Mort d’une héroïne en rouge, Qiu Xiaolong

« Shanghai 1990. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans un canal par deux jeunes pêcheurs. Pour l’ambitieux camarade inspecteur principal Chen et son adjoint l’inspecteur Yu, l’enquête va rapidement se compliquer lorsqu’ils découvrent l’identité de la morte. Il s’agit de Hongying, Travailleuse Modèle de la Nation. Une fille apparemment parfaite et solitaire qui a pourtant été violée et étranglée. Qui se cache derrière ce masque de perfection et pourquoi a-t-on assassiné la jeune communiste exemplaire ? Chen et Yu vont l’apprendre à leurs dépens, car à Shanghai, on peut être un camarade respecté tout en dissimulant des mœurs … déroutantes. Un fascinant polar du côté de l’Empire Céleste, mené avec humour, poésie, gourmandise et un sens très particulier de la morale. »

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Et voila mon premier roman du mois…qui se trouve aussi être mon premier roman chinois, ou du moins mon premier roman chinois depuis treeeees longtemps !

Il s’agit en fait d’un roman policier, premier tome d’une saga de 10 tomes ayant pour personnage principal l’inspecteur Chen, jeune membre du parti communiste dans le Shangai des années 90.

Dans ce premier tome nous découvrons l’inspecteur Chen, récemment promu inspecteur principal et ayant récemment obtenu un appartement individuel, un luxe, aux prises d’une enquête concernant un cadavre retrouvée dans un fleuve. Le cadavre est celui de Guan, une travailleuse modèle, femme politique et outil de propagande pour le parti communiste chinois. Avec son adjoint, l’inspecteur Yu, Chen va devoir résoudre l’enquête même si de nombreuses considérations politiques entrent en jeu…

Ce roman est une très belle surprise, qui nous emmène en complète immersion dans le Shangai des années 90, et nous en fait découvrir de nombreuses facettes. Comme souvent dans ce genre de livre, l’enquête n’est pas tant le cœur du livre qu’un prétexte à la découverte de différents lieux et milieux. Pour cela, l’auteur multiplie également les points de vue, alternant entre l’inspecteur Chen, jeune cadre du parti fréquentant les milieux aisé, et l’inspecteur Yu, issu d’un milieu beaucoup plus pauvre. De plus, l’enquête nous emmène vers les sommets, puisque l’enquête nous permet d’approcher les ECS, ces fils de cadres très privilégiés.

Si je comprends pourquoi l’auteur était attaché à mettre la politique en avant dans son livre, j’avoue que c’était trop présent pour moi. L’enquête est en effet résolue aux deux-tiers du livre, le dernier tiers étant consacré aux problèmes politiques posés par ce dénouement.

Les personnages sont tous attachants, spécialement les inspecteurs Yu et Chen, bien décrits et cohérents dans leurs réactions.

En plus, j’ai beaucoup aimé le style du livre, qui s’entrecoupe souvent de poésie, et nous permet la découverte de poète chinois que pour ma part, j’ignorais totalement.

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L’abolition, Robert Badinter

« Robert Badinter est sans doute le mieux placé pour écrire ce livre. Il livre un passionnant point de vue, son regard sur l’époque, sur les réactions de l’opinion et des autres hommes politiques. Sur la machine judiciaire également. Le livre reprend la chronologie de l’affaire Patrick Henri. Du jour où on lui a demandé d’être l’un des deux avocats jusqu’au procès, Robert Badinter a pensé en ces termes à sa plaidoirie: « Guillotiner, ce n’est rien d’autre que prendre un homme et le couper, vivant, en deux morceaux« . »

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Le 18 septembre 1981, Robert Badinter, alors ministre de la justice, a fait abolir la peine de mort en France. Cet événement historique résulte d’un long combat de Robert Badinter, combat qui débute avec l’exécution de Roger Bontems, dont Badinter était l’avocat et qui assistera à son exécution. Après cela, Badinter va se jeter à corps perdu dans le combat contre la peine de mort, du procès de Patrick Henry au ministère de la justice en passant par 6 autre procès de condamnés à mort. C’est cela que ce livre retrace.

J’ai une très forte admiration pour Badinter dont le combat nous a permis de vivre dans un monde ou la justice ne tue plus, ne coupe plus d’homme en deux, du moins plus en France. L’abolition est le troisième livre que je lis de lui, et il retrace les événements avec beaucoup de fluidité, un très beau style. De plus, ce livre analyse biens les rouages de la peine de mort, cette pulsion de mort des citoyens, cette loi du talion qui puni celui qui a tué en le tuant.

