Mort d’une héroïne en rouge, Qiu Xiaolong

« Shanghai 1990. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans un canal par deux jeunes pêcheurs. Pour l’ambitieux camarade inspecteur principal Chen et son adjoint l’inspecteur Yu, l’enquête va rapidement se compliquer lorsqu’ils découvrent l’identité de la morte. Il s’agit de Hongying, Travailleuse Modèle de la Nation. Une fille apparemment parfaite et solitaire qui a pourtant été violée et étranglée. Qui se cache derrière ce masque de perfection et pourquoi a-t-on assassiné la jeune communiste exemplaire ? Chen et Yu vont l’apprendre à leurs dépens, car à Shanghai, on peut être un camarade respecté tout en dissimulant des mœurs … déroutantes. Un fascinant polar du côté de l’Empire Céleste, mené avec humour, poésie, gourmandise et un sens très particulier de la morale. »

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Et voila mon premier roman du mois…qui se trouve aussi être mon premier roman chinois, ou du moins mon premier roman chinois depuis treeeees longtemps !

Il s’agit en fait d’un roman policier, premier tome d’une saga de 10 tomes ayant pour personnage principal l’inspecteur Chen, jeune membre du parti communiste dans le Shangai des années 90.

Dans ce premier tome nous découvrons l’inspecteur Chen, récemment promu inspecteur principal et ayant récemment obtenu un appartement individuel, un luxe, aux prises d’une enquête concernant un cadavre retrouvée dans un fleuve. Le cadavre est celui de Guan, une travailleuse modèle, femme politique et outil de propagande pour le parti communiste chinois. Avec son adjoint, l’inspecteur Yu, Chen va devoir résoudre l’enquête même si de nombreuses considérations politiques entrent en jeu…

Ce roman est une très belle surprise, qui nous emmène en complète immersion dans le Shangai des années 90, et nous en fait découvrir de nombreuses facettes. Comme souvent dans ce genre de livre, l’enquête n’est pas tant le cœur du livre qu’un prétexte à la découverte de différents lieux et milieux. Pour cela, l’auteur multiplie également les points de vue, alternant entre l’inspecteur Chen, jeune cadre du parti fréquentant les milieux aisé, et l’inspecteur Yu, issu d’un milieu beaucoup plus pauvre. De plus, l’enquête nous emmène vers les sommets, puisque l’enquête nous permet d’approcher les ECS, ces fils de cadres très privilégiés.

Si je comprends pourquoi l’auteur était attaché à mettre la politique en avant dans son livre, j’avoue que c’était trop présent pour moi. L’enquête est en effet résolue aux deux-tiers du livre, le dernier tiers étant consacré aux problèmes politiques posés par ce dénouement.

Les personnages sont tous attachants, spécialement les inspecteurs Yu et Chen, bien décrits et cohérents dans leurs réactions.

En plus, j’ai beaucoup aimé le style du livre, qui s’entrecoupe souvent de poésie, et nous permet la découverte de poète chinois que pour ma part, j’ignorais totalement.

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Mes prévisions, novembre 2017

Avec le nouveau mois de novembre qui arrive, est venu l’heure de dresser les prévisions de ce que je souhaite lire ou voir ce mois ci. Evidemment, je prévois plus que ce que je serais capable de faire, sait-on jamais 🙂

Au niveau lecture, il y a 10 livres dans ma PAL:

