Les piliers de la Terre, Ken Follet

« Dans l’Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles… et de saintes ruses. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes. »

Les piliers de la Terre

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Ca faisait un moment que les piliers de la Terre trainait dans ma PAL…mais j’avoue que ce pavé d’un peu plus de mille pages m’effrayait un peu, avec mon emploi du temps compliqué je me disais que je n’aurai jamais le temps de le terminer. Alors j’ai profité des vacances, et il m’a fallu seulement quatre jours pour l’achever ! En effet, malgré le nombre de page, la lecture de ce livre est vraiment simple.

L’histoire est d’abord celle de Tom, un bâtisseur dont le rêve le plus fou est de bâtir une cathédrale, et qui voyage de ville en ville avec sa femme et ses deux enfants. C’est aussi l’histoire de Philip, prieur d’une petite communauté rattaché à Kingsbridge, homme dévoué à Dieu et à la grandeur de ses Eglises. On parle aussi D’Aliena et de son frère Richard, les enfants du comte de Shiring, abandonné à leur sort suite à des manœuvres politiques, On y croise enfin William Hamleigh et Walerand Bigod, respectivement le fils du comte Bartholomew et l’archidiacre du comté. Le tout sur un fond d’Angleterre du XIIème siècle, avec les manipulations et les guerres qui vont avec.

Les piliers de la Terre constituent réellement une fresque historique dans laquelle on suit les même personnages sur 20 ans de leur existence, tandis qu’ils se réunissent peu à peu à Kingsbridge. Historiquement parlant, on sent que l’auteur est documenté, tout m’a paru crédible mais je ne suis pas une connaisseuse de cette période. Le style est simple, et permet une lecture rapide malgré le nombre de pages impressionnant.

Là ou j’ai été un peu plus déçu, c’est sur les personnages. Chacun d’eux est caractérisé par deux ou trois traits de caractère et n’est que très peu approfondi. Ces personnages sont tous extrêmement manichéen avec d’un côté les gentils (Aliena, Philip, Tom) et de l’autre les méchants (Waleran, et William). Les personnages de méchants sont insuffisamment travaillés clairement. Même les personnages de gentils restent assez peu définis.

Bref, une belle rencontre avec Ken Follet et un bon livre pour l’été, maintenant j’en attendais un peu plus je crois, donc une petite pointe de déception quand même.

 

 

 

 

Carnaval, Ray Celestin

« Au coeur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant…
Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche. »

Carnaval4En 1918, la Nouvelle-Orléans a tremblé sous les coups d’un tueur appelé le tueur à la hache, en raison de la manière dont il massacrait ses victimes. Beaucoup de pistes ont été exploré mais jamais personnes n’a pu capturer ce tueur en série qui a fait 6 victimes avant de disparaître.

A partir de ce fait divers, ray Celestin a construit un livre dans lequel il fait s’entremêler la voix de plusieurs personnages. Ida Davis, une jeune métisse bien décidée à devenir détective et accompagnée de son ami, louis Armstrong. Michael Talbot, inspecteur en charge de l’affaire, méprisée par ses collègues pour avoir dénoncer un de ses collègues corrompus, et pour s’être marié en secret à une femme noire. Luca d’Andrea, ancien policier tout juste sorti de prison, condamné en raison du témoignage de Michael. Chacun d’entre eux va enquêter sur les meurtres pour des raisons qui lui sont propres. Chacun d’entre eux va remonter une piste différente.

Ce roman est un petit bijou en matière de roman d’ambiance, il dépeint une Nouvelle Orléans plus vraie que nature, baignée par la musique, et en proie à la menace d’ouragans. Il décrit le début de l’époque de la prohibition, mais également l’époque de la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis, et ce, en s’appuyant sur des personnages racisés. La description historique grouille de détails, et l’ambiance transparaît nettement.