Bref, un très beau récit sur la peine de mort et son abolition, je n’ai pas grand chose d’autre à en dire.

 

Réparer les vivants, Maylis de Kerangal

« « Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »
Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour. »

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J’ai un problème avec ces romans qui ont tellement de prix, tellement de critiques fantasmagoriques qu’on en attend forcément plus que ce qu’ils peuvent nous donner. Ca a été un peu le cas pour réparer les vivants, qui en plus a été lu dans un mauvais timing: j’avais encore en tête le style de Rosa Montero dans L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, et quoique le style de Maylis de Kerangal soit agréable, cela n’égale pas Rosa Montero à mes yeux.

L’histoire est celle de Simon, un jeune homme, presque un adolescent encore, de tout juste 20 ans. Simon a des parents, Sean et Marianne, lesquelles ne vivent plus ensemble. Il a aussi une petite sœur, Lou, et une petite amie, Juliette. Et puis il y a le surf, et les deux copains avec qui il pratique le surf. un jour, en revenant d’une séance de surf, les garçons ont un accident de voiture, la tête de Simon s’encastre dans le pare-brise, il est déclaré en mort cérébrale, ses organes vont être donnés.

Il s’agit de l’histoire d’une transplantation, histoire en 24h, entre l’accident et la transplantation, dans un style très plaisant.

 » Après quoi, le temps change de nature, il reprend forme. Ou plutôt il prend exactement la forme de l’attente: il se creuse et se tend. Désormais les heures n’ont d’autres usages que d’être disponibles, que l’événement de la greffe puisse y surgir, un cœur peut apparaître à tout instant, je dois être en vie, je dois me tenir prête. »

Pourtant, quelques petites choses mont empêché d’aimer ce livre autant que je m’y attendais. Déjà, il y a une inégalité entre les parties de ce livre: l’auteur arrive sans mal à nous faire ressentir de l’émotion dans la première partie, où nous accompagnons les parents de Simon lorsqu’ils apprennent la mort de leur fils, mais cette émotion s’échappe un peu dans la deuxième partie, laquelle se focalise sur la greffe.

Ensuite, il y a toute une scène ou l’infirmier coordinateur demande aux parents leur accord pour la greffe. Pourtant, il rappelle bien lui-même que toute personne est présumée donneur depuis une loi récente, de sorte que l’accord des proches n’est pas requis. Evidemment, il y a un effort pédagogiques à avoir auprès des proches, mais cette effort ne devrait jamais pouvoir empêcher la greffe.

Je crois surtout que je ne vois pas la portée symbolique des organes tel que veut nous le faire ressentir l’auteur, pour moi un cœur est seulement un organe, pas un réceptacle pour l’âme humaine.

 

 

Un pied au paradis, Ron Rash

« Oconee, comté rural des Appalaches du Sud, début des années cinquante. Une terre jadis arrachée aux Indiens Cherokee, en passe d’être à jamais enlevée à ses habitants : la compagnie d’électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée afin de construire une retenue d’eau, immense lac qui va recouvrir fermes et champs. Pour l’heure, la sécheresse règne, maïs et tabac grillent sur pied.rnLe shérif Alexander est le seul gars du coin à avoir fréquenté l’université, mais à quoi bon, quand il s’agit de retrouver un corps volatilisé ? Car Holland Winchester est mort, sa mère en est sûre, qui ne l’a pas vu revenir à midi, mais a entendu le coup de feu chez le voisin. L’évidence et la conviction n’y font rien : pas de cadavre, pas de meurtre. Sur fond de pays voué à la disparition, ce drame de la jalousie et de la vengeance, noir et intense, prend la forme d’un récit à cinq voix : le shérif, le voisin, sa femme, leur fils et l’adjoint.rnLa qualité littéraire de ce texte puissant et singulier autorise à évoquer Larry Brown et Cormac McCarthy, voire Giono. »

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Lorsque Mme Winchester appelle la police pour leur dire que son fils, Holland, ancien soldat revenu de Corée, a disparu, le sherif Alexander ne s’inquiète pas, Holland étant connu pour boire comme un trou et disparaître sans prévenir. Mais la vieille Winchester n’en démord pas, c’est Billy Holcomb qui a tué son fils, parce qu’il couchait avec sa femme, Amy.