  • Le Tour d’écrou de Henry James: Déjà dans ma PAL le mois dernier, il s’agit d’une très courte nouvelle fantastique qui trainait dans ma PAL depuis une éternité
  • La part de l’autre d’Eric-Emmanuel Schmitt: j’avoue ce pavé dystopique à propos de ce qu’Hitler serait devenu s’il avait été admis à l’école d’art me fait un peu peur, il est donc resté sur le côté ce mois-ci, mais j’ai quand même très envie de le découvrir
  • Incarcération de Jonathan Holt: Un polar dans un univers futuriste un peu étrange, je ne l’ai pas lu le mois dernier, et ce mois ci, étrangement, il me fait moins envie, pas sur de passer le cap du coup
  • Les heures souterraines de Delphine de Vigan: Encore un Delphine de Vigan parce que j’adore Delphine de Vigan, j’espère réussir à l’extraire de ma PAL ce mois ci!
  • Mort d’une héroïne en rouge de Qiu Xiaolong: Un roman policier chinois qui se passe à Shangaï dans les années 90! Je l’ai déjà commencé, ce sera ma première lecture de novembre

Voila pour les livres qui ont déjà stagné dans ma PAL au mois d’octobre, maintenant pour ce qui est des ajouts:

  • Cellulaire de Stephen King: Bon celui là aussi me fait un peu peur mais je n’ai lu qu’un seul livre de Stephen King il y a une éternité, et ce pauvre livre doit trainer dans ma PAL depuis une dizaine d’années !
  • Lire lolita à Téhéran d’Azar Nafisi: un roman sur la lecture dans un Etat totalitaire, de quoi me faire très envie! D’autant plus que je n’ai jamais lu d’auteur iranien
  • Les liaison dangereuses de Laclos: Un classique que j’avais envie de relire
  • Les nouvelles sorcières de Salem, leçons d’Outreau d’Antoine Garapon et Denis Salas: un essai sur l’affaire d’Outreau, à voir
  • La drôle de vie de Zelda Zonk de Laurence Peyrin: le roman qui a fait le tour de la blogo, il faut bien que je le lise, enfin!

 

Au niveau series, j’ai commencé Mindhunter et Archer, et si j’ai le temps j’aimerai découvrir Stranger things, Sense 8 et Hannibal.

Au niveau films, dans l’idéal j’aimerai ce mois ci voir deux films de Tarantino, et peut-être voir ou revoir un autre film de Villeneuve (je les ai presque tous vu à part les plus ancien, pas sure d’avoir le courage de me plonger dedans).

 

 

Bilan octobre 2017

Et voila déjà la fin du mois d’octobre ! Un mois plutôt riche culturellement parlant pour moi, alors voici mon bilan :

Au niveau lecture, j’ai lu 5 livres ce mois ci, soit la moitié de ma wish list. C’est seulement un live de moins qu’en septembre, alors que j’ai été beaucoup plus  active ce mois ci.couv32024161

  • Policier: Une seule lecture policière ce mois ci, Un pied au paradis de Ron Rash, un roman sur l’amérique profonde, qui m’a assez plu, mais dont je ne garderai probablement pas de très grands souvenirs.

 

  • couv69522294Historique: Ce mois-ci j’ai lu Le réseau de Corneille, ma deuxième rencontre avec Ken Follet, et c’est à nouveau une très grande réussite, j’ai préféré ce roman aux piliers de la terre, pourtant très bien mais que j’avais trouvé trop manichéen.

 

 

  • Contemporain: 3 lectures contemporaines ce mois-ci. Réparer les vivants, un roman décorés de multiples prix mais qui ne m’a pas tellement convaincu malheureusement, trop en surface à mes yeux. Mais aussi, L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, un très beau roman que j’ai dévoré et dont l’écriture est absolument magnifique. Enfin, L’abolition, de Robert Badinter, un grand roman écrit par un grand homme à propos de l’abolition de la peine de mort.

 

Au niveau Films, j’ai eu un bon mois aussi, avec 6 films vu dans le mois.

J’ai déjà vu plusieurs films jeunesses, les trois hunger games ainsi que Nerve, dont on peut quelques peu rapprocher les thématiques. Les thématiques du rapport aux médias, de la communication et de la propagande sont abordés plutôt bien dans ces films.

