Les filles de l’ouragan, Joyce Maynard

« Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir. Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, Les Filles de l’ouragan suit les itinéraires personnels de deux « sœurs de naissance », des années 1950 à aujourd’hui.« 
couv74317507
5
9 mois après un ouragan, dans l’Etat du New Hampshire, naissent deux filles, Ruth Plank et Dana Dickerson. A part ce jour de naissance commun, tout les sépare, que ce soit leur familles, ou leur personnalité respective. Toutes deux ne se sentent pourtant pas appartenir à leur famille. joyce maynard dresse alors la chronique de l’existence de ces deux femmes, sur 50 ans, depuis 1950, dans l’Amérique rurale.
Je n’avais jamais lu Joyce Maynard jusqu’alors et je dois dire que c’est une première très belle rencontre ! Les filles de l’ouragan est un roman à l’américaine classique, une chronique de cinquante années de vie dans l’Amérique profondément rurale. Certes l’intrigue est pour le moins cousu de fil blanc, et rien ne m’a surprise outre mesure dans ce livre.
Mais l’intérêt du roman est ailleurs, dans l’écriture très belle de Joyce Maynard d’abord, qui écrit avec un style fluide et très pur. Surtout l’intérêt est dans l’évolution des mêmes personnages sur cinquante ans, que ce soit les filles, Dana et Ruth, ou leur entourage et notamment leurs parents respectifs.
De plus c’est un très beau roman qui parle d’agriculture, de ferme et de l’attachement à la terre. Un vrai coup de coeur !
Publicités

Dites aux loup que je suis chez moi, Carol Rifka Brunt

« Nous sommes au milieu des années 1980, aux États-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents aussi absents qu’ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu’on n’évoque qu’à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. Confrontée à l’incompréhension de son entourage, et à la réalité d’une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.« 
couv60471209.png
5
June a 14 ans et elle vit dans une banlieue du Westchester, non loin de New-York, avec sa sœur aînée, Greta, et ses parents, comptables. June rêve qu’elle est au Moyen-Age, elle s’isole des jeunes de son âge qu’elle trouve ennuyeux. Une seule personne la comprend vraiment : son oncle Finn, artiste new-yorkais. Mais Finn décède du sida. Le monde de June s’écroule alors, elle se retrouve isolée, confrontée au deuil et à une maladie dont les adultes ont honte de parler. Se présente alors Toby, « l’ami particulier » de Finn, dont June n’avait même jamais entendu parler. Entre ces deux êtres en plein deuil va alors se nouer un lien particulier.
Cette deuxième lecture du mois de septembre se révèle très éloignée de la première. En effet j’ai adoré ce roman d’apprentissage sur un sujet difficile et dont on parle peu : le sida dans les années 80. Cette maladie est abordée ici avec beaucoup de justesse, sans jamais tomber dans le pathos ou dans les détails, notamment du fait du point de vue.
Si dans ma précédente lecture je trouvais que le point de vue de la première personne du singulier ne collait pas et était mal exploitée, ici au contraire se récit en « je » du point de vue de June est parfaitement écrit. On ressent toutes les émotions de l’adolescente, confrontée tant au deuil qu’aux secrets de familles. L’écriture est assez simple mais très belle.
Surtout, chacun des personnages est parfaitement caractérisée, et on devine la souffrance de chacun. Que ce soit Greta, la talentueuse sœur aînée de June, qui souffre de l’abandon de June au profit de Finn et lui en tient rigueur, ou encore la mère de June, complexe dans ses sentiment à l’égard de son frère et de Toby.
La situation de Toby et de Finn m’a beaucoup touché, ce couple qui vit ensemble, mais que la famille de June rejette, de sorte que jamais on ne permettra à Toby de rencontrer June et Greta, il devra disparaître de l’appartement à chaque fois que les filles viendront. L’amour qui transparait entre Finn et Toby, principalement dans les paroles de Toby, et les gestes post-mortem de Finn, m’a beaucoup touché.
C’est réellement un très beau récit, pour autant il manque ce petit truc pour faire passer ce livre pour un coup de cœur.