Une histoire très basique, l’intrigue policière la plus simple du monde semble-t-il. Sauf que…ce n’est pas un roman policier, pas vraiment. Le sherif Alexander, Amy Holcomb, son mari Billy Holcomb, leur fils Isaac, et l’adjoint du sherif Bobby vont successivement nous raconter ce qu’il s’est passé, ce qu’ils savent. Le roman n’est pas policier dans le sens ou très vite on connaît le coupable, et on suit juste l’évolution des personnages, à partir de cet événement marquant.

L’important ce n’est pas vraiment l’intrigue, c’est plutôt le cadre. En effet, nous sommes dans l’Amérique rurale des années 50, cette Amérique pauvre et pas très cultivée à laquelle Ron Rash donne la parole. En effet, les chapitres permettent de faire parler chaque personnage. Et chaque fois Ron Rash adopte son style au personnage. En cela, c’est un véritable exercice de style, et très bien mené qui plus est.

J’ai bien aimé cette lecture même si j’ai eu du mal avec ces chapitres extrêmement long (il n’y en a que 5 dans le roman alors que celui ci fait 300 pages!). C’est une vision beaucoup plus rurale que ce que j’ai l’habitude de voir.

 

L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, Rosa Montero

« Chargée d’écrire une préface pour l’extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montero s’est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l’analyse de notre époque et l’évocation intime. Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l’homme aimé qu’elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la splendeur du sexe, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l’ignorance, de la force salvatrice de la littérature et de la sagesse de ceux qui apprennent à jouir de l’existence avec plénitude et légèreté. « 

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Décidément j’enchaîne les bonnes lectures en ce moment ! L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir est le premier livre que je lis de Rosa Montero, une auteur espagnole dont le style m’a beaucoup fait penser à celui de Delphine de Vigan, et plus particulièrement à Rien ne s’oppose à la nuit.

Dans Rien ne s’oppose à la nuit comme dans L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, les auteures ont perdu un proche et nous font une biographie, dans une écriture absolument magistrale.

En effet, dans l’Idée riducule de ne plus jamais te revoir, Rosa Montero est chargée d’écrire une préface pour le journal que Marie Curie a écrit après la mort de son mari, Pierre. Cette situation résonne aux oreilles de Rosa, laquelle a perdu son mari trois ans auparavant.

Rosa se charge alors d’une biographie de Marie Curie, mais pas que. En effet, sous couverts de nous raconter la vie de Marie Curie, Rosa nous parle de la vie en général, en ayant une analyse psychologique très fine de la personne de Marie Curie et de ses choix. Au fil de ce récit, Rosa va alors aborder un certain nombre de thèmes universel tels que le deuil, la vieillesse, les relation hommes-femmes, l’amour, les relations avec les parents, le processus d’écriture,…

Et ce qui est le plus magique, c’est le talent fou qu’elle a pour écrire, sa plume est absolument magistrale, je ne résiste pas à mettre un extrait:

« Pour vivre nous devons nous raconter. Nous sommes un produit de notre imagination. Notre mémoire est en réalité une invention, un conte que nous réécrivons un peu tous les jours. Ce qui veut dire que notre identité, elle aussi, est fictionnelle, étant donné qu’elle se fonde sur la mémoire« 

Bref, une lecture absolument magistrale, ou non seulement on en apprend un peu plus pour Marie Curie, laquelle était véritablement une femme admirable, mais on réfléchit un peu. C’est un livre sur la vie, tout simplement !

Le réseau Corneille, Ken Follet

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services secrets britanniques ont missionné des espionnes sur le sol français. Ken Follett s’est inspiré de ce fait de guerre véritable pour construire un roman d’espionnage palpitant.
Betty a vingt-neuf ans, elle est officier de l’armée anglaise, l’une des meilleures expertes en matière de sabotage. À l’approche du débarquement allié, elle a pour mission d’anéantir le système de communication allemand en France. Après une première tentative catastrophique et coûteuse en vies humaines, Betty va jouer le tout pour le tout… »

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1944, Betty Clairet, officier des services de renseignements anglais, se voit confier la mission de détruire une base téléphonique située à Sainte-Cécile. Après une opération mal menée qui lui coûte de nombreux hommes, Betty se voit donner une seconde chance de mener à bien sa mission. Elle a une semaine pour recruter et former six femmes, pour qu’elles l’accompagnent mener à bien sa mission.