Au plan historique, j’ai vu deux films. The Duchess, un film assez classique réalisé par Saul Dibb et qui relate l’histoire de  Georgiana of Devonshire. D’autre part, Le pont des espions, un très beau film de Spielberg sur la négociations d’otages pendant la guerre froide.

Ensuite j’ai vu deux films de Denis Villeneuve: Blade Runner 2049 qui fait suite au premier Blade Runner et pose des questions sur l’humanité probablement intéressante, mais qui m’a laissé assez froide malgré une réalisation magistrale, et Premiers contacts, un très beau film de SF sur le langage, et la communication.

Ensuite en matière de séries, la récolte est bien plus mince avec seulement deux séries vues ce mois-ci. Déjà This is us, que j’ai presque terminé et qui est une très belle série familiale abordant de jolie thématique. Ensuite la célébrissime The walking dead que j’ai au final detesté, j’ai du m’arrêter à la saison 1 tant les personnages avaient vocation à m’agacer, j’ai trouvé l’entière saison extrêmement sexiste et mal construite.

Premiers contact de Denis Villeneuve: la SF sans boum boum

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Louise est professeur de linguistique a l’université lorsqu’on apprend que 12 navettes se sont posées sur Terre, à différents endroits de la planète. Le gouvernement essaye alors de communiquer avec ces aliens, et pour cela, réunit une équipe composé de physiciens et de linguistes, dont Louise.

Encore un film de Denis Villeneuve sorti cette année, un peu avant Blade Runner 2049, mais mon opinion sur premier contact est beaucoup moins mitigé !! Premier contact est un film de SF certes, mais pour autant, on est loin du film plein d’action, de canon et de course-poursuites. Ici, le film se pose, sans être vraiment contemplatif il est extrêmement calme, l’objectif étant la communication.

En conséquence, le film a un jolie message, sur la communication et le langage, ses différentes fonctions, le fait qu’une langue est le reflet d’une civilisation, et qu’apprendre une langue c’est aussi s’ouvrir à une nouvelle civilisation.

J’ai trouvé qu’on trouvait moins la patte de Denis Villeneuve dans ce film: moins de paysage filmé en grand angle et totalement époustouflant dans ce film (quelques visions des soucoupes s’en raprochent un peu, mais le côté vertigineux est bien moins présent que dans Blade runner 2049 ou Prisonners).

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Si le film est très interessant et m’a beaucoup plu, j’ai trouvé les personnages assez peu marquants, c’est surtout le concept présenté qui intéresse ici !

 

L’abolition, Robert Badinter

« Robert Badinter est sans doute le mieux placé pour écrire ce livre. Il livre un passionnant point de vue, son regard sur l’époque, sur les réactions de l’opinion et des autres hommes politiques. Sur la machine judiciaire également. Le livre reprend la chronologie de l’affaire Patrick Henri. Du jour où on lui a demandé d’être l’un des deux avocats jusqu’au procès, Robert Badinter a pensé en ces termes à sa plaidoirie: « Guillotiner, ce n’est rien d’autre que prendre un homme et le couper, vivant, en deux morceaux« . »

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Le 18 septembre 1981, Robert Badinter, alors ministre de la justice, a fait abolir la peine de mort en France. Cet événement historique résulte d’un long combat de Robert Badinter, combat qui débute avec l’exécution de Roger Bontems, dont Badinter était l’avocat et qui assistera à son exécution. Après cela, Badinter va se jeter à corps perdu dans le combat contre la peine de mort, du procès de Patrick Henry au ministère de la justice en passant par 6 autre procès de condamnés à mort. C’est cela que ce livre retrace.

J’ai une très forte admiration pour Badinter dont le combat nous a permis de vivre dans un monde ou la justice ne tue plus, ne coupe plus d’homme en deux, du moins plus en France. L’abolition est le troisième livre que je lis de lui, et il retrace les événements avec beaucoup de fluidité, un très beau style. De plus, ce livre analyse biens les rouages de la peine de mort, cette pulsion de mort des citoyens, cette loi du talion qui puni celui qui a tué en le tuant.

