Les piliers de la Terre, Ken Follet

« Dans l’Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles… et de saintes ruses. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes. »

Les piliers de la Terre

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Ca faisait un moment que les piliers de la Terre trainait dans ma PAL…mais j’avoue que ce pavé d’un peu plus de mille pages m’effrayait un peu, avec mon emploi du temps compliqué je me disais que je n’aurai jamais le temps de le terminer. Alors j’ai profité des vacances, et il m’a fallu seulement quatre jours pour l’achever ! En effet, malgré le nombre de page, la lecture de ce livre est vraiment simple.

L’histoire est d’abord celle de Tom, un bâtisseur dont le rêve le plus fou est de bâtir une cathédrale, et qui voyage de ville en ville avec sa femme et ses deux enfants. C’est aussi l’histoire de Philip, prieur d’une petite communauté rattaché à Kingsbridge, homme dévoué à Dieu et à la grandeur de ses Eglises. On parle aussi D’Aliena et de son frère Richard, les enfants du comte de Shiring, abandonné à leur sort suite à des manœuvres politiques, On y croise enfin William Hamleigh et Walerand Bigod, respectivement le fils du comte Bartholomew et l’archidiacre du comté. Le tout sur un fond d’Angleterre du XIIème siècle, avec les manipulations et les guerres qui vont avec.

Les piliers de la Terre constituent réellement une fresque historique dans laquelle on suit les même personnages sur 20 ans de leur existence, tandis qu’ils se réunissent peu à peu à Kingsbridge. Historiquement parlant, on sent que l’auteur est documenté, tout m’a paru crédible mais je ne suis pas une connaisseuse de cette période. Le style est simple, et permet une lecture rapide malgré le nombre de pages impressionnant.

Là ou j’ai été un peu plus déçu, c’est sur les personnages. Chacun d’eux est caractérisé par deux ou trois traits de caractère et n’est que très peu approfondi. Ces personnages sont tous extrêmement manichéen avec d’un côté les gentils (Aliena, Philip, Tom) et de l’autre les méchants (Waleran, et William). Les personnages de méchants sont insuffisamment travaillés clairement. Même les personnages de gentils restent assez peu définis.

Bref, une belle rencontre avec Ken Follet et un bon livre pour l’été, maintenant j’en attendais un peu plus je crois, donc une petite pointe de déception quand même.

 

 

 

 

Carnaval, Ray Celestin

« Au coeur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant…
Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche. »

Carnaval4En 1918, la Nouvelle-Orléans a tremblé sous les coups d’un tueur appelé le tueur à la hache, en raison de la manière dont il massacrait ses victimes. Beaucoup de pistes ont été exploré mais jamais personnes n’a pu capturer ce tueur en série qui a fait 6 victimes avant de disparaître.

A partir de ce fait divers, ray Celestin a construit un livre dans lequel il fait s’entremêler la voix de plusieurs personnages. Ida Davis, une jeune métisse bien décidée à devenir détective et accompagnée de son ami, louis Armstrong. Michael Talbot, inspecteur en charge de l’affaire, méprisée par ses collègues pour avoir dénoncer un de ses collègues corrompus, et pour s’être marié en secret à une femme noire. Luca d’Andrea, ancien policier tout juste sorti de prison, condamné en raison du témoignage de Michael. Chacun d’entre eux va enquêter sur les meurtres pour des raisons qui lui sont propres. Chacun d’entre eux va remonter une piste différente.

Ce roman est un petit bijou en matière de roman d’ambiance, il dépeint une Nouvelle Orléans plus vraie que nature, baignée par la musique, et en proie à la menace d’ouragans. Il décrit le début de l’époque de la prohibition, mais également l’époque de la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis, et ce, en s’appuyant sur des personnages racisés. La description historique grouille de détails, et l’ambiance transparaît nettement.

Chacune des pistes suivie par les personnages est crédible et passionnante. Maintenant, je n’ai pas été convaincue par le dénouement, encore une fois. Si l’auteur réussit à créer plusieurs pistes différentes que chaque personnages a le loisir de remonter, ces pistes ne se mélangent pas bien au final, et j’ai trouvé l’explication pour les rejoindre peu convaincante.

