940, Soshana Dreyfus est cachée dans un village de province avec sa famille car juive. Elle survit au massacre de sa famille, et quatre ans plus tard, elle tient un cinéma, lorsqu’un jeune allemand tombe amoureux d’elle et décide d’y organiser l’avant-première d’un grand film de propagande allemand. En parallèle le lieutenant Aldo Raine réunit une équipe de combattant juif, décidé à poursuivre les allemands pour les scalper.

Déjà, pour commencer il faut saluer les performances d’acteurs que contient ce film. Le casting de ce film est extrêmement soigné, et Tarantino a su extraire de chacun une performance incroyable. Mention spéciale à Brad Pitt dans son rôle de Lieutenant du scalp qu’il tient à merveille.

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Ensuite, les thématiques de ce film sont absolument géniales. Ces combattants juifs décidés à scalper et à tatouer les nazis, ces « Inglourious Basterds » sont un commando de génie, totalement dingue à l’écran.

On retrouve aussi la thématique du cinéma, très bien exploitée par le film, avec l’idée de faire cuire tout le IIIème Reich à la fois lors de la projection d’un film. Cela m’a un peu rappelé Argo, dans cette mise en abime du film dans le film (sauf que dans Argo le cinéma sauve des vies, ici le cinéma tue).

Il y a aussi une très belle utilisation des langues, plusieurs langues étant parlé à l’écran, toujours dans un but spécifique, que ce soit lors de la scène d’ouverture ou lorsqu’un anglais se découvre en commandant un verre en allemand.

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Le choix des musiques est ici encore extrêmement bon, même si j’ai trouvé ce choix plus audacieux dans Django Unchained.

Ce Tarantino a été un très bon cru, bien que je garde peut-être une légère préférence pour les 8 salopards.

 

Le pont des espions, Quand Spielberg nous raconte l’Histoire

Dans les années 1950, au plein cœur de la guerre froide, Rudolf Abel, le « colonel » Abel, est attrapé par le FBI comme étant un espion russe. Il devient instantanément l’ennemi public n°1 des américains, dont on attend impatiemment la condamnation à mort. James « Jim » Donovan est un avocat en assurance new-yorkais, qui vit avec sa femme et ses enfants à Brooklyn. Il est sollicité par son cabinet pour représenter Abel, afin de donner à ce procès une apparence de justice. Mais Donovan n’abandonne pas, ce qui le conduira à négocier un échange de prisonniers dans Berlin Est au moment de la construction du mur…

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La rumeur veut qu’un film de Spielberg soit forcément un bon film, et celui ci n’échappe pas à la règle !

L’histoire racontée est inspirée d’ne histoire vrai, ce qui n’en est que plus incroyable. Il s’agit de ces récits historiques, à un moment charnier de l’histoire, ou les discussions des personnages renferment des décisions décisives pour des pays entiers, et reflètent des enjeux quant au mode de vie, à la vision du monde…

En cela, le Pont des espions est le récit du combat d’un homme pour imposer sa vision humaniste du monde et de la justice. On est forcé d’adhérer aux choix de ce « standing man » comme le dit le film, car tous ces choix sont d’une justesse absolue, d’une humanité absolue.

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C’est d’abord la justice qui est questionné dans ce film. Doit-on respecter les droits fondamentaux d’un espion? Doit-on lui accorder un procès équitable? peut-on le condamner à mort? La question peut paraître risible, mais c’est la question qui revient encore à propos des criminels, des pédophiles,…Donovan va soutenir l’idée que la guerre froide est une guerre de vision du monde, et que c’est en assurant notre vision de la justice à un espion que l’on gagne la guerre. Vision avec laquelle je ne peux qu’adhérer à 100%.

C’est aussi un film sur la loyauté envers soi-même et son pays, ou le regard des autres est jugé indigne, inconstant, et peu intéressant. Que ce soit le personnage d’Abel, qui refuse de se renier, et ne trahira jamais la Russie, et restera toujours digne, ou le personnage de Donovan, prêt à tout risquer pour sa vision du monde, et insensible aux regards changeant des autres.