Le livre des Baltimore, Joël Dicker

« Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu’il éprouva jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s’effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu’au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu’est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ? »

 

 

 

le livre des baltimore

5

 

Le livre des Baltimore est sorti il y a deux ans déjà…et tout le monde en a parlé il y a deux ans. Moi il m’aura fallu un passage dans un Relay de gare et une journée complète de train pour me plonger enfin dans ce roman et le terminer aussi sec !

Que dire? Ce roman est un immense coup de cœur, il fait parti de ces livres qui ne s’achèvent pas lorsqu’on tourne la dernière page mais qui nous accompagnent encore un peu après.

De Joël Dicker j’avais déjà lu, les deux précédents livres, la Vérité sur l’affaire Harry Québert (que je me suis promis de relire tant je m’en souviens peu) et les Derniers jours de nos pères. Si j’ai aimé ces deux livres, celui ci m’a semblé encore meilleur.

L’histoire est celle de Marcus Goldman, déjà narrateur dans La vérité sur l’affaire Harry Québert. La famille de Marcus était divisée en deux branches, la branche Montclair, dont fait parti Marcus, et la branche Baltimore. Les Baltimore sont montrés comme un modèle absolu, riche et lumineux, Marcus les idéalise totalement.

Si les Montclair ont un fils, les Baltimore en ont un également, Hillel. De plus, les Baltimore ont également presque adoptés Woody, un jeune orphelin ami d’Hillel. A eux trois, Marcus, Hillel et Woody, ils forment le Gang des Baltimore, uni par une amitié indestructible. C’est cette amitié qui sera le cœur du livre.

Mais évidemment tout n’est pas si simple. La famille des Goldman est rongé de jalousie à plusieurs niveaux, et tout semble entourés de secret. On comprend vite qu’un événement est survenu et est venu tout bouleverser pour Marcus.

Tous les personnages sont travaillés et totalement crédibles et émouvants, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Ils sont tous absolument lumineux, on s’attache à eux et l’auteur s’attache à nous les rendre vivants.

L’histoire est creusé avec des secrets, du suspens, de quoi maintenir le lecteur en haleine sur 600 pages sans souci. Le style de l’auteur est simple, mais on sent tout le talent de conteur qu’il a.

Bref, un coup de cœur absolu, auquel je n’ai rien à redire. Ce fut une très bonne journée de lecture…Difficile de me replonger dans mon prochain livre après ça !

 

 

 

Rien de grave, Justine Lévy

« Tu t’attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J’ai lancé le cadre par terre, le verre s’est brisé mais comme c’était pas assez j’ai bondi du lit et j’ai déchiré la photo, celle qu’il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu’on ne connaissait pas à notre mariage qu’on est partis avant la fin. Il a eu l’air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu’il n’aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c’est le contraire, rien ne me fait plus peur qu’une photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu’elle promet, qu’elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c’était la meilleure chose qui puisse m’arriver, qu’il me quitte. Comment j’aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n’existais pas. « 

Rien de grave4

Après 7 mois d’absence, et une longue année universitaire, miracle ! Je me suis remise à lire ! Alors j’ai voulu commencer tout doux, avec un roman court, 200 pages à peines… Le moins qu’on puisse dire c’est que Rien de grave n’est pas un roman doux.

Justine Lévy nous parle de sa relation avec Adrien, l’homme de sa vie, son mari, qui l’a quitté pour une autre. Elle met son cœur à nu et parle de sa relation avec Adrien, de tous les petits moments de tendresse qui font un couple. Elle parle aussi de la rupture, de la douleur et de l’incompréhension.

Le livre ne respecte absolument aucune chronologie, alors au début on se sent un peu perdu entre le passé et le présent qui se croisent et s’entremêlent sans aucune indications.

Mais Justine Lévy a ce style qui lui permet de raconter avec une certaine pudeur et beaucoup de douleur ce qu’a été sa relation. C’est un roman d’écorché vif, qui m’a un peu fait pensé à Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan. Comme dans Rien ne s’oppose à la nuit, l’écriture est utilisé pour faire le deuil, le deuil d’une relation cette fois, pour tourner la page. Les deux auteures ont un style assez proche, bien que je préfère sans doute Delphine De Vigan.