Bref, un très beau récit sur la peine de mort et son abolition, je n’ai pas grand chose d’autre à en dire.

 

Les hunger games: instrumentalisation totale des médias

Hunger Games fait partie des films de mon adolescence, films que j’ai revu récemment, tous d’affilés. Certes, il s’agit de films ciblés pour un public adolescents, qui en respecte les codes, mais les films Hungers games ont plus que cela à raconter.

Il faut déjà les présenter, les Hunger Games sont une série de 4 films dont Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth et Woody Harrelson sont quelques un des personnages principaux. Le premier film est sorti en 2012 et a été réalisépar Gaty Ross, tandis que les films suivants, sortis en 2013, 2014 et 2015  ont été réalisé par Francis Lawrence. Il s’agit de l’adaptation de livres écrits par Suzanne Collins.

L’histoire est celle de Katniss Everdeen, une adolescente vivant avec sa mère et sa petite sœur, Primrose, dans le district 12. Dans ce monde, l’Etat a été réorganisé, avec au centre le Capitole, cœur du pouvoir politique, et autour 12 districts, travaillant chacun à la production d’une ressource selon un principe de spécialisation. Il y a une très forte inégalité dans cette univers, les districts étant souvent pauvres, notamment le district 12, alors que le Capitole est plein de richesses. Mais les districts sont contrôlés militairement par le Capitole, d’autant plus que le Capitole organise chaque année des « hunger games »: il s’agit de tirer au sort dans chaque district une jeune fille et un jeune homme parmi les adolescents âgés de 11 à 18 ans, pour les faire combattre à mort dans une arène, le tout télévisé.

Evidemment, comme c’est un roman adolescents, il y a quelques clichés, notamment le triangle amoureux. Cependant, à travers l’histoire de Katniss, et de la révolte qu’elle va engendrer, nous est clairement montré le pouvoir des médias et surtout de la télévision dans le contrôle de la population.

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Les différents films jouent énormément sur le pouvoir des images, tant dans une dictature, pour contrôler les populations, que dans une révolte pour développer la révolution. On a très souvent des plans pour nous rappeler que les événements sont filmés, et parfois pour nous montrer la réaction des populations face à ce qui se passe à l’écran. Ainsi, dans le premier Hunger Games, la mort d’une des tributs pendant les hunger games, et l’attitude de Katniss devant cela, déclenche une émeute.

Dans les films suivants, la question est encore plus présente, puisque Katniss essaye de maîtriser l’image pendant presque tous les trois films suivants. Ainsi, on la voit dans le troisième film chercher à tourner des clips de propagandes, pour créer un sentiment d’union avec la population, et les inviter à se joindre à la révolte.

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On aborde aussi beaucoup la manipulation de l’image, avec des costumes, des apparences, des messages parfois juste faux, parfois présentant un point de vue comme une universalité. Ainsi, il y a beaucoup de discussion sur comment habiller Katniss pour lui faire prendre tel ou tel aspects.

On nous parle aussi beaucoup de manipulation mentale, de traumatisme, des sentiments suscités par la peur. Cela est notamment le cas avec le personnage de Peeta dans le dernier film, mais aussi avec le personnage de Katniss et sa façon de surmonter son traumatisme, ou encore avec l’alcoolisme d’Haymitch.

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La réalisation de ces films n’est pas exceptionnelle mais sert juste le propos de façon correct, pour autant le film réussit à faire passer de vrais messages.

 

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

« « Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »
Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour. »

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J’ai un problème avec ces romans qui ont tellement de prix, tellement de critiques fantasmagoriques qu’on en attend forcément plus que ce qu’ils peuvent nous donner. Ca a été un peu le cas pour réparer les vivants, qui en plus a été lu dans un mauvais timing: j’avais encore en tête le style de Rosa Montero dans L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, et quoique le style de Maylis de Kerangal soit agréable, cela n’égale pas Rosa Montero à mes yeux.

