Le droit de tuer, Grisham

« A Clanton, dans le Mississippi, la petite Tonya Hailey est sauvagement violée et torturée. En plein tribunal, son père, Carl Lee, massacre les deux accusés au fusil-mitrailleur. Son sort semble tout tracé : la chambre à gaz. En effet, nous sommes dans le sud profond des Etats-Unis et Carl Lee est noir… Mais Jake, un jeune avocat blanc, aussi courageux qu’ambitieux, décide de le défendre. Le Ku Klux Klan fait front. Bientôt un souffle de haine embrase la petite ville de Clanton... »

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J’adore les romans judiciaires, ce n’est pas nouveau, et en la matière Grisham est paraît-il une référence…Le droit de tuer a été ma première lecture de cet auteur.

L’histoire est celle de Carl Lee Hailey, un père de famille, dont la fille, Tanya, est violée et torturée par deux hommes alors qu’elle n’a que 10 ans. Immédiatement, Carl Lee souhaite se venger, et il va tuer les deux violeurs. Or nous sommes dans un Etat du Sud, a Clanton, au Mississipi, et Carl Lee est noir, les violeurs sont blancs. Son destin semble clair, il va être condamné à mort…Mais Jack Brigance, un jeune avocat ambitieux décide de s’en mêler.

Je dois avouer quelque chose, à la fin de ma lecture je me suis sentie obligée de me renseigner sur l’auteur, et notamment sur ses convictions politiques. J’adore les legal-thriller, mais celui ci m’a posé problème. L’auteur part d’une excellente idée de base, le procès d’un homme pour avoir tuer les violeurs de sa fille. Mais à mes yeux, il ne s’intéresse pas aux bonnes questions.

Ce roman met principalement en avant le racisme, de manière évidente, permanente. Bien sûr, il s’agit d’un grand problème du système judiciaire américain (et probablement du système judiciaire français), mais il est traité maladroitement ici. Il est affirmé à répétition partout que si les violeurs avaient été noirs et l’accusé blanc, il n’aurait pas été accusé. Cela ne me paraît pas évident mais soit…Ce qui m’a le plus dérangé en fait, c’est les remarques racistes qui parsèment le livre malgré le sujet. En effet, on suit plusieurs personnages, et le personnage principal, Jack Brigance, semble ne pas pouvoir s’empêcher de constater que les noirs sont ceci ou cela…Difficile de dire qu’on lutte contre le racisme après cela. De même, le roman s’autorise de nombreuses remarques sexistes.

En plus de cela, à mes yeux, un livre sur ce sujet ne pouvait pas ne pas traiter de la peine de mort. Or c’est à peine si on a le droit à une discussion sur le sujet, discussion qui aboutit au fait que la peine de mort est parfaitement justifiée est normale. C’est une position personnelle, mais je suis anti-peine de mort, et je déteste le roman qui vient normaliser la peine de mort.

Outre le côté politique, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, dont les émotions sont finalement peu décrites. Même si on comprend tout à fait pourquoi Carl Lee agit, il n’est pas développée pourquoi il veut tuer les violeurs, mais seulement la manière dont il s’y prend.

Au final, on se retrouve avec un bon page-turner, qui se lit facilement bien qu’il fasse 700 pages, et dont la fin est plutôt bonne. Mais il s’agit d’une succession d’événement menant jusqu’au procès, avec des personnages peu attachant, sans aucun questionnement sur le système judiciaire.

C’est dommage, car je m’attendais vraiment à mieux de ce livre.

 

 

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2 réflexions sur “Le droit de tuer, Grisham

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