En plus de cela, l’explication donné contrevient totalement aux faits historiques de base, à savoir que l’homme à la hache était un tueur en série. D’un point de vue criminologique, les faits sur lesquels s’appuient l’auteur ne pouvaient parvenir à cette conclusion, et le roman perd donc en crédibilité à mes yeux. Dommage, cela n’en reste pas moins un très bon roman d’ambiance documenté avec soin, avec quelques doses de suspens.

A l’ombre de la guillotine, Anne Perry

Le 17 janvier 1793, à Paris, la Convention s’apprête à rendre son verdict quant au sort qui sera réservé au roi.
Célie Laurent, une jeune blanchisseuse, assiste aux débats. Dans la soirée, la sentence de mort est prononcée. Dès lors commence pour un petit groupe de républicains, dont fait partie la jeune femme, une haletante course contre la montre : ils ont quatre jours pour sauver Louis XVI de la guillotine et lui faire quitter le pays afin d’éviter les conséquences dramatiques qu’aurait son exécution sur une France au bord du chaos.
En ces temps troublés, Célie ne devra bientôt compter que sur elle-même pour mener l’évasion royale jusqu’à son terme… Anne Perry, célèbre pour ses  » mystères victoriens « , nous entraîne dans l’atmosphère tumultueuse de la Révolution française pour suivre les aventures d’une héroïne dont le destin croise la trajectoire de l’Histoire.

 

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J’adore le genre des policiers historique, et cela fait un moment que je voulais découvrir Anne Perry, qui a écrit un sacré paquet de romans de ce genre (notamment la série Charlotte et Thomas Pitt). Mais pas question de m’embarquer dans une nouvelle série de 20 tomes tant que je n’aurais pas fini Nicolas le Floch! Alors je me suis penché sur un autre de ses romans, qui se passe sous la révolution française…

Célie Laurent est blanchisseuse chez le citoyen Bernave. En ce mois de janvier 1793, la commune vient de prononcer la condamnation à mort du roi, auquel Bernave a décidé de s’opposer. Il monte alors un plan audacieux pour empêcher le roi de monter sur l’échafaud. Seulement, quelques jours avant l’exécution du roi, Bernave est assassiné chez lui. Le citoyen Menou, membre de la garde nationale, va alors enquêter sur cette mort, tandis que l’évasion du roi semble reposer entièrement sur Célie.

Dans ce roman on suit donc deux intrigues en même temps: l’enquête sur la mort de Bernave, et  le plan pour sauver le roi. L’enquête sur la mort de Bernave est parfaitement réalisé, je n’avais absolument pas vu venir la solution, qui pour autant se tient tout à fait. L’intrigue sur l’évasion du roi m’a paru bien moins réaliste, un peu trop alambiqué.

C’est sans doute dû au fait que généralement les romans historiques s’inspirent d’une époque sans pour autant reprendre les événements marquants. Or ici Anne Perry inscrit son roman entre le vote de la mort du roi par la convention, et l’exécution de celui-ci. Ce sont des événements marquants de l’histoire française, sur lesquels il est sans doute plus difficile de broder. Indéniablement, elle a une excellente connaissance de la période dont elle parle, mais pour autant, j’ai trouvé l’époque historique moins incarné que dans Nicolas Le Floch.

Les personnages, quant à eux, sont tous très biens incarnés, crédibles et intéressant. Mais le rythme du roman m’a semblé assez lent, alors même que les événements se déroulent sur 3 jours seulement, et j’ai mis du temps à vraiment rentrer dans le roman.

Bref, un bon roman policier, un roman historique documenté mais moins bon que ce à quoi je m’attendais, cela reste une bonne première rencontre avec Anne Perry!