L’histoire est celle de Simon, un jeune homme, presque un adolescent encore, de tout juste 20 ans. Simon a des parents, Sean et Marianne, lesquelles ne vivent plus ensemble. Il a aussi une petite sœur, Lou, et une petite amie, Juliette. Et puis il y a le surf, et les deux copains avec qui il pratique le surf. un jour, en revenant d’une séance de surf, les garçons ont un accident de voiture, la tête de Simon s’encastre dans le pare-brise, il est déclaré en mort cérébrale, ses organes vont être donnés.

Il s’agit de l’histoire d’une transplantation, histoire en 24h, entre l’accident et la transplantation, dans un style très plaisant.

 » Après quoi, le temps change de nature, il reprend forme. Ou plutôt il prend exactement la forme de l’attente: il se creuse et se tend. Désormais les heures n’ont d’autres usages que d’être disponibles, que l’événement de la greffe puisse y surgir, un cœur peut apparaître à tout instant, je dois être en vie, je dois me tenir prête. »

Pourtant, quelques petites choses mont empêché d’aimer ce livre autant que je m’y attendais. Déjà, il y a une inégalité entre les parties de ce livre: l’auteur arrive sans mal à nous faire ressentir de l’émotion dans la première partie, où nous accompagnons les parents de Simon lorsqu’ils apprennent la mort de leur fils, mais cette émotion s’échappe un peu dans la deuxième partie, laquelle se focalise sur la greffe.

Ensuite, il y a toute une scène ou l’infirmier coordinateur demande aux parents leur accord pour la greffe. Pourtant, il rappelle bien lui-même que toute personne est présumée donneur depuis une loi récente, de sorte que l’accord des proches n’est pas requis. Evidemment, il y a un effort pédagogiques à avoir auprès des proches, mais cette effort ne devrait jamais pouvoir empêcher la greffe.

Je crois surtout que je ne vois pas la portée symbolique des organes tel que veut nous le faire ressentir l’auteur, pour moi un cœur est seulement un organe, pas un réceptacle pour l’âme humaine.

 

 

Le pont des espions, Quand Spielberg nous raconte l’Histoire

Dans les années 1950, au plein cœur de la guerre froide, Rudolf Abel, le « colonel » Abel, est attrapé par le FBI comme étant un espion russe. Il devient instantanément l’ennemi public n°1 des américains, dont on attend impatiemment la condamnation à mort. James « Jim » Donovan est un avocat en assurance new-yorkais, qui vit avec sa femme et ses enfants à Brooklyn. Il est sollicité par son cabinet pour représenter Abel, afin de donner à ce procès une apparence de justice. Mais Donovan n’abandonne pas, ce qui le conduira à négocier un échange de prisonniers dans Berlin Est au moment de la construction du mur…

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La rumeur veut qu’un film de Spielberg soit forcément un bon film, et celui ci n’échappe pas à la règle !

L’histoire racontée est inspirée d’ne histoire vrai, ce qui n’en est que plus incroyable. Il s’agit de ces récits historiques, à un moment charnier de l’histoire, ou les discussions des personnages renferment des décisions décisives pour des pays entiers, et reflètent des enjeux quant au mode de vie, à la vision du monde…

En cela, le Pont des espions est le récit du combat d’un homme pour imposer sa vision humaniste du monde et de la justice. On est forcé d’adhérer aux choix de ce « standing man » comme le dit le film, car tous ces choix sont d’une justesse absolue, d’une humanité absolue.

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C’est d’abord la justice qui est questionné dans ce film. Doit-on respecter les droits fondamentaux d’un espion? Doit-on lui accorder un procès équitable? peut-on le condamner à mort? La question peut paraître risible, mais c’est la question qui revient encore à propos des criminels, des pédophiles,…Donovan va soutenir l’idée que la guerre froide est une guerre de vision du monde, et que c’est en assurant notre vision de la justice à un espion que l’on gagne la guerre. Vision avec laquelle je ne peux qu’adhérer à 100%.