Chacune des pistes suivie par les personnages est crédible et passionnante. Maintenant, je n’ai pas été convaincue par le dénouement, encore une fois. Si l’auteur réussit à créer plusieurs pistes différentes que chaque personnages a le loisir de remonter, ces pistes ne se mélangent pas bien au final, et j’ai trouvé l’explication pour les rejoindre peu convaincante.

En plus de cela, l’explication donné contrevient totalement aux faits historiques de base, à savoir que l’homme à la hache était un tueur en série. D’un point de vue criminologique, les faits sur lesquels s’appuient l’auteur ne pouvaient parvenir à cette conclusion, et le roman perd donc en crédibilité à mes yeux. Dommage, cela n’en reste pas moins un très bon roman d’ambiance documenté avec soin, avec quelques doses de suspens.

Dernier meurtre avant la fin du monde, Ben H. Winters

« À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?

Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.

Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.

Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.

Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.

Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.

Sans jamais se départir d’un prodigieux sens de l’intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d’un monde proche de l’agonie.

Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés. »

Dernier meurtre avant la fin du monde4

Que feriez vous si on devait mourir demain? C’est la question de ce livre. En effet, les scientifiques ont repéré un astéroïde de 6km de long, Maïa, qui fonce droit sur la Terre, et risque de détruire toute trace d’humanité à sa surface. Alors que faire? Certains partent réaliser leur rêves, d’autres se suicident, et d’autres encore continuent leur vie comme si de rien n’était. c’est le cas de Hank Palace, enquêteur dans la petite ville de Concord, bien décidé à élucider un meurtre là ou tout le monde ne voit qu’un suicide. En effet, Peter Zell a été retrouvé pendu dans un MacDonald, et bien que tout le monde pense à un suicide, Hank est persuadé du contraire.

Sans jamais être lourd ni vulgaire mais avec un style des plus urbains, Winters nous dresse un cadre préapocalyptique extraordinairement réaliste. J’ai cru à la menace de fin du monde de la première à) la dernière page, et j’ai surtout cru à chacun des personnages. Ils sont tous extraordinairement humain et cherchent tous comment vivre et affronter leur mort prochaine dans 6 mois.

L’enquête policière est bien faites, bien que je n’ai pas été absolument captivé par le meurtre de Peter Zell mais plutôt par l’ambiance qui se dégage de ce livre. Notamment, le dénouement ne m’a pas paru être une évidence, comme c’est le cas dans les bons romans policiers, après coup.

J’ai adoré le personnage de Hank Palace, qui parle à la première personne et ne se décrit jamais, mais dont les contours apparaissent très vite par ses réactions. Il semble presque souffrir d’un trouble autistique dans son obstination à enquêter sans tenir compte de la fin du monde.

L’arc narratif concernant la sœur de Hank m’a en revanche beaucoup moins convaincue, je n’ai pas tout très bien saisi, et j’avoue avoir voulu passer ses passages assez vite. Sauf les scènes de discussions entre Hank et sa sœur.

Bref un très bon livre, acheté par hasard, mais je vais essayer de lire la suite un jour !

L’innocence des bourreaux, Barbara Abel

« Dans une supérette, une jeune maman, un couple adultère, une personne âgée et son aide, une mère et son ado font leurs courses. Un junkie entre pour voler la caisse et perd le contrôle de la situation. Un jeux subtile s’instaure alors entre supposés victimes et bourreaux. »

 

L'innocence des bourreaux3

Depuis le temps que j’entendais parler de Barbara Abel…J’avoue je suis un peu déçue.

L’innocence des bourreaux s’attarde sur une supérette tout ce qu’il y a de plus ordinaire…Superette qu’un jeune junkie décide de braquer. A partir de là on va s’intéresser à chacun des personnages présents lors de ce braquage : une vieille dame acariâtre et son aide ménagère, un jeune comptable et une secrétaire, une jeune mère et une chirurgienne et son fils.