La maison du Cap, Françoise Bourdon

« 1849. Léonie, fille de modestes résiniers, grandit blessée par le désamour de sa mère, qui, un jour, lui assène : « Tu n’es pas faite pour le bonheur, tout comme ta dernière fille. ». Elle deviendra ramasseuse de sangsues. Sa benjamine, Margot, refuse cette existence de labeur et de honte : à elle la Ville d’Hiver, à elle le choix d’une autre vie. Par amour, un homme bâtira pour elle la Maison du Cap…
Se poursuit au fil des décennies et des tumultes de l’histoire une grande saga d’héroïnes : Charlotte la photographe, Dorothée l’aviatrice, Violette la résistante. De génération en génération, elles perpétuent une lignée de femmes fortes et ardentes…
La Maison du Cap demeurera un refuge pour Margot et ses héritières, et le bonheur, une quête ardue, dans une société toujours corsetée. »

 

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Repérée sur la blogosphère ce roman, sensée être un roman du terroir sur le bassin d’Arcachon, m’avait tentée. Aussitôt reçu aussitôt lu, il n’a pas eu le temps de moisir dans ma PAL!

L’histoire est celle de Léonie en 1849, une fille de résinière très pauvre, habitée par la haine de sa mère, et qui élève tant bien que mal ses trois enfants, Margot, Germain et Marie. Puis l’histoire sera celle de Margot, cette enfant née dans la pauvreté et qui n’aspirera qu’à s’élever dans la hiérarchie sociale et à contrôler la Ville d’Hiver, l’un des beau quartier d’Arcachon. On suivra ensuite l’histoire de sa fille, puis de sa petite-fille jusqu’en 1947.

L’angle de vue est intéressant: l’auteur, via des chapitres courts qui commencent tous par la date, avec nombre d’ellipses temporelles, va suivre Léonie, Margot et ses descendantes. Les héroïnes présentées sont des femmes fortes, indépendantes les unes des autres, indépendantes des hommes aussi, à une époque ou cette indépendance était rare et mal-vue. J’ai beaucoup aimé ces héroïnes, qui sont attachantes.

Pour autant, je ne suis pas totalement convaincue par cette lecture. D’une part parce que les ellipses temporelles dont se sert l’auteur ont une forte tendance à diminuer la portée du récit. En effet, cela permet presque systématiquement d’échapper aux scènes d’émotions, aux drames. D’autre part, contrairement à ce qui est annoncé, ce roman n’est certainement pas un roman du terroir. Il n’y a presque aucune description du bassin d’Arcachon tout au long de ce roman, tout juste si des noms de lieux sont régulièrement cités. Certes l’auteur s’est renseigné sur le coin, on le ressent, mais c’est insuffisant à réellement nous transporter sur le bassin.

De plus, l’auteur a cherché à écrire un roman historique, mais clairement elle s’est trop peu documentée, la période historique est très peu décrite, et nous ne sommes pas plus transporté en 1849 que nous sommes transportés sur le bassin. Enfin, il faut bien avouer que le style de l’auteur, s’il est fluide, n’est clairement pas sensationnel.

Bref, une vraie lecture en demi-teinte pour moi: j’ai beaucoup aimé les héroïnes, le concept de suivre une femme, sa fille, la fille de celle ci, … est intéressant, quoique à mon avis, l’auteur aurait dû s’arrêter un peu avant (les dernières héroïnes se ressemblent beaucoup). Par contre je suis vraiment déçue par l’ambiance, qui ne transporte ni au XIX ème siècle, ni sur le bassin d’Arcachon.

Clairement, une lecture facile et pas inoubliable, mais sympathique entre deux livres plus consistants!!

Le crime de l’hôtel Saint-Florentin, JF Parot

« Nicolas Le Floch traverse une période difficile : Louis XV est mort et Sartine quitte ses fonctions de Lieutenant Général de Police pour rejoindre celles de Secrétaire d’Etat à la Marine.
Désormais sous les ordres d’un certain Le Noir, Nicolas doit enquêter sur un crime commis à l’Hôtel de M. de Saint-Florentin, ministre du nouveau Roi.
Sa quête va le conduire à Paris, hors les murs, chez des éleveurs de bestiaux, et à Versailles, où il assurera sa position auprès de Louis XVI.
Fiacre fantôme, meurtres en série, étonnante arme du crime ponctuent cette aventure où se mêlent l’argent, la débauche, l’espionnage et toutes les folies d’une jeune Cour où perdurent rivalités et affrontements anciens. »

 

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Et comme chaque mois, voici le tome 5 des aventures de Nicolas Le Floch!