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La mise en scène est évidemment très travaillée, pleine de trucs de réalisation pour mieux nous raconter cette histoire.

Un truc utilisé par Spielberg concerne le métro, utilisé par Donovan tant à New-York qu’à Berlin, et qui donne l’occasion d’une comparaison frappante et extrêmement marquante, avec notamment un épisode qui reste en tête. De manière général le découpage du film encourage grandement la comparaison entre les Etats-Unis et la Russie.

 

Le réseau Corneille, Ken Follet

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services secrets britanniques ont missionné des espionnes sur le sol français. Ken Follett s’est inspiré de ce fait de guerre véritable pour construire un roman d’espionnage palpitant.
Betty a vingt-neuf ans, elle est officier de l’armée anglaise, l’une des meilleures expertes en matière de sabotage. À l’approche du débarquement allié, elle a pour mission d’anéantir le système de communication allemand en France. Après une première tentative catastrophique et coûteuse en vies humaines, Betty va jouer le tout pour le tout… »

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1944, Betty Clairet, officier des services de renseignements anglais, se voit confier la mission de détruire une base téléphonique située à Sainte-Cécile. Après une opération mal menée qui lui coûte de nombreux hommes, Betty se voit donner une seconde chance de mener à bien sa mission. Elle a une semaine pour recruter et former six femmes, pour qu’elles l’accompagnent mener à bien sa mission.

Dans le même temps, Dieter Franck, major dans l’armée allemande, s’est vue confier par Rommel la tache de protéger les positions allemandes. Pendant une semaine il va tout faire pour attraper Betty, cible de choix de ce maître de la torture puisqu’elle a des informations sur de nombreux réseaux de la résistance…

Ca y est j’ai entamé ma wish-list d’octobre ! Et quel roman ! Si j’avais apprécié la lecture des pilliers de la terre cet été, cela n’a rien à voir avec le réseau Corneille, lequel est nettement plus abouti ! Fini les personnages manichéen à l’extrême. Ici le duel qui oppose Betty à Dieter est on ne peut plus équilibré.

Certes, Dieter est présenté comme le méchant, c’est même un maître de la torture, mais c’est aussi un homme fin et raffiné, d’une intelligence supérieure, auquel on s’attache aussi.

Mais le personnage clef du roman est certainement celui de Betty Clairet. Betty est la femme forte par excellence, l’héroïne la plus badass qu’il m’ait été donné de voir depuis un moment et je l’ai adoré ! En effet, c’est une femme forte, capable d’abattre un homme, de leader une équipe, et de porter secours aux hommes. Elle n’a pas que des qualités, elle se montre aussi colérique, impatiente et parfaitement vulgaire. Il n’empêche, présenter une telle héroïne dans un roman historique se déroulant en 1944 c’est du grand art ! Surtout qu’apparemment, Betty est inspirée d’une personnalité réelle.

Quand à la structure du roman, ce n’est pas extrêmement original, on est dans la structure classique du roman d’espionnage alternant les chapitres suivant Dieter et ceux suivant Betty. mais si l’intrigue est classique, elle est bien menée, et le suspens fonctionne parfaitement sur les derniers chapitres. Le style de Ken Follet est toujours aussi simple et facile d’accès.