C’est aussi un film sur la loyauté envers soi-même et son pays, ou le regard des autres est jugé indigne, inconstant, et peu intéressant. Que ce soit le personnage d’Abel, qui refuse de se renier, et ne trahira jamais la Russie, et restera toujours digne, ou le personnage de Donovan, prêt à tout risquer pour sa vision du monde, et insensible aux regards changeant des autres.

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La mise en scène est évidemment très travaillée, pleine de trucs de réalisation pour mieux nous raconter cette histoire.

Un truc utilisé par Spielberg concerne le métro, utilisé par Donovan tant à New-York qu’à Berlin, et qui donne l’occasion d’une comparaison frappante et extrêmement marquante, avec notamment un épisode qui reste en tête. De manière général le découpage du film encourage grandement la comparaison entre les Etats-Unis et la Russie.

 

Nerve, ou les dangers des réseaux sociaux…

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Vee, une adolescente New-Yorkaise timide, est défiée par une de ses amies de s’inscrire sur Nerve, un jeu en ligne. Sur ce jeu, les jeunes peuvent choisir d’être des voyeurs, et de payer pour observer les joueurs, ou des joueurs, défiés par les voyeurs de faire des défis de plus en plus dangereux, jusqu’à la grande finale…

Nerve est un film d’1h3à sorti l’an dernier, et réalisés par Arien Schulman et Henry Joost (connu pour avoir réalisé les paranormal activity 3 et 4). Il s’agit d’une dystopie, donc une fiction qui reprend les traits de notre société et les amplifie pour créer une société imaginaire dénonçant les vices de notre propre société. En particulier, Nerve nous parle de notre rapport aux réseaux sociaux.

Nerve a pu être comparée à l’application Périscope, dans la vraie vie, une application ou les gens peuvent se filmer en ligne, et ou un compteur leur indique le nombre de likes. Dans Nerve, le principe est un peu le même: les joueurs sont défiés d’agir, et plus le défi est sensationnel plus il y aura de personnes pour regarder.

Evidemment, ce film dénonce le voyeurisme des réseaux sociaux en général, avec un final particulièrement explicite à ce sujet, ou les héros sont entourés par tous les utilisateurs, le téléphone à la main, en train de filmer, où chacun est représenté par la lumière de son téléphone.

Nerve dénonce également le sentiment d’impunité des réseaux sociaux, qui pousse aux comportement et commentaires extrêmes, sans penser que l’on puisse y être relié. Or le film rappelle bien que les voyeurs sont complices des infractions pouvant être commises par les joueurs.

Nerve nous rappelle la publicité de notre vie privée, exposée sur tous les réseaux sociaux, de sorte que chacun peut connaître une partie de notre vie.

Bref, Nerve montre une critique assez claire des réseaux sociaux, axés sur des points plutôt clairs.

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Pour autant, le film n’est pas aussi acerbe que l’on pourrait l’espérer, il y a un petit côté trop faciles aux défis, les personnages étant extrêmement rarement en difficultés, et étant bien trop plein de ressources pour des adolescents normaux!

En effet, le film semble être destiné à un public assez jeune, ce qu’on peut voir tant dans le fait que les personnage ne rencontrent pas de difficulté, que dans la romance adolescente présente à l’écran. Les codes de ce genre de film sont effectivement respectés.

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L’esthétique de ce film est entièrement néon: des couleurs très vives, beaucoup de néons de couleurs fluos éclairent le film. Cela donne clairement une personnalité visuelle au film (le directeur photo est Michael Simmonds dont je n’avais vu aucun film). Personnellement, j’ai bien apprécié cette esthétique très fluo, et somme toute assez peu réaliste, mais clairement cela sonne adolescent.