Le commissaire au Châtelet traverse une période difficile: Louis XV est mort, et son chef, ce très cher Sartine, a quitté ses fonctions pour devenir ministre, de sorte que Nicolas doit composer avec un nouveau chef, Le Noir, qui semble ne pas lui faire confiance, et l’exclut des enquêtes.

Mais voilà que M. De la Vrillère, l’un des ministres du roi, fait directement appel à lui pour résoudre un meurtre commis dans sa demeure: Marguerite Pindron, femme de chambre, vient d’être assassinée. A ses côtés, on a retrouvé le maître d’hôtel, grièvement blessé. A-t-il tué sa maîtresse avant de tenter de se suicider? Tout l’indique, pourtant la blessure de Marguerite semble des plus atypiques. De plus, bientôt on retrouve d’autres jeunes filles, tuées de la même manière.

Voilà un excellent cru des aventures de mon commissaire du Châtelet préféré! Comme toujours on retrouve les mêmes personnages, qui évoluent et vieillissent au fur et à mesure des livres: Nicolas, Bourdeau, Noblecourt, …J’étais inquiète que Sartine disparaisse vu qu’il quitte ses fonction de lieutenant général de police, mais l’homme aux perruques continue à faire quelques (trop) brèves apparitions. On rencontre aussi Louis, fils naturel de Nicolas avec La Satin, un personnage un peu perdu de vue, et dont je n’ai pas tellement aimé le traitement même s’il se justifie. On rencontre aussi Aimée d’Arranet, une jeune fille qui va probablement repparaître dans les prochains tomes…

En plus de suivre ces personnages tellement bien dépeints, on suit la fin du XVIII ème siècle, chez différentes couches de la population. On approche de près Louis XVI et Marie-Antoinette, ces jeunes souverains pas suffisamment formé pour gouverner, spécialement en temps de crise. on entend aussi le peuple gronder, et Bourdeau se fait l’écho de la colère du peuple devant les dépenses royales, et des lumières des philosophes qui se répandent… On suit aussi les mœurs libertines de l’époque, notamment avec Nicolas qui reconnaît son fils naturel, et a des relations avec une autre femme, mais sans être marié, à 34 ans…L’ambiance de l’époque est fidèlement retranscrite, de manière très complète.

Comme souvent, l’enquête policière passe un peu au second plan, mais pour autant je l’ai trouvé plus crédible que les précédentes enquêtes, et assez bien travaillé. Ce n’est pas le principal intérêt de ces livres, aussi ce n’est pas grave si j’avais déjà deviné l’assassin avant le dénouement, ce dénouement est finalement tout indiqué.

Bref, un excellent roman historique, encore une fois, dont le pan policier est plutôt intéressant. Vivement le mois prochain pour lire le tome suivant, Le sang des farines!

L’affaire Nicolas Le Floch, JF Parot

« En ce mois de Janvier 1774, Nicolas Le Floch, le célébre Commissaire au Châtelet, est d’humeur sombre. Sa maîtresse, la belle et capricieuse Julie de Lastérieux, est retrouvée empoisonnée et tous les indices le désignent comme coupable.
Qui cherche à compromettre le protégé du Roi et du Lieutenant Général Sartine?
Pour prouver son innocence et démêler les écheveaux de cette affaire qui met directement en péril la sureté de l’Etat, Nicolas doit se cacher.
Au service du Secret du Roi, il découvrira les cruelles subtilités des complots de Cour. Avec l’aide du fidèle Inspecteur Bourdeau, tandis qu’entre Londres, Versailles et Paris les factions rivales s’affrontent, il devra déjouer bien des pièges.
Après « Le Fantôme de la Rue Royale », c’est avec le même plaisir que nous retrouvons l’intrépide et talentueux Nicolas Le Floch dans une aventure sur fond de fin de règne, alors que la colère du peuple commence à gronder. »

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Et voici ma quatrième rencontre avec ce cher Nicolas Le Floch, inspecteur au Chatelet en 1774.