Le sang des farines, Jean-François Parot

« Nicolas Le Floch, Commissaire au Châtelet sous le règne du jeune Louis XVI, se trouve plongé au coeur de terribles événements à la fois politiques et personnels.
De retour d’une mission en Autriche où il fait d’étonnantes découvertes sur les atteintes portées au Secret du Roi, il retrouve un Paris en colère où la guerre des farines fait rage.
Avec le soutien du Roi et l’aide de ses fidèles amis, il enquête sur la mort suspecte d’un boulanger qui l’amène bientôt à soupçonner un complot et des liens entre ces événements et ceux survenus à Vienne.
Les mystères s’accumulent et Nicolas devra faire vite pour résoudre cette affaire qui met en péril l’équilibre déjà précaire du pays ainsi que son propre fils.
Avec cette nouvelle enquête, couronnée par le Prix de l’Académie de Bretagne, Jean-François Parot nous entraine dans l’Europe des Lumières avec son inimitable talent pour le suspense et la reconstitution historique.« 
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L’hiver dernier, c’est sur ce livre qu’est tombé mon arrêt de lecture annuel, au milieu de l’hiver lorsque les études prennent trop de places…J’ai donc voulu recommencer la lecture du Tome 6 des aventures de Nicolas Le Floch tant que la motivation était là…J’avoue ne pas être convaincue.
Dans Le Sang Des Farines, nous retrouvons Nicolas, commissaire au Chatelet, en voyage à Vienne pour une mission diplomatique ayant pour objet de dénouer les tensions entre le nouvel ambassadeur à la cour de Vienne et un de ses subordonné. Après la réussite de sa mission, Nicolas rentre en France ou il est au prise avec plusieurs mystères qu’il lui faut élucider. D’une part, le boulanger louant les locaux de l’hôtel de Noblecourt ou vit Nicolas lui-même est mort dans d’étranges circonstances, au moment même ou le peuple gronde pour obtenir du pain…D’autre part, Louis, le fils de Nicolas, s’est évaporé de sa pension.
Comme toujours avec JF Parot le contexte historique est dressé avec un luxe de détails ahurissant. On se croirait effectivement dans le paris (ou le Vienne) de l’époque, et j’apprécie toujours autant la description qu’il fait, qui couvre tant la vie des puissants que celles des pauvres gens, et tant les grands événements que le quotidien des gens. Ainsi Parot nous abreuve-t-il encore et toujours de la description des plats goutés par nos héros, qui me donne bien souvent l’eau à la bouche. J’ai aussi apprécié l’excursion à Vienne qui nous permet de sortir de la cour française à la découverte de nouveaux lieux, et de nouveaux personnages.
En effet dans ce tome on retrouve pour partie les mêmes personnages qui reviennent tome après tome. J’ai beaucoup d’affection pour Nicolas Le Floch, devenu marquis de Ranreuil, et pour son entourage, et j’apprécie énormément les passages consacrés au quotidien de ces personnages. Les repas donnés à l’hôtel de Noblecourt, lesquels reviennent dans chaque tome et ou lorsque la politique surgit, La Borde, noble au service du roi, affronte Bourdeau, commissaire roturier aux opinions presque révolutionnaires, sont passionnants. J’aurai aimé plus de développement sur ces personnages, et notamment qu’ils évoluent tous un peu plus tome après tome: seul Nicolas connait des évolutions notables au fil des tomes.
C’est sur l’intrigue que je suis moins satisfaite. En effet, le côté policiers des romans de Parot a toujours été l’excuse parfaite pour nous décrire le Paris du XVIII éme siècle. Or je trouve que la recette s’épuise peu à peu, entre routine et intrigue alambiquée. En effet dans ce tome l’intrigue est menée tambours battants, avec moult de détails, et cherche à englober tous les aspects dont Parot veut nous entretenir, ce qui rend l’intrigue policière particulièrement complexe à suivre, et peu crédible. Je n’ai pas réussi à croire à l’enquête, et j’avoue m’être par moment ennuyée.
D’autant plus que le style de Parot n’est pas nécessairement facile. Les chapitres sont longs, et l’écriture est faites de longues phrases contenant des mots d’époques, obligeant le lecteur à se reporter régulièrement à l’indexe.
Ce n’est pas nouveau mais j’avoue m’être un peu lassée des Nicolas Le Floch. pour autant, j’aimerai lire le suivant, au moins parce que je n’aime pas laisser une série en route. mais cette lecture attendra surement un peu, que mon intérêt pour Nicolas se renouvèle.

