Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

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Scout a 8 ans, elle vit à Maycomb, dans l’Alabama, avec son grand frère, Jem, et son père, Atticus. Ses journées se passent à espionner Boo Radley, le voisin qui ne sort jamais de chez lui, à découvrir l’école. Mais un jour, Atticus, qui est avocat, est commis d’office à la défense de Tom Robinson, un noir accusé d’avoir violé Mayella Ewell, une adolescente pauvre. Pour ce crime, il risque la peine de mort dans les années 30 aux Etats-Unis, en pleine ségrégation. Même s’il clame qu’il ne l’a pas touché.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un grand roman, qui a d’ailleurs reçu le prix Pullitzer lors de sa sortie en 1962.

La force de ce roman est qu’il est raconté par les yeux d’une enfant de 8 ans, mais sans jamais nous prendre nous même pour des enfants, y sont abordées des questions telles que le viol, le racisme, la justice, la pauvreté,… En plus de cela, si l’on remet ce livre dans le contexte des années 60 pendant lesquelles il est paru, la liberté de ton, et la façon d’aborder les choses est tout à fait extraordinaire. Probablement pour cela que c’est la deuxième fois que je lis ce livre en moins de deux ans.

Scout s’interroge sur son monde, et ce faisant, elle nous interroge sur notre monde, qui n’est pas si différent du sien.

Il y a aussi une portée métaphorique importante dans ce livre, les oiseaux moqueurs ce sont Boo Radley, et Tom Robinson, des innocents que la population ne comprend pas, à cause de ses préjugés, et qui sont jugés, pas juste par le tribunal, mais surtout par la population. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est alors une leçon d’ouverture d’esprit, et d’acceptation de l’autre. Cela est évidemment porté par tous les personnages positifs du livre, mais surtout par Atticus, ce père célibataire qui éduque seul ses deux enfants dans les années 60. Vu par les yeux de sa fille Atticus semble un être absolument parfait, emprunt de droiture et de justice.

Récemment un second livre est paru, dans lequel Harper Lee dépeint une Scout jeune femme, en opposition à son père. J’ai hâte de le lire, même si j’ai un peu peur d’écorner ma vision idéalisée d’Atticus.

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Les heures souterraines, Delphine de Vigan

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Mathilde a 40 ans, vit dans un bel appartement parisien, seule avec ses trois enfants, et travaille dans une grande société, la même depuis 8 ans. Mais depuis quelques mois, il lui est difficile d’aller au travail. Ce sont des petits riens, beaucoup de petits riens, orchestrés par Jacques, son patron. Petit à petit, elle a perdu toutes ses responsabilités, et le travail est devenu un enfer, sans mots, insidieusement.

Thibault est médecin pour les urgences de Paris. Tous les jours, il parcourt la ville dans sa voiture pour porter secours à ces parisiens, contempler toute la misère qui anime la ville. Il assiste les petites maladies du quotidien, et les choses plus graves aussi, la solitude, la folie. Il est amoureux d’une femme qui ne l’aime pas en retour.

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De Delphine de Vigan, j’avais déjà lu Rien ne s’oppose à la nuit, et Jours sans Faim, deux romans autobiographique. Avec Les heures souterraines, c’est un roman parfaitement nouveau que je découvre.

Ce roman, c’est celui de la solitude, des gens abimés, de l’oppression. On va suivre pendant 24h deux personnages qui vivent une très grande solitude, et qui étouffent.

Evidemment, l’écriture de Delphine De Vigan est absolument splendide, tout est ciselé, chaque mot sonne parfaitement juste. Sa plume est ici à vif, chaque mot est fait pour oppresser le lecteur. Ce court livre de 240 pages m’a littéralement bloqué la respiration, fait ressentir toute la douleur des personnages, toute leur solitude. Paris apparaît sous un jours froid et lugubre.

On parle ici de dépression, bien sur, bien que le mot ne soit jamais prononcé. Le personnage de Mathilde souffre clairement d’une dépression, laquelle est abordée avec des mots très juste. On rend compte ici de la fatigue qui empêche de se lever, du cafard qui empêche de sourire. Autre thème abordé, le harcèlement au travail. Ici aussi, beaucoup de justesse, des petits riens qui s’accumulent, et s’accumulent encore, jusqu’à ce que Mathilde se retrouve isolée dans un bureau vide à côté des toilettes.