Dans le même temps, Dieter Franck, major dans l’armée allemande, s’est vue confier par Rommel la tache de protéger les positions allemandes. Pendant une semaine il va tout faire pour attraper Betty, cible de choix de ce maître de la torture puisqu’elle a des informations sur de nombreux réseaux de la résistance…

Ca y est j’ai entamé ma wish-list d’octobre ! Et quel roman ! Si j’avais apprécié la lecture des pilliers de la terre cet été, cela n’a rien à voir avec le réseau Corneille, lequel est nettement plus abouti ! Fini les personnages manichéen à l’extrême. Ici le duel qui oppose Betty à Dieter est on ne peut plus équilibré.

Certes, Dieter est présenté comme le méchant, c’est même un maître de la torture, mais c’est aussi un homme fin et raffiné, d’une intelligence supérieure, auquel on s’attache aussi.

Mais le personnage clef du roman est certainement celui de Betty Clairet. Betty est la femme forte par excellence, l’héroïne la plus badass qu’il m’ait été donné de voir depuis un moment et je l’ai adoré ! En effet, c’est une femme forte, capable d’abattre un homme, de leader une équipe, et de porter secours aux hommes. Elle n’a pas que des qualités, elle se montre aussi colérique, impatiente et parfaitement vulgaire. Il n’empêche, présenter une telle héroïne dans un roman historique se déroulant en 1944 c’est du grand art ! Surtout qu’apparemment, Betty est inspirée d’une personnalité réelle.

Quand à la structure du roman, ce n’est pas extrêmement original, on est dans la structure classique du roman d’espionnage alternant les chapitres suivant Dieter et ceux suivant Betty. mais si l’intrigue est classique, elle est bien menée, et le suspens fonctionne parfaitement sur les derniers chapitres. Le style de Ken Follet est toujours aussi simple et facile d’accès.

Défendre Jacob, William Landay

« Depuis vingt ans, Andrew Barber est procureur adjoint du comté de Massachusetts. Admiré par ses pairs pour sa combativité au tribunal, respecté de la communauté, il est aussi un père de famille heureux, veillant sur sa femme Laurie et leur fils Jacob. Quand un crime atroce secoue la quiétude de sa petite ville, c’est la foudre qui s’abat sur lui : son fils de 14 ans est accusé du meurtre d’un camarade de classe. Andrew ne peut croire à la culpabilité de Jacob et va tout mettre en oeuvre pour prouver son innocence. Mais à mesure que les indices à charge s’accumulent et que le procès approche, certaines révélations surgies du passé sèment le doute et menacent de détruire son mariage, sa réputation et sa foi en la justice. Le dos au mur, Andrew devra faire face au pire dilemme de sa vie : choisir entre la loyauté et la vérité pour défendre cet adolescent qu’il connaît si mal. »

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Dernier livre du mois de septembre aujourd’hui, Défendre Jacob est un pur coup de cœur. A première vue, ce gros pavé ne m’attirait pas spécialement pourtant, je l’avais inscris sur ma wish-list il y a plusieurs mois, et je l’ai acheté récemment, d’occasion, sans grande convictions, sans plus me renseigner, juste pour voir. Et bien cela a été un grand succès !

Andrew Barber, premier procureur adjoint du Massachussets, vit dans la petite banlieue de Newton avec sa femme, Laurie, et son fils Jacob âgé de 14 ans. Survient le meurtre de Ben Rifkin, un adolescent dans la même classe que Jacob, dont l’enquête est confié à Andrew. Mais très vite, il est dessaisi de l’enquête et c’est Jacob qui est arrêté. Andrew et Laurie vont alors devoir se battre pour défendre l’innocence de leur fils contre la vindicte populaire, alors même que les preuves s’accumulent, et que le doute s’insinuent en eux.

William Landay a lui même été procureur et avocat, ce qui explique ses excellentes connaissances dans le domaine de la justice, et la cohérence de l’intrigue judiciaire qu’il nous propose. L’intrigue est en effet très bien ficelé et réussit à nous proposer une fin intéressante et pour le moins surprenante. Cela est d’autant plus remarquable que les romans judiciaires ont très souvent une structure comparable: on suit une enquête, laquelle aboutit à un procès dans lequel est accusé une personne qui clame son innocence. Or William Landay réussit malgré tout à renouveler le genre.