J’ai été marquée par le style de l’auteur, par la douleur à fleur de page que l’on ressent, et qui nous touche forcément, d’autant plus si l’on a déjà vécu une rupture douloureuse.

Jours sans faim, Delphine de Vigan

Laure a 19 ans, elle est anorexique… Jours après jours, elle raconte, analyse, décrit… Trois mois d’examen de soi, d’une vie comme dans un aquarium, un livre sincère, sans rancune, sans apitoiement, juste la précision des mots et la vivacité de l’analyse. On découvre un paysage mental, captivé par ce premier roman.

jours-sans-faim

En septembre j’avais lu et adoré Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine De Vigan. J’ai réitéré avec son premier roman, Jours sans Faim.

Laure a 19 ans, et elle est anorexique. 35 kilos pour 1m75. Elle est hospitalisée, on lui branche une sonde pour la nourrir, on cherche à la soigner. Petit à petit se déroule le quotidien de Laure à l’hôpital, le médecin, les repas, les autres patients… Et peu à peu Laure reprend gout à la vie.

Ce qui frappe dans ce roman, comme dans Rien ne s’oppose à la nuit, c’est l’écriture de Delphine de Vigan. Elle a une écriture absolument magnifique, chacun de ses mots semble juste ciselé.

Ici encore, le roman est biographique, il raconte l’anorexie qui a frappé l’auteur quand elle avait 19 ans. C’est beaucoup moins explicite cependant, dans le sens ou le narrateur parle de Laure à la troisième personne, ou le lecteur est tenu à une certaine distance des événements.

Même si ce qu’elle raconte est extrêmement intime, et terrible, je me suis sentie moins touchée par ce récit. Peut-être que c’est aussi parce que Rien ne s’oppose à la nuit a été écrit à vif, juste après la mort de sa mère, tandis que Jours sans Faims a été écrit (ou du moins publiés) des années après cette période de sa vie.

C’est clairement un témoignage touchant, un beau roman avec une écriture extrêmement fine, mais je trouve Rien ne s’oppose à la nuit plus abouti.

 

Ma vie pour la tienne, Jodi Picoult

« A treize ans, Anna a déjà subi de nombreuses interventions et transfusions afin que sa sœur aînée Kate puisse combattre la leucémie qui la ronge depuis l’enfance. Anna sait qu’elle a été conçue pour être génétiquement compatible avec Kate et qu’elle est son seul espoir. Cependant, lorsqu’on lui demande de faire don d’un rein, l’adolescente refuse. Elle veut disposer librement de son corps et ira jusqu’au bout pour se faire entendre… S’inspirant d’un fait réel sur une  » enfant-médicament « , voici un récit choral subtil et profondément humain. »

 

ma-vie-pour-la-tienne

En septembre j’avais lu (et adoré) une des sortie littéraire de la rentrée, A l’intérieur, de Jodi Picoult, un très beau livre sur un jeune autiste Asperger confronté au système judiciaire.

J’ai récidivé avec Ma vie pour la tienne, un autre roman de cette auteur, toujours sur un sujet brulant d’actualité.

Les Fitzgerald sont une famille comme les autres, ou presque: il y a Brian, pompier, et sa femme, Sara, ancienne avocate devenue femme au foyer. Il y a aussi leurs trois enfants: Jesse, Kate et Anna. Seulement, une leucémie a été diagnostiqué à Kate quand elle avait deux ans, et Anna a été conçue pour être compatible avec sa sœur aînée, pour lui sauver la vie.

Les enfants ont grandi, et les multiples dons d’Anna ont permis à Kate d’atteindre l’âge de 16 ans. Mais elle a besoin d’un rein, un rein que seul Anna peut lui donner. Or Anna refuse, et pour être sûre que sa voix soit entendue, elle engage Campbell, un avocat accompagné d’un chien guide, pour la représenter et obtenir son émancipation.

