Hiroshima mon amour, Marguerite Duras

« Au cours du tournage d’une coproduction sur la paix, une comédienne française noue une relation éphémère mais passionnée avec un Japonais. Sur cette mince intrigue, Duras est chargée par Alain Resnais d’élaborer le scénario et les dialogues d’un film, Hiroshima mon amour, titre étrange et poétique malgré la référence évidente aux atrocités de la guerre. Avec un art de l’ellipse parfaitement maîtrisé, Duras orchestre une danse sensuelle entre deux personnages qui luttent contre le temps. Lui refuse d’admettre que les atrocités d’Hiroshima ont eu lieu, Elle se tait sur son passé ; pourtant, ces fantômes ressurgissent en fragments, lambeaux d’un passé qui se superposent au moment présent. Les corps des amants se confondent peu à peu et Hiroshima se fond dans Nevers, cadre de la jeunesse de l’actrice marquée par l’opprobre parce qu’elle a aimé un jeune Allemand durant la guerre. Les gros plans sur les corps amoureux sont entrecoupés de scènes de foule et de détails d’une crudité sordide, comme si l’horreur devait, elle aussi et malgré tous les films sur la paix, lutter contre le déni pour se faire entendre. »

Hiroshima mon amour

Des classiques, je n’en lis pas tellement. La dernière fois que j’avais lu Marguerite Duras, cela datait du lycée. Mais de mon époque lycéenne j’ai conservé des piles de livres jamais lu, et qui ne me correspondent plus tellement aujourd’hui, mais que j’essaye quand même de lire petit à petit. Hiroshima mon amour fait parti de ces titres, achetés au lycée et jamais lu.

Il s’agit d’un ouvrage très court, 150 pages en comptant les appendices, que j’ai lu en moins d’une heure. L’histoire est celle d’une femme, française, venu tourner un film à Hiroshima. Elle y rencontre un japonais avec qui elle a une éphémère liaison. C’est l’histoire de cette liaison qui est relaté par Hiroshima mon amour, un film dont le scénario a été écrit par Marguerite Dumas. Le livre est alors uniquement composé de dialogue entre lui et elle.

On est marqué dans cette histoire, qui se déroule en 1957, par deux drames qui parsèment la vie des deux personnages: le drame d’Hiroshima évidemment, qui a tué toute la famille du japonais, et le drame vécu par la française, lorsqu’à la fin de la guerre son amant, un allemand, a été tué et qu’elle a été tondue. Des drames de guerre. Cette liaison ne se détachera pas de ces drames.

Si l’histoire est banale, quoique sur fond de guerre, ce qui m’a marqué véritablement, c’est l’écriture de Marguerite Dumas. Absolument extraordinaire, elle parvient en peu de mot à transmettre une émotion, un ressenti.

Ce fut une lecture rapide mais qui m’a permis de renouer en douceur avec les classiques, car très accessible.

 

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La bête humaine, Zola

« Le sang exécrable des Rougon-Macquart court dans les veines de Jacques Lantier, fils de Gervaise et héritier d’une lignée maudite. Lantier a assisté au meurtre d’un notable par le chef de gare du Havre. Pour se protéger, la femme de ce dernier, Séverine, le séduit et devient sa maîtresse. Auprès d’elle, et dans les vapeurs de sa chère Lison, sa locomotive, Jacques pense pouvoir conjurer ses pulsions meurtrières, résister à  » la hèle enragée qu’il sent en lui  » à la seule vue de la nudité d’une femme. »

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Zola…Parmi les auteurs classiques c’est sans doute l’un de mes préférés. J’aime sa démarche naturaliste (même si je n’y crois absoluement pas), et cette saga monumentale que constitue les Rougon-Macquart, et à laquelle je m’attaque petit à petit.