Mais ce n’est pas pour cela que Défendre Jacob est un coup de cœur. Ce qui rend ce roman véritablement exceptionnel c’est le développement psychologique qui est donné à chacun des personnes ainsi que l’évolution de leurs relations. Rarement des personnages m’avait apparu si crédible, et si humains dans toutes leurs forces et leur faiblesse, et rarement j’ai eu autant envie qu’ils s’en sortent, tous, aussi indemnes que possibles ! Le roman dissèque véritablement la dynamique de cette famille, et la fait évoluer de manière crédible pendant tout le roman.

En plus de cela, le style de l’auteur est simple mais agréable, ce qui permet d’engloutir les 400 pages du roman, plutôt très vite.

 

 

Le théorème du homard, Graeme Simsion

« Peut-on trouver une épouse sur mesure ?
Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », Don met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences.
Et celles-ci sont nombreuses car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS :
1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l’abricot.
3. Se lever après 6 heures.
Mais elle DOIT :
1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi. »

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Le théorème du homard…un roman qui a fait le tour de la blogosphère, et que je me suis finalement décidée à lire, enfin !

Don Tilman est un professeur de génétique aux compétences professionnelles reconnues…ses compétences sociales sont par contre plus minces. En effet, Don a du mal à nouer des liens en société, il ne comprend pas les codes de la société, il vit selon un planning définit à l’avance, optimisé pour lui faire perdre le moins de temps possible. Aussi, le jour ou Don se met à rechercher une partenaire de vie, l’idée la plus naturelle lui semble être d’écrire un questionnaire tout scientifique afin de recruter une femme lui correspondant en tout point. Et c’est là que débarque Rosie, qui ne correspond en aucun point à ces critères, mais va venir mettre un beau bazar dans sa vie !

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans humoristique, ni mêmedes romans d’amour, ce n’est pas vraiment mon style j’ai l’habitude des romans un poil plus sérieux. mais le sujet du théorème du homard, le commencement d’une relation amoureuse avec un autiste Asperger, m’a parlé, de même que les nombreuses critiques sur la toile, et j’ai décidé de lire ce roman.

Force est de constater que c’est une réussite, les personnages sont tous très bien dépeint, que ce soit Don et Rosie, mais aussi Claudia et Gene les amis de Don. De plus, tous les personnages évoluent au cours du livre d’une manière parfaitement cohérente et on s’attache très vite à eux tous !

Le livre va de situation cocasse en situation cocasse, mais comme tout est raconté du point de vue de Don, on ne rit jamais de l’asperger lui-même, on rit avec lui, et on s’attendrit de ses progrès.

Bref, ce n’est pas à proprement parler le roman de l’année, mais c’est un très chouette roman attendrissant qui fait du bien à la lecture, et j’ai hâte de lire la suite des aventures de Don dans le second tome, le théorème de la cigogne.

 