Le diable de la Tamise, Annelie Wendeberg

« Londres, 1889. Quand une victime du choléra est retrouvée dans la Tamise, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de son état, est appelé pour confirmer les causes du décès. Toutes les précautions sont prises pour éviter une épidémie. Les choses auraient pu en rester là si les résultats intrigants de l’autopsie n’avaient poussé Kronberg à s’intéresser de pus près à cette affaire. Alors que Scotland Yard souhaite classer le cas, Kronberg se rapproche de Sherlock Holmes. Et il ne faut que peu de temps au célèbre détective pour percer le secret du médecin qui, en réalité, est… une femme. Un secret qui pourrait la mener droit en prison s’il venait à être révélé. Mais tous deux vont unir leurs forces pour débusquer un criminel aussi redoutable que Jack l’Eventreur…« 
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Et voila la rentrée, et avec la rentrée mon rythme de lecture devrait se normaliser un peu, du moins je l’espère ! Pour ce premier livre de la rentrée, je vous présente, sans surprise, un livre policier historique, l’un de mes genres préférés.
Nous rencontrons le Dr Anton Kronberg, bactériologiste émérite de Londres, contacté par la police de Scotland Yard lorsqu’un cadavre possiblement atteint de choléra est découvert. L’autopsie révèle un résultat étrange, lequel ferait plutôt penser à un meurtre qu’à un banal mort du choléra…Le Dr Kronberg se lance alors dans une enquête, accompagné pour cela par un détective privé, le célèbre Sherlock Holmes. Or, attentif comme il l’est, Sherlock Holmes a bien vite fait de percer le secret du Dr Kronberg, qui en réalité se nomme Anna Kronberg….
Encore un livre mettant en scène Sherlock Holmes…Il semble que ce soit une mode ces derniers temps ! Comme j’aime énormément ce personnage, j’avoue ne pas bouder mon plaisir à le retrouver (même si à mes yeux, la série avec Benedict Cumberbatch reste le meilleur support réinterprétant Sherlock  Holmes). Il est ici bien mis en scène, et n’est pas dénaturé, on sent que l’auteur s’est sérieusement documenté avant de l’exploiter.
Autre aspect très intéressant et documenté, le contexte historique, lequel est extrêmement bien rendu et immersif, et surtout l’avancée de la médecine bactériologique à la fin du XIX ème siècle. On sent que l’auteur est médecin et qu’elle maîtrise son sujet de A à Z. En plus, cet aspect est assez rarement traité dans les romans policiers, et j’ai beaucoup apprécié tout les développement consacrés à la recherche d’un vaccin contre le tétanos ou le choléra, fléau de l’époque.
Les thématiques sous-jacentes sont également passionnantes. Y est abordé la place de la femme dans la société victorienne, ainsi que le travestissement, en effet, Anna se travestit en Anton pour pouvoir exercer la médecine, se faisant elle s’expose non seulement à l’opprobre de la société mais également à des poursuites pénales assez lourdes. Une autre thématique abordée est la question de savoir jusqu’où on peut aller pour la recherche médicale. J’aurai peut-être apprécié plus de questionnement sur ce sujet qui est abordé de manière assez manichéenne.
Maintenant les éléments qui fâchent…Si j’ai aimé le personnage de Sherlock Holmes, je n’ai pas du tout été convaincu par le duo qu’il forme avec Anna/Anton Kronberg. En effet, le Dr Kronberg se décrit lui-même comme cynique et désabusé au début du roman, ainsi que comme quelqu’un d’extrêmement observateur, doué pour déjouer tout le monde. Or au fil du récit, pourtant fait du point de vue du Dr Kronberg, il perd peu à peu ses traits de caractères, notamment face à Sherlock Holmes, de sorte que le personnage perd en densité au fur et à mesure du récit, et qu’il finit par ne plus être crédible du tout.
Cela est peut-être dû, du moins en partie, à l’écriture. En effet, le récit est fait à la première personne du singulier, sous le point de vue de Anna/Anton Kronberg. Or j’ai trouvé ce point de vue très mal maîtrisé, rendant les réflexion du personnage principal presque enfantine. Un récit plus détaché du personnage aurait sans doute été plus judicieux, en plus cela aurait permis un meilleur équilibre entre Holmes et Kronberg. Sous ce point de vue, on assiste à tous les états d’âmes de Kronberg, tandis que Holmes garde entièrement son panache, c’est très déséquilibré.
Enfin, l’intrigue policière ne m’a pas semblé essentielle au récit, qui clairement tourne beaucoup plus autour de la relation Holmes/Kronberg qu’autour de la résolution d’un crime, la solution étant apportée bien avant la fin du récit, lequel consiste surtout dans l’action des deux personnages principaux.
Bref, une semi-déception pour ma part, et même si je sais qu’il existe un tome 2 je ne suis pas certaine de vouloir le lire.