La bête humaine suit Jacques Lantier (le fils de Germaine, l’héroïne de l’Assomoire), un mécanicien poursuivi par ses pulsions de meurtres, il n’a de contact qu’avec son train, la Lison et rejette toute autre présence féminine. Mais son destin croise celui des Roubaut, un couple trouble, mêlé de près à un assassinat. Et bientôt, tout bascule autour de la ligne ferroviaire Paris-Le Havre.

J’ai beaucoup aimé ce roman, peut-être plus que tous les autres Rougon-Masquart (jusque là mon préféré était Germinal). Peut-être parce que ce roman est une sorte d’esquisse dans un genre naissant à l’époque, celui des romans policiers. Peut-être aussi parce que c’est l’un des romans ou Zola s’éloigne le plus du naturalisme et de sa thèse selon laquelle chacun est prédéterminé par ses gênes, pour explorer ici les instincts animaux présents dans chaque être humain.

Quoi qu’il en soit le roman est bien construit, les personnages sont très aboutit, le roman se lit bien. Cependant l’édition que j’avais (le livre de poche) semblait prendre un malin plaisir à insérer des notes de bas de pages qui dévoilent la suite de l’intrigue! Je vous déconseille donc fortement cette édition.

Les Borgia, Alexandre Dumas

« Ce roman est issu des Crimes célèbres d’Alexandre Dumas (1839-1840), l’un des premiers recueils de Dumas. Modèle du Prince de Machiavel (l’une des lectures de Dumas), César Borgia, fils du pape Alexandre VI, étend sa puissance sur Rome. Tous les moyens sont bons pour écarter ennemis et rivaux. Ses crimes n’auront aucune limite, puisqu’il va jusqu’à éliminer, par le poison ou les armes, les membres de sa propre famille : son frère aîné Francesco, les maris de sa soeur Lucrèce et les maîtresses qui eurent le malheur de se laisser attirer par son pouvoir et de partager son lit. Le poison qu’il verse finira cependant par se retourner contre lui…
Écrivant cette sanglante histoire, Dumas revient à la voluptueuse et cruelle Renaissance, cadre de son premier triomphe théâtral, Henri III et sa cour (1829). »

 

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En général, j’ai un peu de mal avec les grands classiques, et avec Alexandre Dumas en particulier, dont je n’ai pas aimé les 3 mousquetaires. Alors, j’ai cherché à relire Dumas, mais avec une oeuvre de jeunesses, écrites avant ses grands succès, et plus courtes, moins de 300 pages!

Dumas s’attache ici à retracer le parcours de la famille Borgia, et plus précisément de César Borgia, fils du pape Alexandre VI et modèle dont Machiavel s’est inspiré pour écrire Le prince. On retrace donc ici le parcours d’un stratège avide de pouvoir, à son apogée, entre 1492, date d’élection de Rodrigue Borgia comme pape, et 1504, date de sa mort.

 

Les Borgia sont connus comme étant une des familles les plus dévoyées de la renaissance: inceste, poisons,…Il y avait, sur ce sujet de quoi écrire un roman passionnant retraçant cette quête de pouvoir inouïe. mais ce n’est pas cela que nous sert Dumas, il s’agit plutôt ici d’un compte rendu très historique des campagnes militaires italienne à la fin du XVéme siècle.

Effectivement, moi qui ne connaissait absoluement rien au sujet, j’ai appris beaucoup  de choses sur ces campagnes italiennes…Mais le roman, bien que très court, est très difficile à lire, très peu romancée, avec beaucoup de noms italiens de sorte qu’il est difficile de se rappeler qui-est-qui. J’ai littéralement compté les pages pour réussir à finir ce livre.

J’aurai préféré que l’auteur se concentre plus sur la famille Borgia que sur les conquêtes militaires qu’elle a réalisée.  Cesar Borgia semble réellement un personnages captivant: fils d’un pape, entretenant des relations incestueuses avec sa soeur Lucrèce, il fait assassiner son frère, et bien d’autres dans sa quête effrénée de pouvoir.

Bref, une déception pour moi, encore un rendez vous manqué avec Dumas!