La belle Julie De Lastérieux, maîtresse de Nicolas, vient d’être assassinée, au cours d’une soirée ou elle s’est ouvertement disputée avec son amant…Tout semble concourir à accuser le commissaire du Chatelet, heureusement il conserve la confiance de ses amis, de son chef Sartine, et de son roi. Pour autant, il semble qu’il se soit fait des ennemi haut-placés, et déterminés à le faire tomber, surtout lorsque Louis XV lui confie une mission secrète à Londres.

Disons le, JF Parot n’a pas son pareil pour décrire le Paris de la fin du XVIII ème siècle, plus vivant que jamais. La restitution historique est impressionnante de détails, est paraît tellement vrai,  tellement vivante, un vrai plaisir! Dans ce tome, nous continuons à explorer les rues de Paris, l’Eglise de Notre-Dame surtout, mais nous avons aussi le plaisir de faire un détour londonien, qui bien que court, est un agréable changement dans la routine des enquêtes de notre commissaire. De plus, nous assistons à un changement de règne, et j’ai eu de la peine de perdre Louis XV.

Mais si le cadre descriptif est assurément le point fort du roman, l’enquête policière ne m’a pas convaincue. Avec Parot, il semble que j’aime une enquête sur deux qu’il fait vivre à ses personnages: J’ai aimé L’énigme des blancs Manteaux, puis ai été déçue par L’homme au ventre de plomb, avant d’aimer Le fantôme de la rue royale. Cette fois encore, je suis passée à côté du versant policier de l’intrigue, qui est moins exploité dans ce volume, pour se consacrer au jeu politique et à la description de la fin de règne de Louis XV. L’intrigue m’a parue brouillon, assez peu convaincante dans ses justifications, et le dénouement ne m’a pas emballé.

Bref, encore une belle rencontre avec Nicolas Le Floch et tous les truculents personnages secondaires qui peuplent cette saga (Sartine et ses perruques, Bourdeau, Noblecourt, Semacgus, Samson,…). Le versant historique de cette saga est vraiment exceptionnel, même si j’aime moins le côté policier.

Les Borgia, Alexandre Dumas

« Ce roman est issu des Crimes célèbres d’Alexandre Dumas (1839-1840), l’un des premiers recueils de Dumas. Modèle du Prince de Machiavel (l’une des lectures de Dumas), César Borgia, fils du pape Alexandre VI, étend sa puissance sur Rome. Tous les moyens sont bons pour écarter ennemis et rivaux. Ses crimes n’auront aucune limite, puisqu’il va jusqu’à éliminer, par le poison ou les armes, les membres de sa propre famille : son frère aîné Francesco, les maris de sa soeur Lucrèce et les maîtresses qui eurent le malheur de se laisser attirer par son pouvoir et de partager son lit. Le poison qu’il verse finira cependant par se retourner contre lui…
Écrivant cette sanglante histoire, Dumas revient à la voluptueuse et cruelle Renaissance, cadre de son premier triomphe théâtral, Henri III et sa cour (1829). »

 

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En général, j’ai un peu de mal avec les grands classiques, et avec Alexandre Dumas en particulier, dont je n’ai pas aimé les 3 mousquetaires. Alors, j’ai cherché à relire Dumas, mais avec une oeuvre de jeunesses, écrites avant ses grands succès, et plus courtes, moins de 300 pages!

Dumas s’attache ici à retracer le parcours de la famille Borgia, et plus précisément de César Borgia, fils du pape Alexandre VI et modèle dont Machiavel s’est inspiré pour écrire Le prince. On retrace donc ici le parcours d’un stratège avide de pouvoir, à son apogée, entre 1492, date d’élection de Rodrigue Borgia comme pape, et 1504, date de sa mort.