La psychologie de chaque personnage est décryptée, chacune de ses actions est examinée, chacun avec ses failles et ses faiblesses. Je comprends ce qu’a voulu faire l’auteur et elle s’en tire plutôt bien dans la poursuite de son projet.

Seulement, ce livre m’a laissé totalement froide. Pendant la première moitié du livre, pas moyen de s’attacher à un seul des personnages. On les voit agir tout en impulsivité et en crise de nerf, mais je n’ai senti d’attachement pour aucun d’eux. ce n’est que dans la seconde moitié du livre, lorsque les personnages commencent à livrer leurs secrets, que j’ai pu m’attacher un petit peu à certain d’entre eux. N’empêche, dans la grande majorité ils m’ont laissé assez froide. Or ce type de récit choral ne marche que par l’attachement du lecteur aux personnages.

En plus de ça, j’ai été assez peu convaincue par le style de l’auteur. Sans doute étais-ce difficile de rivaliser avec le style de Justine Lévy dans Rien de grave que je venais de lire. Seulement, j’ai trouvé que tout était très plat dans la manière d’écrire de Barbara Abel.

Seul point positif, le dénouement fonctionne très bien. Si je n’étais pas entrée dans le récit pendant la moitié voir les trois quarts du livre, le dénouement va de surprise en surprise, retournement après retournement.

Ce fut une rencontre ratée avec Barbara Abel, mais j’essaierai peut-être à nouveau. Je sais pas, son dernier livre me tentait bien.

 

 

Rien de grave, Justine Lévy

« Tu t’attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J’ai lancé le cadre par terre, le verre s’est brisé mais comme c’était pas assez j’ai bondi du lit et j’ai déchiré la photo, celle qu’il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu’on ne connaissait pas à notre mariage qu’on est partis avant la fin. Il a eu l’air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu’il n’aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c’est le contraire, rien ne me fait plus peur qu’une photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu’elle promet, qu’elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c’était la meilleure chose qui puisse m’arriver, qu’il me quitte. Comment j’aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n’existais pas. « 

Rien de grave4

Après 7 mois d’absence, et une longue année universitaire, miracle ! Je me suis remise à lire ! Alors j’ai voulu commencer tout doux, avec un roman court, 200 pages à peines… Le moins qu’on puisse dire c’est que Rien de grave n’est pas un roman doux.

Justine Lévy nous parle de sa relation avec Adrien, l’homme de sa vie, son mari, qui l’a quitté pour une autre. Elle met son cœur à nu et parle de sa relation avec Adrien, de tous les petits moments de tendresse qui font un couple. Elle parle aussi de la rupture, de la douleur et de l’incompréhension.

Le livre ne respecte absolument aucune chronologie, alors au début on se sent un peu perdu entre le passé et le présent qui se croisent et s’entremêlent sans aucune indications.

Mais Justine Lévy a ce style qui lui permet de raconter avec une certaine pudeur et beaucoup de douleur ce qu’a été sa relation. C’est un roman d’écorché vif, qui m’a un peu fait pensé à Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan. Comme dans Rien ne s’oppose à la nuit, l’écriture est utilisé pour faire le deuil, le deuil d’une relation cette fois, pour tourner la page. Les deux auteures ont un style assez proche, bien que je préfère sans doute Delphine De Vigan.

J’ai été marquée par le style de l’auteur, par la douleur à fleur de page que l’on ressent, et qui nous touche forcément, d’autant plus si l’on a déjà vécu une rupture douloureuse.