Il est également question de solitude, et de dépendance amoureuse avec le personnage de Thibault. J’admet que cet axe m’a moins intéressés, j’ai trouvé que c’était moins travaillé, et que cela était abordé trop superficiellement.

Il ne se passe pas grand chose dans ce livre, on découvre seulement deux personnages qui luttent pour ne pas sombrer, pour rester du côté des vivants. Alors la lecture est difficile, elle fait mal au cœur, mais c’est juste très beau.

« Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s’effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants.« 

 

 

 

 

Rien n’est trop beau, Rona Jaffe

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New-York, 1952, des jeunes filles, à peines une vingtaine d’année, travaillent pour les éditions Fabian, comme dactylo principalement. Caroline, abandonnée par son fiancé, et qui se jette à corps perdu dans son travail. Mary Agnès, qui attend avec impatience son mariage avec Bill, son fiancé. Barbara, jeune mère divorcée d’une enfant de deux ans.  April, jeune provinciale venue à New-York pour devenir comédienne. Gregg, également comédienne. Toutes cherchent l’amour, et se croisent au travail.

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Rona Jaffe a écrit ce livre en 1958, et ce roman a immédiatement suscité l’engouement de très nombreux lecteurs, puis fut adapté en film.

On rencontre cinq jeunes femmes, venu travailler à New York, et prêtes à tout pour trouver l’amour, se marier, avoir des enfants, et arrêter de travailler. Evidemment, aujourd’hui les mentalités ont quelque peu changés, et les rêves et problèmes de ces jeunes filles de 22 ans cherchant absolument à se marier ne sont pas les miens. Cela fait de ce livre un témoignage de l’époque assez réaliste. C’est également un roman audacieux pour l’époque, ou l’auteur aborde de front des questions telles que l’avortement, l’ambition d’une femme, le harcèlement au travail, le statut des divorcées, ou encore la sexualité.

En tant que roman, je ne suis qu’à demi convaincue. En effet, on suit cinq jeunes filles, chaque chapitre étant consacré à l’une d’elles. Mais toutes n’ont pas la même importance dans le roman, de sorte que certaines des filles m’ont laissés totalement indifférentes. Il aurait été mieux d’en enlever une ou deux afin de creuser plus profondément leur personnalités. D’autant plus que dès que l’une des filles se case, elle cesse de venir au bureau, et d’apparaître dans la narration. L’auteur, tout comme les mentalités de l’époque, semble penser qu’une femme a achevé sa vie lorsqu’elle trouve un mari.

Pour autant, le livre se lit bien, le style est fluide et agréable, et j’ai beaucoup apprécié la fin, en demi-teinte pour l’une des héroïnes. Mais je suis à peu près convaincu que j’aurai tout oublié d’ici une semaine.

« Pour ceux que le présent favorise, il est facile d’oublier le passé, même si on y parvient jamais tout à fait. lorsque l’hiver arrive le printemps ne représente plus qu’un vague souvenir évoqué avec nostalgie : l’hiver qui s’installe réclame aussitôt toute votre énergie. Si le printemps devait disparaître sans que rien ne vienne le remplacer, on vivrait à jamais avec des souvenirs du passé. On peut parfois en dire autant de l’amour, mais pas toujours.« 

D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère

Je reviens après une absence un peu trop longue, vous parler d’un livre absolument sublime, qui m’a marqué comme peu de livres le font, et dont je ressort époustouflée, vraiment.

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En décembre 2004, Emmanuel Carrère est au Sri Lanka lorsque survient le terrible tsunami qui fera de très nombreux morts, dont Juliette, une enfant de 4 ans, fille d’un couple français, désespérés. Juste après, il assiste au décès d’une autre Juliette, sa belle-sœur, une jeune femme de 33 ans, juge d’instance au tribunal de Viennes, mariée et mère de 3 filles. Après ces décès, il va être confronté à l’amitié profonde qui unissait la juge à un de ses collègues, tous deux étant boiteux, tous deux juges au tribunal d’instance. C’est leur histoire, qu’Emmanuel Carrère a choisi de raconter.

Rarement, voir jamais, une histoire n’avait raisonné à mes oreilles avec autant de justesse, rarement je ne m’étais autant reconnu, tant dans l’auteur que dans ses personnages. Toutes les thématiques qui me sont chères, ou presque, sont abordés, et le sont bien: le handicap, la maladie, la mort, la justice, la famille, l’amour,…L’image des juges boiteux se battant dans des affaires de surendettement me touche immensément. Et, juridiquement, tout est extrêmement juste, ce qui ne gâche rien.