 

Les Borgia sont connus comme étant une des familles les plus dévoyées de la renaissance: inceste, poisons,…Il y avait, sur ce sujet de quoi écrire un roman passionnant retraçant cette quête de pouvoir inouïe. mais ce n’est pas cela que nous sert Dumas, il s’agit plutôt ici d’un compte rendu très historique des campagnes militaires italienne à la fin du XVéme siècle.

Effectivement, moi qui ne connaissait absoluement rien au sujet, j’ai appris beaucoup  de choses sur ces campagnes italiennes…Mais le roman, bien que très court, est très difficile à lire, très peu romancée, avec beaucoup de noms italiens de sorte qu’il est difficile de se rappeler qui-est-qui. J’ai littéralement compté les pages pour réussir à finir ce livre.

J’aurai préféré que l’auteur se concentre plus sur la famille Borgia que sur les conquêtes militaires qu’elle a réalisée.  Cesar Borgia semble réellement un personnages captivant: fils d’un pape, entretenant des relations incestueuses avec sa soeur Lucrèce, il fait assassiner son frère, et bien d’autres dans sa quête effrénée de pouvoir.

Bref, une déception pour moi, encore un rendez vous manqué avec Dumas!

Le fantôme de la rue royale, JF Parot

« Les précédents succès de Nicolas Le Floch, protégé du Lieutenant de Police Sartine, agacent. On veut le mettre à l’écart.
Mais, alors que Paris célèbre le mariage du Dauphin par un feu d’artifice sur la Place Louis-XV, c’est la catastrophe : des carosses renversés, des centaines de victimes écrassées…
Notre tout jeune Commissaire de Police au Châtelet reprend du service. Au milieu des cadavres, une jeune femme tient serrée dans sa main une perle noire. Est-elle morte étouffée…ou étranglée? »

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1770,le dauphin, futur Louis XVI, se marie avec Marie-Antoinette et de grande fêtes sont organisées pour l’occasion. Mais pendant l’une de ces fêtes, des failles dans la sécurité conduisent à ce que plusieurs centaines de parisiens meurent écrasés sur la place Louis XV. Nicolas Le Floch, commissaire au Chatelet, aide à secourir les victimes, et repère parmi elles le corps d’une jeune fille qui ne semble pas avoir été écrasé mais étranglé.

Ce corps conduit Nicolas à enquêter sur la famille  Galaine, famille de marchands parisien bien peu ordinaire puisqu’ils hébèrgent un sauvage du Canada, et une servante qui semble possédée…

 

Troisième opus des enquêtes de Nicolas le Floch, Le fantôme de la rue royale ne m’a pas déçu! On retrouve ici les personnages récurrents des enquêtes précédentes: Nicolas, Sartine, Noblecourt, Bourdeau,… mais 9 ans après l’enquête précédente.

Il est agréable de circuler avec Nicolas au coeur du XVIII émé siècle, et dans chaque tome d’examiner différents éléments de la vie de l’époque. Cette fois, nous nous plongeons chez une famille de marchands, les Galaine, ce qui permet à l’auteur d’aborder les rapports de la France et du Canada, ainsi que les possessions démoniaques. Certains éléments passent en effet du côté surnaturels, chose que je n’ai pas tellement apprécié.

En définitive les enquêtes de Nicolas le Floch, loin d’être d’un suspens halletant, nous promettent une virée agréable dans le paris du XVIII émé siècle très bien réscucitée. pour autant, j’ai bien aimé cette enquête, mieux construite à mon goût que la précédente.