 

Encore une fois, Jodi Picoult sait se saisir de faits brulants d’actualité, et leur donner une dimension humaine puissante. Le roman est construit de manière chorale: la parole est donnée à tous les personnages. Tous, sauf un. Kate. Tout tourne autour de cette adolescente mourante, mais elle est la seule à qui l’auteur ne donne pas la parole. Cela renforce l’omniprésence de la situation terrible de cette adolescente.

Le roman est très beau en ce que l’on s’identifie à chacun des personnages, on entend parfaitement l’avis de chacun sur le cas, et chacun d’entre eux est crédible.

Pour autant, le roman n’est pas exempt de défauts. D’abord l’auteur se permet certaines facilités qui n’avaient probablement pas besoin d’être, dans la construction du personnages de Campbell et ses relations, mais aussi la fin.

Comme dans A l’intérieur, j’ai eu du mal avec la fin. Si cette fois j’adhère à ce que l’auteur a voulu faire, la fin est expédiée trop rapidement, trop facilement.

Un autre point est que si l’auteur nous permet de comprendre chacun des personnages, de les suivre au plus près, je me suis parfois sentie extérieure à leur histoire. En effet, si le style de l’auteur est fluide, il ne porte pas vraiment l’histoire pour autant, ce que je trouve dommage.

En bref, une belle lecture de Jodi Picoult, qui reprend certains des thèmes de A l’intérieur (l’enfant malade, les relations fraternelles, des relations parents-enfants compliquées, le système judiciaire)

La maison du Cap, Françoise Bourdon

« 1849. Léonie, fille de modestes résiniers, grandit blessée par le désamour de sa mère, qui, un jour, lui assène : « Tu n’es pas faite pour le bonheur, tout comme ta dernière fille. ». Elle deviendra ramasseuse de sangsues. Sa benjamine, Margot, refuse cette existence de labeur et de honte : à elle la Ville d’Hiver, à elle le choix d’une autre vie. Par amour, un homme bâtira pour elle la Maison du Cap…
Se poursuit au fil des décennies et des tumultes de l’histoire une grande saga d’héroïnes : Charlotte la photographe, Dorothée l’aviatrice, Violette la résistante. De génération en génération, elles perpétuent une lignée de femmes fortes et ardentes…
La Maison du Cap demeurera un refuge pour Margot et ses héritières, et le bonheur, une quête ardue, dans une société toujours corsetée. »

 

la-maison-du-cap

Repérée sur la blogosphère ce roman, sensée être un roman du terroir sur le bassin d’Arcachon, m’avait tentée. Aussitôt reçu aussitôt lu, il n’a pas eu le temps de moisir dans ma PAL!

L’histoire est celle de Léonie en 1849, une fille de résinière très pauvre, habitée par la haine de sa mère, et qui élève tant bien que mal ses trois enfants, Margot, Germain et Marie. Puis l’histoire sera celle de Margot, cette enfant née dans la pauvreté et qui n’aspirera qu’à s’élever dans la hiérarchie sociale et à contrôler la Ville d’Hiver, l’un des beau quartier d’Arcachon. On suivra ensuite l’histoire de sa fille, puis de sa petite-fille jusqu’en 1947.

L’angle de vue est intéressant: l’auteur, via des chapitres courts qui commencent tous par la date, avec nombre d’ellipses temporelles, va suivre Léonie, Margot et ses descendantes. Les héroïnes présentées sont des femmes fortes, indépendantes les unes des autres, indépendantes des hommes aussi, à une époque ou cette indépendance était rare et mal-vue. J’ai beaucoup aimé ces héroïnes, qui sont attachantes.

Pour autant, je ne suis pas totalement convaincue par cette lecture. D’une part parce que les ellipses temporelles dont se sert l’auteur ont une forte tendance à diminuer la portée du récit. En effet, cela permet presque systématiquement d’échapper aux scènes d’émotions, aux drames. D’autre part, contrairement à ce qui est annoncé, ce roman n’est certainement pas un roman du terroir. Il n’y a presque aucune description du bassin d’Arcachon tout au long de ce roman, tout juste si des noms de lieux sont régulièrement cités. Certes l’auteur s’est renseigné sur le coin, on le ressent, mais c’est insuffisant à réellement nous transporter sur le bassin.