Les piliers de la Terre, Ken Follet

« Dans l’Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles… et de saintes ruses. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes. »

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Ca faisait un moment que les piliers de la Terre trainait dans ma PAL…mais j’avoue que ce pavé d’un peu plus de mille pages m’effrayait un peu, avec mon emploi du temps compliqué je me disais que je n’aurai jamais le temps de le terminer. Alors j’ai profité des vacances, et il m’a fallu seulement quatre jours pour l’achever ! En effet, malgré le nombre de page, la lecture de ce livre est vraiment simple.

L’histoire est d’abord celle de Tom, un bâtisseur dont le rêve le plus fou est de bâtir une cathédrale, et qui voyage de ville en ville avec sa femme et ses deux enfants. C’est aussi l’histoire de Philip, prieur d’une petite communauté rattaché à Kingsbridge, homme dévoué à Dieu et à la grandeur de ses Eglises. On parle aussi D’Aliena et de son frère Richard, les enfants du comte de Shiring, abandonné à leur sort suite à des manœuvres politiques, On y croise enfin William Hamleigh et Walerand Bigod, respectivement le fils du comte Bartholomew et l’archidiacre du comté. Le tout sur un fond d’Angleterre du XIIème siècle, avec les manipulations et les guerres qui vont avec.

Les piliers de la Terre constituent réellement une fresque historique dans laquelle on suit les même personnages sur 20 ans de leur existence, tandis qu’ils se réunissent peu à peu à Kingsbridge. Historiquement parlant, on sent que l’auteur est documenté, tout m’a paru crédible mais je ne suis pas une connaisseuse de cette période. Le style est simple, et permet une lecture rapide malgré le nombre de pages impressionnant.

Là ou j’ai été un peu plus déçu, c’est sur les personnages. Chacun d’eux est caractérisé par deux ou trois traits de caractère et n’est que très peu approfondi. Ces personnages sont tous extrêmement manichéen avec d’un côté les gentils (Aliena, Philip, Tom) et de l’autre les méchants (Waleran, et William). Les personnages de méchants sont insuffisamment travaillés clairement. Même les personnages de gentils restent assez peu définis.

Bref, une belle rencontre avec Ken Follet et un bon livre pour l’été, maintenant j’en attendais un peu plus je crois, donc une petite pointe de déception quand même.

 

 

 

 

Carnaval, Ray Celestin

« Au coeur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant…
Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche. »

Carnaval4En 1918, la Nouvelle-Orléans a tremblé sous les coups d’un tueur appelé le tueur à la hache, en raison de la manière dont il massacrait ses victimes. Beaucoup de pistes ont été exploré mais jamais personnes n’a pu capturer ce tueur en série qui a fait 6 victimes avant de disparaître.

A partir de ce fait divers, ray Celestin a construit un livre dans lequel il fait s’entremêler la voix de plusieurs personnages. Ida Davis, une jeune métisse bien décidée à devenir détective et accompagnée de son ami, louis Armstrong. Michael Talbot, inspecteur en charge de l’affaire, méprisée par ses collègues pour avoir dénoncer un de ses collègues corrompus, et pour s’être marié en secret à une femme noire. Luca d’Andrea, ancien policier tout juste sorti de prison, condamné en raison du témoignage de Michael. Chacun d’entre eux va enquêter sur les meurtres pour des raisons qui lui sont propres. Chacun d’entre eux va remonter une piste différente.

Ce roman est un petit bijou en matière de roman d’ambiance, il dépeint une Nouvelle Orléans plus vraie que nature, baignée par la musique, et en proie à la menace d’ouragans. Il décrit le début de l’époque de la prohibition, mais également l’époque de la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis, et ce, en s’appuyant sur des personnages racisés. La description historique grouille de détails, et l’ambiance transparaît nettement.