 

 

 

L’homme au ventre de plomb, JF Parot

« Fin de l’année 1761 : la guerre de Sept Ans prend une tournure de plus en plus désastreuse, l’expulsion des jésuites est en discussion et la marquise de Pompadour vit ses derniers temps de faveur. Nous retrouvons Nicolas Le Floch à la première des Paladins de Rameau à l’Opéra, à laquelle assiste Madame Adélaïde, une des filles de Louis XV. Durant la représentation, le comte et la comtesse de Ruissec, qui accompagnaient la princesse, sont informés du suicide de leur fils, et Nicolas suit son maître Sartine jusqu’à l’hôtel des malheureux parents, où il va faire de bien curieuses constatations. Nicolas découvre bientôt que ces meurtres paraissent liés à un complot jésuite. Mais ne s’agit-il pas là de fausses apparences, d’une manipulation compliquée des divers partis qui s’affrontent secrètement à la Cour. »

 

 

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Et voici ma deuxième rencontre avec Nicolas Le Floch, ce jeune inspecteur parisien du XVIII émé siècle. Cette fois, ce n’est plus aux bourgeois et aux prostituées que Nicolas va devoir s’intéresser, mais aux nobles et à leurs intrigues.

En effet, le vicomte de Ruissec, fils de deux proches de Madame Adélaïde, fille de Louis XV, semble s’être suicidée. Nicolas est dépéché sur l’enquête, mais des intrigues politiques vont chercher à empêcher l’enquête, et de nouveaux crimes vont se produire.

Quel plaisir de retrouver Nicolas Le Floch et les autres personnages de Parot: Sartine, Noblecourt, Bourdeau, Semacgus,… J’ai été pour le moins ravie de me plonger de nouveau dans le paris du XVIII émé siècle, avec ses intrigues. Le style d’écriture est toujours aussi agréable, les personnages toujours aussi bien rendus et le Paris du XVIII émé siècle est toujours aussi bien maîtrisé par Parot.

Cependant, là ou le bas blesse, c’est l’intrigue policière. Contrairement au précédent volume ou l’intrigue policière était parfaitement menée, cette fois l’intrigue semble un peu trop alambiquée, confuse. j’ai parfois eu du mal à suivre les différents développements de l’enquête, qui me paraissaient peu logique, et la résolution de l’enquête ne m’a qu’en partie convaincue.

Cependant, je continue à apprécier les enquêtes de Parot et je lirai sans aucun doute le prochain volume des enquêtes de Nicolas Le Floch!

L’énigme des Blancs-Manteaux, Jean-François Parot

« 1761. Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour se mettre au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Nicolas prend vite du galon. Le voilà plongé dans une ténébreuse affaire. Meurtres, vols, corruption : secondé par l’inspecteur Bourdeau, il dénouera peu à peu les fils de cette enquête, qui touche de près le roi et la Pompadour… »

 

l'enigme des blancs manteaux

 

En 1761, Nicolas le Floch,un jeune clerc de notaire breton sans famille et sans noblesse, arrive sur Paris et entre dans la police sous les ordres direct de M. Sartine, lieutenant général de la police.

On l’envoie vivre chez le commissaire Lardin, qui par la suite disparaît. Les corps s’accumulent, et l’enquête est confié à Nicolas, enquête d’autant plus importante que le roi y est mêlé…

 

les enquêtes de Nicolas le Floch sont une série de romans sur le Paris du XVIII émé siècle qui comprend au moins 10 volumes. Dans ce premier tome, on fait la connaissance de Nicolas, un jeune enquêteur rusé et attachant, et d’une galerie de personnages qui nous permettent un regard sur le Paris bourgeois de l’époque. On rencontre ici un commissaire de police, sa femme et sa fille, des médecins qui se battent quand à l’usage de la saignée, un bourreau qui s’improvise expert en médecine légal, et aussi des prostituées, des voyous,…

Le roman nous immerge totalement dans l’ambiance de l’époque, avec une excellente connaissance par JF Parot de son sujet, jusqu’à nous détailler les différentes recettes goutés par les personnages.

L’enquête est également bien ficelée, même si la scène de résolution finale ne me convainc pas pleinement, l’enquête sait installer un certain suspens, avec un certain nombre de rebondissements. De plus, l’auteur nous donne une vision assez claire des moyens d’investigations de l’époque, sans tous nos moyens modernes.

Bref, un excellent roman, j’ai d’ailleurs l’intention de commencer le tome 2 des enquêtes de Nicolas le Floch immédiatement!