Quelques astuces de réalisation intéressante, notamment la manière dont sont représentés les réseaux sociaux: la caméra se retourne pour se situer à l’intérieur de l’écran, et on voit le doigts du joueur sélectionner les différentes options depuis l’ordinateur. Cela donne une approche dynamique de ces réseaux sociaux, et matérialise assez bien le côté « face caché », l’accumulation de données sur nous par nos ordinateurs.

C’est donc un film sympa sans trop de prétention, mais avec un très bon message !

 

 

 

Blade Runner 2049, du Villeneuve, oui mais…

Oui, après les livres, puis les séries, on parle de films ! Pour commencer, parlons du film du moment, Blade Runner 2049.

J’adore les films de Denis Villeneuve, de lui j’adore déjà la plupart de ses films (Prisoners, Incendies, Enemy entre autres). Blade Runner par contre, je ne connaissais pas, pas du tout. Peut-être suis-je alors passé à côté de certaines choses, sans doute même, mais si ce film est incroyablement beau, je ne suis pas certaine d’avoir été séduite.

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Blade Runner se passe dans un monde futuriste, en 2049 justement. Il prend suit après le premier Blade Runner, lequel se passait en 2019, dans un monde en ruine, ou des robots, les Répliquants, avaient échappés au contrôle des humains pour revendiquer leur liberté.

Blade Runner 2049 met en scène l’agent K, un blade runner, un robot chargé de capturer les Répliquants, lequel est mis sur la piste d’un enfant née d’une répliquante…Se lance alors une enquête policière dans ce monde futuriste.

S’il faut dire une chose de Blade Runner 2049, c’est déjà que ce film est absolument splendide, avec une lumière domptée magistralement. tous les plans sont très beau, très sensoriels, et ils forcent l’admiration. Les couleurs sont superbement travaillés, tout est fait pour donner de la vie au monde qui est créé, et il faut bien admettre que le travail de Villeneuve comme metteur en scène, tout comme celui de Deakins comme directeur photo et de hans Zimmer à la musique, est absolument incroyable.

Le film a un rythme très lent qui permet de vraiment savourer  cette mise en scène majestueuse, mais trop lent peut-être, eu égard au scénario.

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En effet, c’est sur le scénario que cela pèche un peu plus: beaucoup d’incohérences, de décisions des personnages étranges, et une enquête assez poussive, l’histoire de ce film est assez difficile à appréhender.

En plus de cela, les problématiques de SF soulevés m’ont paru assez peu cohérentes. Il y a cette question de la possibilité pour un Répliquant d’avoir un enfant, Villeneuve sous-entend-il que c’est le fait de donner naissance qui fait notre humanité? J’ai passé une partie du film à chercher qui était les Répliquants et qui étaient les humains.

Il y a également l’histoire d’amour humain/IA (mais l’humain en question est un blade runner, donc un robot) avec une très belle et très longue scène d’amour dans laquelle une humaine et une IA fusionnent pour faire l’amour avec l’agent K. Le symbole est beau, mais que signifie-t-il vraiment?

Enfin, il y a ce questionnement sur la mémoire, les souvenirs qui sont sensés faire notre humanité? c’est à mon sens le questionnement le plus réussi, même si scénaristiquement il apparaît un peu incompréhensible.

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Parmi les choses qui m’ont vraiment gênée, il y a cette sexualisation à outrance des corps féminin,présents pendant absolument toute la durée du film et sans aucune justification.

Il y a aussi ce méchant mégalo qui cherche à contrôler le monde et qui m’a paru pitoyable, et cette histoire d’amour entre l’IA et l’agent K, qui ne sert le film que pour permettre d’expliciter absolument toutes les pensées de l’agent K, pourtant très stoïque, ce qui n’était pas très intéressant.

Bref, un des films de Villeneuve que j’ai le moins apprécié, c’est dommage!

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