Gadji, Lucie Land

« A douze ans, Kat’ a vécu mille vies. Petite Rrom de Roumanie, elle a dansé au son de l’accordéon de son trublion de père, chanté pour égayer sa « madone muette » de grand-mère, entraîné ses démons de frères à gagner les concours d’insultes à la décharge publique, et appris presque seule à déchiffrer les « vingt-six mystères en pattes de mouche régulières ». Le monde l’attire éperdument, elle voudrait tout voir, tout connaître. L’occasion se présente lorsqu’on l’envoie vivre chez « la Cousine », à Paris. Mais…devenir une gadji ? Jamais ! »

gadji

 

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Katarina est une rrom de 12 ans, elle vit avec ses parents et ses quatre frères dans une sorte de bidonville Roumain, entourée d’autres familles avec qui elle est plus ou moins liée. Seulement, Katarina veut apprendre les lettres, apprendre à lire. Ses parents n’en voient pas l’intérêts et l’école semble la rejeter, jusqu’au jour ou une vieille femme s’installe de l’autre côté du fleuve. Par la suite, un terrible drame se produit, et Katarina part, seule, rejoindre la Cousine à Paris, aller à l’école là-bas.

Ce court roman jeunesse est un roman d’apprentissage extrêmement classique, et que je n’ai pas particulièrement aimé. L’écriture est plutôt fluide et chaque personnage est un minimum incarné, mais cela ne suffit pas.

La structure du récit ressemble à la structure de 20 autres romans jeunesses d’apprentissages: une enfant venant d’un milieu X veut apprendre à lire alors que ses parents s’y opposent, heureusement elle trouve un moyen de le faire en secret, et après coup ses parents approuvent, puis survient un drame.

Le milieu rom, qui est pourtant le cadre de ce roman, est très peu décrit, de sorte qu’il est difficile de vraiment appréhender cette culture.

Une déception pour moi, mais c’est un roman d’apprentissage simple, qui pourra convenir à des enfants de 10-12 ans, même si ce roman ne renouvèle clairement pas le genre.

Le magicien, Jean-Marc Souvira

« Arnaud Lécuyer est un magicien un peu particulier, personne ne se méfie de lui… Récemment libéré de prison, il reprend le cours de sa vie : observer, attirer, tuer. Pour ses victimes, il reste Le Magicien. Son public préféré: les enfants. Un homme se méfie de lui, le commissaire Mistral. Formé à dresser le profil psychologique des tueurs en série et à les traquer, il a senti derrière ces récentes disparitions et meurtres de jeunes garçons la signature d’un même homme. Invisible, secret, insaisissable. Un magicien… »

 

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Il y a des livres, où sans même les ouvrir, on sait qu’on ne va pas les aimer, qu’on va passer à côté. Mais le livre moisit dans la PAL depuis des siècles, alors on le sort, on l’ouvre, pour au moins se dire qu’on a essayé. Et parfois, contre toute-attente, le livre peut être une bonne surprise.

Arnaud Lécuyer sort de prison après avoir purgé une peine de 12 ans pour le viol d’une grand-mère. Aussitôt, il n’a qu’une seule obsession continuer ses activités d’avant son arrestation, le viol et le meurtre de petits garçons, tous bruns, tous âgés d’une dizaines d’années. A la brigade criminelle, le commissaire Ludovic Mistral prend ses fonctions de chef de la brigade, et se voit très vite confier l’enquête sur le Magicien, ce prédateur qui attire ses victimes en leur faisant des tours de magie, puis les tuent.

Ce roman policier aborde donc une enquête sous deux angles: d’abord, sous l’angle de l’assassin lui-même, et ensuite, sous l’angle du commissaire chargé de son arrestation. Ce procédé n’est pas nouveau, mais il est assez intéressant ici, dans la mesure ou l’enquête sur un tueur en série ne propose pas de « suspects » contrairement à une enquête classique.

Mais si j’ai trouvé le procédé intéressant en soi, le problème se pose concernant la partie sur l’assassin. En effet, Jean-Marc Souvira a choisi un crime abominable: un assassin qui viole et tue des petits garçons. La partie sur l’assassin aurait donc dû tenter d’expliquer pourquoi l’assassin se comporte de la sorte. Or si des justifications sont abordés, le personnage lui-même est présenté de manière très distante, de sorte qu’on ne se met jamais à sa place, on ne le comprend jamais vraiment. A mon avis, l’auteur a eu peur de choquer en allant trop loin avec son personnage, mais cela vide d’intérêt la partie consacrée au tueur, puisque on ne comprend jamais celui ci.