Chacune des pistes suivie par les personnages est crédible et passionnante. Maintenant, je n’ai pas été convaincue par le dénouement, encore une fois. Si l’auteur réussit à créer plusieurs pistes différentes que chaque personnages a le loisir de remonter, ces pistes ne se mélangent pas bien au final, et j’ai trouvé l’explication pour les rejoindre peu convaincante.

En plus de cela, l’explication donné contrevient totalement aux faits historiques de base, à savoir que l’homme à la hache était un tueur en série. D’un point de vue criminologique, les faits sur lesquels s’appuient l’auteur ne pouvaient parvenir à cette conclusion, et le roman perd donc en crédibilité à mes yeux. Dommage, cela n’en reste pas moins un très bon roman d’ambiance documenté avec soin, avec quelques doses de suspens.

A l’ombre de la guillotine, Anne Perry

Le 17 janvier 1793, à Paris, la Convention s’apprête à rendre son verdict quant au sort qui sera réservé au roi.
Célie Laurent, une jeune blanchisseuse, assiste aux débats. Dans la soirée, la sentence de mort est prononcée. Dès lors commence pour un petit groupe de républicains, dont fait partie la jeune femme, une haletante course contre la montre : ils ont quatre jours pour sauver Louis XVI de la guillotine et lui faire quitter le pays afin d’éviter les conséquences dramatiques qu’aurait son exécution sur une France au bord du chaos.
En ces temps troublés, Célie ne devra bientôt compter que sur elle-même pour mener l’évasion royale jusqu’à son terme… Anne Perry, célèbre pour ses  » mystères victoriens « , nous entraîne dans l’atmosphère tumultueuse de la Révolution française pour suivre les aventures d’une héroïne dont le destin croise la trajectoire de l’Histoire.

 

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J’adore le genre des policiers historique, et cela fait un moment que je voulais découvrir Anne Perry, qui a écrit un sacré paquet de romans de ce genre (notamment la série Charlotte et Thomas Pitt). Mais pas question de m’embarquer dans une nouvelle série de 20 tomes tant que je n’aurais pas fini Nicolas le Floch! Alors je me suis penché sur un autre de ses romans, qui se passe sous la révolution française…

Célie Laurent est blanchisseuse chez le citoyen Bernave. En ce mois de janvier 1793, la commune vient de prononcer la condamnation à mort du roi, auquel Bernave a décidé de s’opposer. Il monte alors un plan audacieux pour empêcher le roi de monter sur l’échafaud. Seulement, quelques jours avant l’exécution du roi, Bernave est assassiné chez lui. Le citoyen Menou, membre de la garde nationale, va alors enquêter sur cette mort, tandis que l’évasion du roi semble reposer entièrement sur Célie.

Dans ce roman on suit donc deux intrigues en même temps: l’enquête sur la mort de Bernave, et  le plan pour sauver le roi. L’enquête sur la mort de Bernave est parfaitement réalisé, je n’avais absolument pas vu venir la solution, qui pour autant se tient tout à fait. L’intrigue sur l’évasion du roi m’a paru bien moins réaliste, un peu trop alambiqué.

C’est sans doute dû au fait que généralement les romans historiques s’inspirent d’une époque sans pour autant reprendre les événements marquants. Or ici Anne Perry inscrit son roman entre le vote de la mort du roi par la convention, et l’exécution de celui-ci. Ce sont des événements marquants de l’histoire française, sur lesquels il est sans doute plus difficile de broder. Indéniablement, elle a une excellente connaissance de la période dont elle parle, mais pour autant, j’ai trouvé l’époque historique moins incarné que dans Nicolas Le Floch.

Les personnages, quant à eux, sont tous très biens incarnés, crédibles et intéressant. Mais le rythme du roman m’a semblé assez lent, alors même que les événements se déroulent sur 3 jours seulement, et j’ai mis du temps à vraiment rentrer dans le roman.

Bref, un bon roman policier, un roman historique documenté mais moins bon que ce à quoi je m’attendais, cela reste une bonne première rencontre avec Anne Perry!