Je suis ressortie de ce livre en me disant que si j’arrivais à écrire un livre et que celui ci touchait quelqu’un de la manière dont ce livre m’a touché, j’aurais réussi ma vie. Ce livre est un chef d’œuvre, je vais probablement lire tous les autres livres d’Emmanuel Carrère à sa suite.

Bref, un coup de cœur absolu !

 

L’abolition, Robert Badinter

« Robert Badinter est sans doute le mieux placé pour écrire ce livre. Il livre un passionnant point de vue, son regard sur l’époque, sur les réactions de l’opinion et des autres hommes politiques. Sur la machine judiciaire également. Le livre reprend la chronologie de l’affaire Patrick Henri. Du jour où on lui a demandé d’être l’un des deux avocats jusqu’au procès, Robert Badinter a pensé en ces termes à sa plaidoirie: « Guillotiner, ce n’est rien d’autre que prendre un homme et le couper, vivant, en deux morceaux« . »

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Le 18 septembre 1981, Robert Badinter, alors ministre de la justice, a fait abolir la peine de mort en France. Cet événement historique résulte d’un long combat de Robert Badinter, combat qui débute avec l’exécution de Roger Bontems, dont Badinter était l’avocat et qui assistera à son exécution. Après cela, Badinter va se jeter à corps perdu dans le combat contre la peine de mort, du procès de Patrick Henry au ministère de la justice en passant par 6 autre procès de condamnés à mort. C’est cela que ce livre retrace.

J’ai une très forte admiration pour Badinter dont le combat nous a permis de vivre dans un monde ou la justice ne tue plus, ne coupe plus d’homme en deux, du moins plus en France. L’abolition est le troisième livre que je lis de lui, et il retrace les événements avec beaucoup de fluidité, un très beau style. De plus, ce livre analyse biens les rouages de la peine de mort, cette pulsion de mort des citoyens, cette loi du talion qui puni celui qui a tué en le tuant.

Bref, un très beau récit sur la peine de mort et son abolition, je n’ai pas grand chose d’autre à en dire.

 

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

« « Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »
Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour. »

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J’ai un problème avec ces romans qui ont tellement de prix, tellement de critiques fantasmagoriques qu’on en attend forcément plus que ce qu’ils peuvent nous donner. Ca a été un peu le cas pour réparer les vivants, qui en plus a été lu dans un mauvais timing: j’avais encore en tête le style de Rosa Montero dans L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, et quoique le style de Maylis de Kerangal soit agréable, cela n’égale pas Rosa Montero à mes yeux.

L’histoire est celle de Simon, un jeune homme, presque un adolescent encore, de tout juste 20 ans. Simon a des parents, Sean et Marianne, lesquelles ne vivent plus ensemble. Il a aussi une petite sœur, Lou, et une petite amie, Juliette. Et puis il y a le surf, et les deux copains avec qui il pratique le surf. un jour, en revenant d’une séance de surf, les garçons ont un accident de voiture, la tête de Simon s’encastre dans le pare-brise, il est déclaré en mort cérébrale, ses organes vont être donnés.

Il s’agit de l’histoire d’une transplantation, histoire en 24h, entre l’accident et la transplantation, dans un style très plaisant.

 » Après quoi, le temps change de nature, il reprend forme. Ou plutôt il prend exactement la forme de l’attente: il se creuse et se tend. Désormais les heures n’ont d’autres usages que d’être disponibles, que l’événement de la greffe puisse y surgir, un cœur peut apparaître à tout instant, je dois être en vie, je dois me tenir prête. »

Pourtant, quelques petites choses mont empêché d’aimer ce livre autant que je m’y attendais. Déjà, il y a une inégalité entre les parties de ce livre: l’auteur arrive sans mal à nous faire ressentir de l’émotion dans la première partie, où nous accompagnons les parents de Simon lorsqu’ils apprennent la mort de leur fils, mais cette émotion s’échappe un peu dans la deuxième partie, laquelle se focalise sur la greffe.

Ensuite, il y a toute une scène ou l’infirmier coordinateur demande aux parents leur accord pour la greffe. Pourtant, il rappelle bien lui-même que toute personne est présumée donneur depuis une loi récente, de sorte que l’accord des proches n’est pas requis. Evidemment, il y a un effort pédagogiques à avoir auprès des proches, mais cette effort ne devrait jamais pouvoir empêcher la greffe.