C’est le grand reproche de ce livre: aucun des personnages n’est très bien incarné, même si le personnage du Magicien est le plus mal incarné. De sorte que tant que l’intrigue ne se lance pas vraiment, on s’ennuie.

Mais quand l’enquête commence, elle est très bien menée. On sent que Jean-Marc Souvira est policier de métier, et la description du quotidien au 36 quai des orfèvres, ainsi que la conduite de l’enquête rend de manière extrêmement réaliste et prenante.

Ce roman a de vraie qualité concernant l’enquête, mais le rythme met longtemps à démarrer, et les personnages sonnent assez creux. De plus, j’ai vraiment apprécié de retrouver des policiers parisiens, les romans policiers qui se passent à Paris ont une ambiance qui leur est propre je trouve, sans doute parce que je vie à Paris et me reconnais plus dans ces livres.

 

Bilan Novembre 2016

 

Et voila, le mois de novembre est passé, avec 8 nouvelles lectures au compteur, comme en octobre! Aucun coup de cœur, mais plusieurs jolies découvertes 🙂

  • Policier historique: Ce mois ci, deux romans policiers au compteur, qui sont également des romans historiques, se déroulant à la même période ou presque! D’abord, le Nicolas le Floch du mois, le crime de l’hôtel Saint-Florentin, un excellent cru. Ensuite une première rencontre réussie mais peut-être moins que je ne m’y attendait avec Anne Perry, A l’ombre de la Guillotine.

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  • Classique: Ce mois ci, j’ai lu avec grand plaisir La bête humaine, un très grand classique, à la hauteur de sa réputation.

 

 

 

  • Contemporain: Quatre contemporains ce mois ci, que j’ai honte d’aligner côte à côte tant leur qualité diffère. D’abord, la maison du Cap, un page-turner sympathique mais avec assez peu de qualité littéraires. Puis, Songe à la douceur, un très beau roman dont j’ai aimé la poésie même s’il ne m’aura pas marqué au final.  Ensuite, Ma vie pour la tienne, un très beau livre sur un sujet difficile, mais avec certaines facilités que je regrette.  Enfin, Jours sans Faim, une lecture magnifique bien que moins touchante que le précédent roman de l’auteur que j’ai lu.

 

 

 

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  • Jeunesse: Ce mois ci j’ai lu L’écho des armes, un recueil de nouvelles qui trainait chez moi, et auquel je n’ai pas du tout accroché, aucune nouvelles n’a de réelle profondeur, notamment parce qu’elles sont toutes beaucoup trop courtes. bref une lecture tout à fait dispensable!!

 

 

Jours sans faim, Delphine de Vigan

Laure a 19 ans, elle est anorexique… Jours après jours, elle raconte, analyse, décrit… Trois mois d’examen de soi, d’une vie comme dans un aquarium, un livre sincère, sans rancune, sans apitoiement, juste la précision des mots et la vivacité de l’analyse. On découvre un paysage mental, captivé par ce premier roman.

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En septembre j’avais lu et adoré Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine De Vigan. J’ai réitéré avec son premier roman, Jours sans Faim.

Laure a 19 ans, et elle est anorexique. 35 kilos pour 1m75. Elle est hospitalisée, on lui branche une sonde pour la nourrir, on cherche à la soigner. Petit à petit se déroule le quotidien de Laure à l’hôpital, le médecin, les repas, les autres patients… Et peu à peu Laure reprend gout à la vie.

Ce qui frappe dans ce roman, comme dans Rien ne s’oppose à la nuit, c’est l’écriture de Delphine de Vigan. Elle a une écriture absolument magnifique, chacun de ses mots semble juste ciselé.