De plus, l’auteur a cherché à écrire un roman historique, mais clairement elle s’est trop peu documentée, la période historique est très peu décrite, et nous ne sommes pas plus transporté en 1849 que nous sommes transportés sur le bassin. Enfin, il faut bien avouer que le style de l’auteur, s’il est fluide, n’est clairement pas sensationnel.

Bref, une vraie lecture en demi-teinte pour moi: j’ai beaucoup aimé les héroïnes, le concept de suivre une femme, sa fille, la fille de celle ci, … est intéressant, quoique à mon avis, l’auteur aurait dû s’arrêter un peu avant (les dernières héroïnes se ressemblent beaucoup). Par contre je suis vraiment déçue par l’ambiance, qui ne transporte ni au XIX ème siècle, ni sur le bassin d’Arcachon.

Clairement, une lecture facile et pas inoubliable, mais sympathique entre deux livres plus consistants!!

Parmi tant d’autres…, Christophe Malavoy

« Un pantalon garance, une vareuse, une montre de gousset, un portefeuille, des lettres : c’est tout ce qu’il reste d’André. À partir de quelques objets de famille encore pétris de douleur, Christophe Malavoy nous fait revivre les derniers jours de son grand-père, mortellement blessé lors d’un assaut en Champagne en mars 1915. Un dialogue intime s’installe avec la mort, et avec sa femme qu’il ne reverra pas. Un hommage poignant et pudique de l’auteur à son grand-père « tombé glorieusement au champ d’honneur », parmi tant d’autres… »

parmi-tant-dautres

J’ignore totalement comment parmi tant d’autres… a atterri dans ma PAL, mais cette première lecture d’octobre se révèle être un flop total. Un livre d’à peine 200 pages que j’ai eu un mal fou à terminer tant je me suis ennuyée.

Parmi tant d’autres… nous ramène en mars 1915, pendant la Grande Guerre. L’auteur, Christophe Malavoy, revient sur les traces de son grand-père, André, décédé en mars 1915 après avoir agonisé pendant 6 jours. Le livre nous raconte alors cette agonie sans fin d’André, au milieu d’autres blessés, dans une église. Le livre nous raconte aussi les souffrances de quelques-uns des personnages alentours: le prêtre qui veille sur les blessés, la villageoise venue aider, et surtout Odette, la femme d’André, enceinte, qui pense à lui depuis Paris.

Autant vous dire tout de suite que le sujet de ce livre (que j’ignorai en commençant à lire) n’est pas particulièrement joyeux. De plus, ce sujet est très mal exploité. En effet, la narration qui entoure André est particulièrement bizarre: on alterne les passages à la première personne du singulier ou André parle et les passages ou c’est l’auteur lui-même qui nous parle de son Grand-père. Les passages sur les autres personnages arrivent toujours comme un cheveux sur la soupe, en plein milieu d’un chapitre, de sorte qu’il est difficile de suivre qui on suit. De plus, les personnages sont très peu caractérisé, seulement esquissé, de sorte que je ne me suis pas attachée à leurs souffrances.

Il me semble que le tout est un choix narratif de Christophe Malavoy, pour faire transparaître que ces personnages appartiennent à une masse beaucoup plus grande de soldats qui vont mourir en 14-18, mais le procédé m’a totalement déconcerté et m’a totalement fait sortir de ma lecture.

Les seuls passages que j’ai apprécié concernent Odette, la femme d’André, enceinte et avec déjà un petit garçon de 18 mois à sa charge. D’une part les passages la concernant sont vraiment séparé du reste du récit de sorte que l’on comprend qui parle. D’autre part, le personnage d’Odette est très bien décrit, et on s’y attache. Le dernier chapitre qui suit Odette apprenant le décès de son mari est un très beau moment.

Bref, une lecture qui ne m’a pas convaincu, bien que je reconnaisse que Christophe Malavoy ait un style intéressant.