Je crois surtout que je ne vois pas la portée symbolique des organes tel que veut nous le faire ressentir l’auteur, pour moi un cœur est seulement un organe, pas un réceptacle pour l’âme humaine.

 

 

Un pied au paradis, Ron Rash

« Oconee, comté rural des Appalaches du Sud, début des années cinquante. Une terre jadis arrachée aux Indiens Cherokee, en passe d’être à jamais enlevée à ses habitants : la compagnie d’électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée afin de construire une retenue d’eau, immense lac qui va recouvrir fermes et champs. Pour l’heure, la sécheresse règne, maïs et tabac grillent sur pied.rnLe shérif Alexander est le seul gars du coin à avoir fréquenté l’université, mais à quoi bon, quand il s’agit de retrouver un corps volatilisé ? Car Holland Winchester est mort, sa mère en est sûre, qui ne l’a pas vu revenir à midi, mais a entendu le coup de feu chez le voisin. L’évidence et la conviction n’y font rien : pas de cadavre, pas de meurtre. Sur fond de pays voué à la disparition, ce drame de la jalousie et de la vengeance, noir et intense, prend la forme d’un récit à cinq voix : le shérif, le voisin, sa femme, leur fils et l’adjoint.rnLa qualité littéraire de ce texte puissant et singulier autorise à évoquer Larry Brown et Cormac McCarthy, voire Giono. »

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Lorsque Mme Winchester appelle la police pour leur dire que son fils, Holland, ancien soldat revenu de Corée, a disparu, le sherif Alexander ne s’inquiète pas, Holland étant connu pour boire comme un trou et disparaître sans prévenir. Mais la vieille Winchester n’en démord pas, c’est Billy Holcomb qui a tué son fils, parce qu’il couchait avec sa femme, Amy.

Une histoire très basique, l’intrigue policière la plus simple du monde semble-t-il. Sauf que…ce n’est pas un roman policier, pas vraiment. Le sherif Alexander, Amy Holcomb, son mari Billy Holcomb, leur fils Isaac, et l’adjoint du sherif Bobby vont successivement nous raconter ce qu’il s’est passé, ce qu’ils savent. Le roman n’est pas policier dans le sens ou très vite on connaît le coupable, et on suit juste l’évolution des personnages, à partir de cet événement marquant.

L’important ce n’est pas vraiment l’intrigue, c’est plutôt le cadre. En effet, nous sommes dans l’Amérique rurale des années 50, cette Amérique pauvre et pas très cultivée à laquelle Ron Rash donne la parole. En effet, les chapitres permettent de faire parler chaque personnage. Et chaque fois Ron Rash adopte son style au personnage. En cela, c’est un véritable exercice de style, et très bien mené qui plus est.

J’ai bien aimé cette lecture même si j’ai eu du mal avec ces chapitres extrêmement long (il n’y en a que 5 dans le roman alors que celui ci fait 300 pages!). C’est une vision beaucoup plus rurale que ce que j’ai l’habitude de voir.

 

L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, Rosa Montero

« Chargée d’écrire une préface pour l’extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montero s’est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l’analyse de notre époque et l’évocation intime. Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l’homme aimé qu’elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la splendeur du sexe, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l’ignorance, de la force salvatrice de la littérature et de la sagesse de ceux qui apprennent à jouir de l’existence avec plénitude et légèreté. « 

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Décidément j’enchaîne les bonnes lectures en ce moment ! L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir est le premier livre que je lis de Rosa Montero, une auteur espagnole dont le style m’a beaucoup fait penser à celui de Delphine de Vigan, et plus particulièrement à Rien ne s’oppose à la nuit.

Dans Rien ne s’oppose à la nuit comme dans L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, les auteures ont perdu un proche et nous font une biographie, dans une écriture absolument magistrale.

En effet, dans l’Idée riducule de ne plus jamais te revoir, Rosa Montero est chargée d’écrire une préface pour le journal que Marie Curie a écrit après la mort de son mari, Pierre. Cette situation résonne aux oreilles de Rosa, laquelle a perdu son mari trois ans auparavant.