Le sang des farines, Jean-François Parot

« Nicolas Le Floch, Commissaire au Châtelet sous le règne du jeune Louis XVI, se trouve plongé au coeur de terribles événements à la fois politiques et personnels.
De retour d’une mission en Autriche où il fait d’étonnantes découvertes sur les atteintes portées au Secret du Roi, il retrouve un Paris en colère où la guerre des farines fait rage.
Avec le soutien du Roi et l’aide de ses fidèles amis, il enquête sur la mort suspecte d’un boulanger qui l’amène bientôt à soupçonner un complot et des liens entre ces événements et ceux survenus à Vienne.
Les mystères s’accumulent et Nicolas devra faire vite pour résoudre cette affaire qui met en péril l’équilibre déjà précaire du pays ainsi que son propre fils.
Avec cette nouvelle enquête, couronnée par le Prix de l’Académie de Bretagne, Jean-François Parot nous entraine dans l’Europe des Lumières avec son inimitable talent pour le suspense et la reconstitution historique.« 
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L’hiver dernier, c’est sur ce livre qu’est tombé mon arrêt de lecture annuel, au milieu de l’hiver lorsque les études prennent trop de places…J’ai donc voulu recommencer la lecture du Tome 6 des aventures de Nicolas Le Floch tant que la motivation était là…J’avoue ne pas être convaincue.
Dans Le Sang Des Farines, nous retrouvons Nicolas, commissaire au Chatelet, en voyage à Vienne pour une mission diplomatique ayant pour objet de dénouer les tensions entre le nouvel ambassadeur à la cour de Vienne et un de ses subordonné. Après la réussite de sa mission, Nicolas rentre en France ou il est au prise avec plusieurs mystères qu’il lui faut élucider. D’une part, le boulanger louant les locaux de l’hôtel de Noblecourt ou vit Nicolas lui-même est mort dans d’étranges circonstances, au moment même ou le peuple gronde pour obtenir du pain…D’autre part, Louis, le fils de Nicolas, s’est évaporé de sa pension.
Comme toujours avec JF Parot le contexte historique est dressé avec un luxe de détails ahurissant. On se croirait effectivement dans le paris (ou le Vienne) de l’époque, et j’apprécie toujours autant la description qu’il fait, qui couvre tant la vie des puissants que celles des pauvres gens, et tant les grands événements que le quotidien des gens. Ainsi Parot nous abreuve-t-il encore et toujours de la description des plats goutés par nos héros, qui me donne bien souvent l’eau à la bouche. J’ai aussi apprécié l’excursion à Vienne qui nous permet de sortir de la cour française à la découverte de nouveaux lieux, et de nouveaux personnages.
En effet dans ce tome on retrouve pour partie les mêmes personnages qui reviennent tome après tome. J’ai beaucoup d’affection pour Nicolas Le Floch, devenu marquis de Ranreuil, et pour son entourage, et j’apprécie énormément les passages consacrés au quotidien de ces personnages. Les repas donnés à l’hôtel de Noblecourt, lesquels reviennent dans chaque tome et ou lorsque la politique surgit, La Borde, noble au service du roi, affronte Bourdeau, commissaire roturier aux opinions presque révolutionnaires, sont passionnants. J’aurai aimé plus de développement sur ces personnages, et notamment qu’ils évoluent tous un peu plus tome après tome: seul Nicolas connait des évolutions notables au fil des tomes.
C’est sur l’intrigue que je suis moins satisfaite. En effet, le côté policiers des romans de Parot a toujours été l’excuse parfaite pour nous décrire le Paris du XVIII éme siècle. Or je trouve que la recette s’épuise peu à peu, entre routine et intrigue alambiquée. En effet dans ce tome l’intrigue est menée tambours battants, avec moult de détails, et cherche à englober tous les aspects dont Parot veut nous entretenir, ce qui rend l’intrigue policière particulièrement complexe à suivre, et peu crédible. Je n’ai pas réussi à croire à l’enquête, et j’avoue m’être par moment ennuyée.
D’autant plus que le style de Parot n’est pas nécessairement facile. Les chapitres sont longs, et l’écriture est faites de longues phrases contenant des mots d’époques, obligeant le lecteur à se reporter régulièrement à l’indexe.
Ce n’est pas nouveau mais j’avoue m’être un peu lassée des Nicolas Le Floch. pour autant, j’aimerai lire le suivant, au moins parce que je n’aime pas laisser une série en route. mais cette lecture attendra surement un peu, que mon intérêt pour Nicolas se renouvèle.

Les filles de l’ouragan, Joyce Maynard

« Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir. Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, Les Filles de l’ouragan suit les itinéraires personnels de deux « sœurs de naissance », des années 1950 à aujourd’hui.« 
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9 mois après un ouragan, dans l’Etat du New Hampshire, naissent deux filles, Ruth Plank et Dana Dickerson. A part ce jour de naissance commun, tout les sépare, que ce soit leur familles, ou leur personnalité respective. Toutes deux ne se sentent pourtant pas appartenir à leur famille. joyce maynard dresse alors la chronique de l’existence de ces deux femmes, sur 50 ans, depuis 1950, dans l’Amérique rurale.
Je n’avais jamais lu Joyce Maynard jusqu’alors et je dois dire que c’est une première très belle rencontre ! Les filles de l’ouragan est un roman à l’américaine classique, une chronique de cinquante années de vie dans l’Amérique profondément rurale. Certes l’intrigue est pour le moins cousu de fil blanc, et rien ne m’a surprise outre mesure dans ce livre.
Mais l’intérêt du roman est ailleurs, dans l’écriture très belle de Joyce Maynard d’abord, qui écrit avec un style fluide et très pur. Surtout l’intérêt est dans l’évolution des mêmes personnages sur cinquante ans, que ce soit les filles, Dana et Ruth, ou leur entourage et notamment leurs parents respectifs.
De plus c’est un très beau roman qui parle d’agriculture, de ferme et de l’attachement à la terre. Un vrai coup de coeur !