Ici encore, le roman est biographique, il raconte l’anorexie qui a frappé l’auteur quand elle avait 19 ans. C’est beaucoup moins explicite cependant, dans le sens ou le narrateur parle de Laure à la troisième personne, ou le lecteur est tenu à une certaine distance des événements.

Même si ce qu’elle raconte est extrêmement intime, et terrible, je me suis sentie moins touchée par ce récit. Peut-être que c’est aussi parce que Rien ne s’oppose à la nuit a été écrit à vif, juste après la mort de sa mère, tandis que Jours sans Faims a été écrit (ou du moins publiés) des années après cette période de sa vie.

C’est clairement un témoignage touchant, un beau roman avec une écriture extrêmement fine, mais je trouve Rien ne s’oppose à la nuit plus abouti.

 

A l’ombre de la guillotine, Anne Perry

Le 17 janvier 1793, à Paris, la Convention s’apprête à rendre son verdict quant au sort qui sera réservé au roi.
Célie Laurent, une jeune blanchisseuse, assiste aux débats. Dans la soirée, la sentence de mort est prononcée. Dès lors commence pour un petit groupe de républicains, dont fait partie la jeune femme, une haletante course contre la montre : ils ont quatre jours pour sauver Louis XVI de la guillotine et lui faire quitter le pays afin d’éviter les conséquences dramatiques qu’aurait son exécution sur une France au bord du chaos.
En ces temps troublés, Célie ne devra bientôt compter que sur elle-même pour mener l’évasion royale jusqu’à son terme… Anne Perry, célèbre pour ses  » mystères victoriens « , nous entraîne dans l’atmosphère tumultueuse de la Révolution française pour suivre les aventures d’une héroïne dont le destin croise la trajectoire de l’Histoire.

 

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J’adore le genre des policiers historique, et cela fait un moment que je voulais découvrir Anne Perry, qui a écrit un sacré paquet de romans de ce genre (notamment la série Charlotte et Thomas Pitt). Mais pas question de m’embarquer dans une nouvelle série de 20 tomes tant que je n’aurais pas fini Nicolas le Floch! Alors je me suis penché sur un autre de ses romans, qui se passe sous la révolution française…

Célie Laurent est blanchisseuse chez le citoyen Bernave. En ce mois de janvier 1793, la commune vient de prononcer la condamnation à mort du roi, auquel Bernave a décidé de s’opposer. Il monte alors un plan audacieux pour empêcher le roi de monter sur l’échafaud. Seulement, quelques jours avant l’exécution du roi, Bernave est assassiné chez lui. Le citoyen Menou, membre de la garde nationale, va alors enquêter sur cette mort, tandis que l’évasion du roi semble reposer entièrement sur Célie.

Dans ce roman on suit donc deux intrigues en même temps: l’enquête sur la mort de Bernave, et  le plan pour sauver le roi. L’enquête sur la mort de Bernave est parfaitement réalisé, je n’avais absolument pas vu venir la solution, qui pour autant se tient tout à fait. L’intrigue sur l’évasion du roi m’a paru bien moins réaliste, un peu trop alambiqué.

C’est sans doute dû au fait que généralement les romans historiques s’inspirent d’une époque sans pour autant reprendre les événements marquants. Or ici Anne Perry inscrit son roman entre le vote de la mort du roi par la convention, et l’exécution de celui-ci. Ce sont des événements marquants de l’histoire française, sur lesquels il est sans doute plus difficile de broder. Indéniablement, elle a une excellente connaissance de la période dont elle parle, mais pour autant, j’ai trouvé l’époque historique moins incarné que dans Nicolas Le Floch.

Les personnages, quant à eux, sont tous très biens incarnés, crédibles et intéressant. Mais le rythme du roman m’a semblé assez lent, alors même que les événements se déroulent sur 3 jours seulement, et j’ai mis du temps à vraiment rentrer dans le roman.

Bref, un bon roman policier, un roman historique documenté mais moins bon que ce à quoi je m’attendais, cela reste une bonne première rencontre avec Anne Perry!