Rosa se charge alors d’une biographie de Marie Curie, mais pas que. En effet, sous couverts de nous raconter la vie de Marie Curie, Rosa nous parle de la vie en général, en ayant une analyse psychologique très fine de la personne de Marie Curie et de ses choix. Au fil de ce récit, Rosa va alors aborder un certain nombre de thèmes universel tels que le deuil, la vieillesse, les relation hommes-femmes, l’amour, les relations avec les parents, le processus d’écriture,…

Et ce qui est le plus magique, c’est le talent fou qu’elle a pour écrire, sa plume est absolument magistrale, je ne résiste pas à mettre un extrait:

« Pour vivre nous devons nous raconter. Nous sommes un produit de notre imagination. Notre mémoire est en réalité une invention, un conte que nous réécrivons un peu tous les jours. Ce qui veut dire que notre identité, elle aussi, est fictionnelle, étant donné qu’elle se fonde sur la mémoire« 

Bref, une lecture absolument magistrale, ou non seulement on en apprend un peu plus pour Marie Curie, laquelle était véritablement une femme admirable, mais on réfléchit un peu. C’est un livre sur la vie, tout simplement !

Le théorème du homard, Graeme Simsion

« Peut-on trouver une épouse sur mesure ?
Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », Don met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences.
Et celles-ci sont nombreuses car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS :
1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l’abricot.
3. Se lever après 6 heures.
Mais elle DOIT :
1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi. »

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Le théorème du homard…un roman qui a fait le tour de la blogosphère, et que je me suis finalement décidée à lire, enfin !

Don Tilman est un professeur de génétique aux compétences professionnelles reconnues…ses compétences sociales sont par contre plus minces. En effet, Don a du mal à nouer des liens en société, il ne comprend pas les codes de la société, il vit selon un planning définit à l’avance, optimisé pour lui faire perdre le moins de temps possible. Aussi, le jour ou Don se met à rechercher une partenaire de vie, l’idée la plus naturelle lui semble être d’écrire un questionnaire tout scientifique afin de recruter une femme lui correspondant en tout point. Et c’est là que débarque Rosie, qui ne correspond en aucun point à ces critères, mais va venir mettre un beau bazar dans sa vie !

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans humoristique, ni mêmedes romans d’amour, ce n’est pas vraiment mon style j’ai l’habitude des romans un poil plus sérieux. mais le sujet du théorème du homard, le commencement d’une relation amoureuse avec un autiste Asperger, m’a parlé, de même que les nombreuses critiques sur la toile, et j’ai décidé de lire ce roman.

Force est de constater que c’est une réussite, les personnages sont tous très bien dépeint, que ce soit Don et Rosie, mais aussi Claudia et Gene les amis de Don. De plus, tous les personnages évoluent au cours du livre d’une manière parfaitement cohérente et on s’attache très vite à eux tous !

Le livre va de situation cocasse en situation cocasse, mais comme tout est raconté du point de vue de Don, on ne rit jamais de l’asperger lui-même, on rit avec lui, et on s’attendrit de ses progrès.

Bref, ce n’est pas à proprement parler le roman de l’année, mais c’est un très chouette roman attendrissant qui fait du bien à la lecture, et j’ai hâte de lire la suite des aventures de Don dans le second tome, le théorème de la cigogne.

 

Les filles de l’ouragan, Joyce Maynard

« Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir. Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, Les Filles de l’ouragan suit les itinéraires personnels de deux « sœurs de naissance », des années 1950 à aujourd’hui.« 
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9 mois après un ouragan, dans l’Etat du New Hampshire, naissent deux filles, Ruth Plank et Dana Dickerson. A part ce jour de naissance commun, tout les sépare, que ce soit leur familles, ou leur personnalité respective. Toutes deux ne se sentent pourtant pas appartenir à leur famille. joyce maynard dresse alors la chronique de l’existence de ces deux femmes, sur 50 ans, depuis 1950, dans l’Amérique rurale.
Je n’avais jamais lu Joyce Maynard jusqu’alors et je dois dire que c’est une première très belle rencontre ! Les filles de l’ouragan est un roman à l’américaine classique, une chronique de cinquante années de vie dans l’Amérique profondément rurale. Certes l’intrigue est pour le moins cousu de fil blanc, et rien ne m’a surprise outre mesure dans ce livre.
Mais l’intérêt du roman est ailleurs, dans l’écriture très belle de Joyce Maynard d’abord, qui écrit avec un style fluide et très pur. Surtout l’intérêt est dans l’évolution des mêmes personnages sur cinquante ans, que ce soit les filles, Dana et Ruth, ou leur entourage et notamment leurs parents respectifs.
De plus c’est un très beau roman qui parle d’agriculture, de ferme et de l’attachement à la terre. Un vrai coup de coeur !